Mondial de foot

L'intervention des Pussy Riot rappelle que la Russie n'est pas un état de droit

L'agence AFP
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Les feux de la Coupe du monde éteints, la Russie de Poutine qui s'est offert une vitrine respectable pendant cinq semaines redevient un pays qui ne respecte en rien les droits humains et les droits des personnes LGBT en particulier. C'est ce qu'ont voulu dénoncer les Pussy Riot avec une action en finale.

La finale de la Coupe du monde de football opposant la France à la Croatie a été marquée par un incident.

Un groupe de quatre personnes a fait irruption sur le terrain avant d'être arrêté par le service de sécurité russe.

Cet envahissement de terrain a été revendiqué par les Pussy Riot, un groupe russe de punk rock féministe, qui entendait dénoncer la façade présentée par les autorités russes pendant la durée de la Coupe.

« La Russie, tu le sais, n'est pas un État de droit », dénoncent sur leur chaîne YouTube les militantes de Pussy Riot dans une vidéo de revendication de l'action. 

Le groupe souhaitait alerter sur le double visage des autorités russes: l'un montrant une belle image de la Russie, accueillante et souriante, à l'occasion de la coupe du monde, l'autre violent et arbitraire, une fois les projecteurs éteints. 

Cette « nouvelle image » positive de la Russie était évidemment un objectif majeur de Vladimir Poutine.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est allé dans le sens du chef du Kremlin. Il a estimé « qu'énormément de stéréotypes sur la Russie ont volé en éclats » grâce au Mondial-2018.

« Toutes les peurs que certains tentaient d'attiser avec cette Coupe du monde (...) ne se sont pas réalisées, cela a été l'exact opposé », a poursuivi avec emphase le patron du foot mondial.

Parmi les « peurs » en question, le racisme et le hooliganisme, mais aussi l'homophobie étaient en première ligne.

Tout le monde avait en mémoire les images des hooligans russes s'en prenant à des admirateurs anglais pendant l'Euro-2016, mais ceux-ci ont brillé par leur absence et la Coupe du monde s'achève sans incident.

Pas vraiment une surprise, tant les autorités russes avaient pris le problème à bras le corps. Mais des droits de l'Homme à la situation des homosexuels, ces problématiques qui auraient pu ternir le Mondial russe ne l'ont touché qu'à la marge.

La brève arrestation du militant gai britannique Peter Tatchell, qui avait prévu de manifester sur la place Rouge pour dénoncer « la torture d'homosexuels en Tchétchénie », a fait peu de vagues, d'autant que les policiers l'ayant interpellé ont fait preuve d'une délicatesse et d'un tact inhabituels.

Mais l'exemple le plus frappant est celui du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné pour « terrorisme » à l'issue d'un procès « stalinien » selon Amnesty International et en grève de la faim depuis deux mois pour réclamer la libération des « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

Malgré des appels à sa libération, son cas a finalement reçu peu d'échos et très peu nombreux étaient les partisans de football présents en Russie à savoir qui il était.