Liban

Une avancée historique pour les droits des homosexuels

L'agence AFP
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La cour d’appel du Mont-Liban a dépénalisé l’homosexualité en fin de semaine dernière en décrétant que les relations entre partenaires de même sexe ne constituent pas un crime lorsqu’elles se pratiquent en privé.

La Cour d'appel du Mont Liban a donné une interprétation favorable aux homosexuels de l'article 534 du Code pénal libanais qui interdisait d'avoir des relations sexuelles « contraires aux lois de la nature », une disposition qui sans mentionner explicitement l'homosexualité, la pénalisait de fait.

Dans un verdict rendu jeudi dernier, elle a acquitté deux personnes accusées d’homosexualité en confirmant une décision de février 2017 selon laquelle deux personnes poursuivies pour avoir eu des relations de même sexe ne sont pas passibles de poursuites.

Dans son jugement, elle considère que l’article 534 n’est pas applicable dans le cas d’espèce, estimant que cette loi ne cherche pas à punir « les déviations sexuelles », mais plutôt « l’atteinte à la pudeur publique à travers ces pratiques ». 

La cour fonde son interprétation sur le fait que l’article 534 figure dans la section du Code pénal relative à « l’outrage à la pudeur publique et aux bonnes mœurs ». 

Le Liban s'oriente ainsi vers une dépénalisation de fait de l'homosexualité suivant un mouvement qui concerne aussi la sphère politique.

Cette année, pour la première fois dans l'histoire du pays, des candidats aux élections ont inscrit les droits des homosexuels dans leurs programmes, faisant du Liban le pays du monde arabe le plus avancé dans la protection des personnes LGBT, même si les militants LGBT doivent toujours se battre pour accéder à la visibilité et que les homosexuels sont encore souvent traqués ou humiliés par les forces de l'ordre.