Ambassadeur de Fierté Montréal

Jordan Dupuis : promouvoir et questionner

Michel Joanny-Furtin
Commentaires
Jordan Dupuis,
Photo prise par © Benoit Vermette

«Avec Sandy Duperval, nous sommes à ce jour deux ambassa-deurs», explique le chroniqueur et animateur Jordan Dupuis. «Sandy intervient dans les réseaux musicaux qu’elle connait bien. En ce qui me concerne, Fierté Montréal voulait mieux intégrer le réseau des médias grand public et toucher ainsi un public très varié.» Rencontre.

En date de l'automne 2017, le chroniqueur et animateur Jordan Dupuis collabore à nombre de médias de masse comme, entre autres, Week-End Extra au 98,5 FM, Le Clan McLeod sur les ondes de CKOI 96,9 FM, aux émissions Bien (TVA) et Le sexe selon les sexes (Moi et Cie). Journaliste et animateur web pour La Semaine, animateur du podcast Quartier Général de La Fabrique Culturelle (Télé-Québec), il est l’un des porte-parole d’ANEB Québec (Anorexie & Boulimie Québec). On comprend mieux alors pourquoi Fierté Montréal a fait appel à cette recrue de choix comme ambassadeur.
 
«Je suis très fier d’être Québécois et Canadien parce que, avec le retour de la droite conservatrice et religieuse qu’on observe partout dans le monde, le Canada, et notamment le Québec, s’avère le meilleur spot sur terre pour vivre sa vie LGBTQ+», déclare Jordan Dupuis. «Le mandat d’Ambassadeur de Fierté Montréal, c’est pour moi l’occasion de célébrer, même si rien n’est parfait, cette ouverture d’esprit. Prendre conscience de cela enlève nos œillères et renforce le désir de faire progresser encore et davantage les causes LGBTQ+.»
 
«Mon mandat m’amène donc, sur toutes les plateformes où j’interviens, à discuter des enjeux LGBTQ+ et à faire valoir la diversité de genre», détaille le chroniqueur. «Si je peux tenir la cause à bout de bras chaque fois que je peux le faire, c’est tant mieux pour tout le monde», sourit Jordan. «J’ai 36 ans; une tranche d’âge où je rejoins un public plus large.»
 
Une parole qui interpelle et questionne
Village, toxicomanie, itinérance, vieillissement, même la notion du corps, voilà bien des sujets que la parole LGBT interpelle et que Jordan se fait fort de questionner dans le cadre de son mandat «afin de les mettre en cohé-rence avec la jeunesse d’aujourd’hui», pense-t-il. «Je comprends aussi d’où je viens et où je m’en vais. Je trouve donc cela flatteur qu’on m’ait deman-dé d’assumer ce mandat. Il donne du sens à ce que je fais, au contenu que je tente de transmettre.»
 
«En me faisant connaître les différents groupes qui composent notre communauté LGBTQ+, ce mandat me fait grandir en confrontant mes propres préjugés.» Comme Sandy Duperval, Jordan a ainsi participé à une capsule web de démystification de la communauté cuir avec Danny Godbout, Mr Cuir 2011, pour le site du festival de la Fierté de Montréal. Pour info, une autre concernera les 18 identités de genre et d’orientation sexuelle qui émaillent nos communautés.
 
Pour tous les publics
«Il faut rappeler que Fierté Montréal est une OSBL, pas une compagnie privée qui organise un festival LGBT», insiste Jordan Dupuis. «Tous les enjeux qu’elle aborde, traite et développe pendant cette semaine de la Fierté de Montréal sont issus de nos communautés. Ce n’est pas juste des shows et des partys! Des gens travaillent d’arrache-pied, pour de petits salaires, afin d’en faire une réussite riche, variée, diversifiée et inclusive où chacun peut trouver sa place, peu importe son orientation sexuelle ou son identité de genre», clame cet ambassadeur enthousiaste. «Jean-François Guèvremont a d’ailleurs fait un travail extraordinaire en proposant une programmation qui touche tout le monde et tous les âges, et où la pluralité et la diversité sont dignement représentées. Je ne serais pas ambassadeur, je tripperais pareil!»
 
Les origines d’un engagement
«J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts», affirme cet enfant de la rive-sud, aîné de trois garçons d’un père commerçant et d’une mère technicienne en pharmacie. «C’est lors de ma participation à l’émission Le sexe selon les sexes (Moi et Cie) que j’ai appris comment ma mère avait géré ma différence vis-à-vis de mon père. Même si, pour lui, la nouvelle de mon coming-out a été plus difficile, il ne me l’a jamais fait sentir, ma tendre mère ayant pris beaucoup de conflits sur ses épaules pour acheter la paix comme on dit. J’ai appris aussi comment mes frères s’étaient parfois battus pour prendre ma défense. J’ai grandi, entouré d’amour: ils ont tous été là, ensemble et chacun à leur manière, pour me protéger. Raison de plus pour moi d’essayer de briser des tabous afin d’aider d’autres jeunes à s’affirmer et à vivre leur différence.»
 
«C’est la première année de ma collaboration avec Fierté Montréal. Je suis fier d’avoir été choisi.» Peut-être en 2019 aussi? Les yeux pétillants, il répond: «Pourquoi pas!» 
 
Jordan Dupuis