Inde

La Cour suprême indienne réexamine la loi qui criminalise l'homosexualité

L'agence AFP
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La Cour suprême indienne a entamé une audience clé sur la dépénalisation de l'homosexualité. En jeu, l'abrogation d'une loi de 1861 interdisant le sexe gai héritée de la colonisation britannique.

La Cour suprême indienne va-t-elle légaliser l'homosexualité et déclarer inconstitutionnelle la loi de 1861 pénalisant les relations homosexuelles ? 

Le tribunal examine la question depuis le 10 juillet. De nombreuses requêtes d'activiste LGBT demandent que les relations homosexuelles entre adultes consentants soient légalisées.

Et pour la première fois, la Cour suprême va entendre des personnes célèbres - un chef cuisinier, un hôtelier et un danseur classique - témoignant de la façon dont la loi en vigueur a affecté leur vie.

Les relations homosexuelles sont passibles de la réclusion à perpétuité. Elles sont illégales en Inde depuis que l'article 377 d'une loi de 1861 - introduite sous la domination coloniale britannique - a interdit l'activité sexuelle « contre l'ordre de la nature ».

En 2009, la Haute Cour de Delhi a jugé que la loi de 1861 violait les droits de l'homme et a légalisé les rapports homosexuels entre adultes consentants. Mais, en 2013, la Cour suprême a infirmé cette décision. 

En février 2016, elle a déclaré qu'elle reconsidérerait son jugement. C'est l'objet de l'audience en cours.

Les activistes LGBT espèrent une dépénalisation définitive après des années de combat.

Anjali Gopalan, fondatrice de Naz Foundation, une ONG œuvrant pour la prévention du VIH à New Delhi, qui a déposé la première requête contre la loi de 1861 en 2001, a déclaré au journal britannique Guardian que « le moment était venu » de renverser l'interdiction des relations homosexuelles.

Un autre militant des droits LGBT, Row Kavi, a estimé que l'élan du changement était « imparable ».

Il a expliqué l'impact de la Cour suprême annulant la décision de 2009, en disant: « Nous avons reçu des appels de parents, préoccupés par ce qui arriverait à leurs enfants. Nous avons reçu des appels de directeurs des ressources humaines dans les entreprises demandant si la police pouvait venir arrêter les employés LGBT ».