États-Unis

Suspecté de trouver son compte dans une prison pour hommes, un meurtrier homo est condamné à mort

En 1993, un jury américain a condamné un meurtrier homosexuel à mort plutôt qu'à la prison à vie au prétexte que ce dernier pourrait trouver du plaisir à passer le restant de sa vie au milieu d'autres hommes. La sentence vient d’être confirmée par la Cour suprême.

Si Charles Rhines était hétérosexuel, il ne ferait face qu'à la prison à vie. Parce qu'il est gai, il s'est vu condamné à mort par un jury qui a estimé qu'il pourrait trouver son compte à passer le reste de son existence dans une prison peuplée d'hommes.

La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a refusé de revenir sur une sentence de mort prononcée par un jury contre le détenu gai Charles Rhines en 1993.

Ainsi, la mise à mort de l'homme de 60 ans par injection létale ne soulève plus aucun doute juridique, 25 ans après sa condamnation.

Ses avocats avaient déposé une demande de conversion de peine en réclusion à perpétuité sans possibilité de libération anticipée.
Les avocats du meurtrier n'avaient pas soutenu que Rhines était innocent. Il est prouvé qu'en 1992, le condamné a poignardé à mort un employé en volant un magasin à Rapid City, dans le Dakota du Sud.

Selon des documents judiciaires produits à cette occasion, plusieurs jurés ont reconnu avoir condamné l'auteur à la peine de mort seulement parce qu'il était homosexuel. 

Les jurés auraient été obsédés par l'homosexualité du meurtrier. L'un d'eux aurait demandé au juge si Rhines serait séparé des autres détenus masculins. Un autre aurait affirmé que si un homosexuel était incarcéré dans une prison pour hommes, il se trouverait dans un endroit « où il voudrait aller ». Un autre encore aurait fait valoir qu'un meurtrier homosexuel ne devrait pas être autorisé à « passer sa vie avec des hommes ». 

L'année dernière, l'État du Colorado a statué qu'un verdict n'était pas définitif si les jurés avaient pris une décision par racisme. Les avocats de Charles Rhines ont soutenu que la même logique doit s'appliquer à l'homophobie afin d'assurer un procès équitable. Ils n'ont donc pas été entendus la Cour suprême qui n'a pas commenté les raisons de son refus.