SENSE 8 et autres séries

Savoir (ou non) finir en beauté

Luc-Alexandre Perron
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SENSE 8

L’été passe trop vite! Pourtant à la télévision, il se passe toujours des émissions dignes d’intérêt, malgré la saison chaude.

Avez-vous visionné la finale de Sense 8 ? C’était bien attendu et personne n’a été déçu. La série se conclut avec un message clair, soit que l’amour est plus fort que tout. Tout un chef d’œuvre pour Netflix. Après deux saisons fortes en rebondissements, la finale a prouvé que la série était un chef d’œuvre! Logés à Paris, les sensates nous rappellent le pouvoir de l’amour. Ces huit personnes qui, au départ, vivaient un peu partout sur la planète, «connectées» et devenues une cible pour leurs pouvoirs, ont créé des personnages devenus cultes pour plusieurs. Les deux réalisateurs ouvertement trans, Lana et Lilly Wachowski ont su nous transporter dans un monde où tous les êtres peuvent se lier et intervenir dans la vie les uns des autres. La sexualité, l’orientation sexuelle et le genre influencent la vie des gens peu importe qui ils sont. Toujours disponible sur Netflix, la série compte 24 épisodes. Si vous n’avez pas suivi cette surprenante émission, il n’est donc pas trop tard!
 
 
 
Évidemment, il faut revenir sur l’annulation de la série Roseanne par ABC. Roseanne, connue pour ses appuis au président des États-Unis Donald Trump, a posté un tweet particulièrement raciste, que je ne reproduirai pas ici. Les réactions ont été tellement fortes que le réseau a tout simplement décidé de mettre fin à la série malgré le fait que les cotes d’écoute s’étaient avérées fantastiques. C’est désolant pour une comédienne populaire de tenir de tels propos. Et que dire des nombreux comédiens et comédiennes qui ont perdu leur emploi à cause de cette situation, ainsi que des nombreux techniciens… Au moins, ABC prévoit une série dérivée qui mettrait en vedette les enfants de Roseanne, particulièrement Darlene, interprétée par l’actrice ouvertement lesbienne, Sarah Gilbert. Tout le monde y trouverait son compte, sauf Roseanne Barr, il va sans dire. Espérons que la nouvelle série pourra être réalisée car il y plusieurs personnages LGBT qui pourraient faire leur retour dans la comédie, dont le personnage de Nancy, grande amie de Roseanne et militante pour les droits des LGBTQ, interprétée par Sandra Bernard.
 
 
Hey Qween! (oui, avec un W). Il s’agit d’un talk-show qui vise spécifiquement un public LGBTQ. Pendant une heure, l’animateur, Jonny McGovern s’entretient avec des personnalités du monde gai. Ce que je trouve particulièrement intéressant c’est que les gens interviewés ne se retrouveraient pas sur une émission dite grand public. Par exemple, Brent Corrigan, vedette du cinéma porno gai, se dévoile non seulement sur les secrets et coulisses du monde de la pornographie homosexuelle, mais sur sa vie personnelle, son conjoint, etc. L’animateur évite, par contre, les questions plus litigieuses. Par exemple, il ne questionne pas Corrigan sur son conflit avec une maison de production. Assisté d’une drag-queen, Lady Red Couture, McGovern sait conserver un ton de légèreté malgré le sérieux de certains sujets comme le sida ou l’homophobie. Les questions d’intérêts pour la communauté LGBTQ (lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queer) sont rarement abordées dans les médias grand public. C’est donc une bonne chose qu’un tel talk-show puisse exister afin de nous garder connectés avec les membres de notre communauté à grande échelle. Vous allez certainement découvrir une pléthore d’intervenants, d’artistes, de militants LGBTQ avec cette émission.
 
Ce dont je vous ai récemment parlé semble prendre vraiment forme. Netflix a commandé dix épisodes de Tales of the City, rien de moins. Les actrices Laura Linney (Mary Ann Singleton) et Olympia Dukakis (Anna Madrigal) ont déjà signé leur contrat. L’histoire reprendra quelques années après la fin de Further Tales of the City, soit bien après la mort de Jon Fielding, l’amant de Michael Tolliver, au moment où Mary Ann revient de New York pour animer un talk-show à San Francisco. Les fans de cette série de livres et de téléfilms vont mourir d’impatience! Je vous informerai au fur et à mesure des développements. D’ici là, vous pouvez visionner les épisodes des 3 premières saisons sur AcornTV. Vous y découvrirez un monde complètement éclaté, et peuplé de gais, de lesbiennes, de transgenres et de bisexuels. Même quelques hétéros comme Mary Ann et son ex-mari, Brian. Série culte, Tales of the city traverse les âges et les générations. Le premier tome se situe en 1976 et le dernier se passe à notre époque. On voit les personnages évoluer et même se rendre à la fin de leur vie. Attachants, les hommes et les femmes de Tales of the city vous charmeront.
 
 
HBO propose aux auditeurs un documentaire percutant sur le traitement des Mormons LGBTQ par leur Église et les membres de leur clergé. D’une durée de près de deux heures, Believer dépeint un monde refermé sur lui-même. À travers sa musique, le narrateur nous présente un monde centré sur la religion et la peur de l’enfer. Tout est régi par le clergé. On souligne à grands traits l’impact négatif de la communauté mormone sur les adolescents LGBTQ et ses conséquences qui souvent, mènent au suicide. D’ailleurs, le taux de mortalité par suicide est plus élevé pour les jeunes Mormons que pour le reste de la population. Ce téléfilm prend parti, mais laisse une grande marge aux Mormons et leurs croyances et coutumes. Les entrevues avec les jeunes frappent car on se sent désemparé devant leur situation. L’excommunication est le châtiment ultime pour les pécheurs, ce qui inclut, il va sans dire les homosexuels. Les Mormons sont tellement à cheval sur leurs principes homophobes qu’ils vont jusqu’à refuser de baptiser les enfants issus de famille homoparentale. Ils doivent attendre d’avoir atteint l’âge de 18 ans pour pouvoir obtenir le baptême et à ce moment, ils devront dénoncer l’homosexualité de leurs parents afin de pouvoir recevoir le sacrement! Durant la campagne référendaire en Californie pour interdire le mariage gai, les Mormons se sont particulièrement investis. Pour eux, le mariage doit se faire entre un homme et une femme seulement. On dénonce d’ailleurs l’hypocrisie des Mormons à ce sujet, puisqu’ils prônent la polygamie et ont cessé d’épouser plusieurs femmes seulement pour se maintenir à l’intérieur des lois américaines. Idem pour les Afro-Américains. Les Mormons ont toujours refusé d’ordonner les membres de la communauté noire jusque dans les années 70. Le narrateur suggère donc qu’une ouverture envers les LGBTQ pourrait s’avérer possible. Pourtant, lorsqu’on entend les commentaires des anciens, on n’espère pas trop… Ce téléfilm est un excellent reflet d’une communauté qui condamne ses propres brebis au nom de la colère divine. À voir.
 
 
 
Qui n’a pas, dans son jeune âge, lu des bandes dessinées de Archie et de Betty & Veronica? Riverdale transpose les personnages en chair et en os. Et, sans détour, présente Kevin Keller comme étant gai. La première saison le dessinait comme légèrement stéréotypé mais dès la deuxième mouture, on découvre un homme sensible, brillant et séduisant. Pour l’adolescent en vous!
 
 
The Handmaid’s Tale. Adaptée du roman de Margaret Atwood (La Servante Écarlate), cette série noire nous amène dans un monde où la deuxième guerre civile américaine a réduit le statut des femmes à un niveau de génitrices. Elles ne servent qu’à donner naissance à des enfants pour la prochaine génération. En effet, la pollution a rendu la plupart des humains infertiles. Les femmes qui le sont toujours ne servent qu’à se reproduire. La République de Gilead (États-Unis), est un monde hostile, sombre, totalitaire. Certaines femmes, comme le personnage principal (Offred, née June Osborne) n’ont pas oublié leur vie antérieure au conflit qui les a menées à la servitude. Cette série ne plait pas à tout le monde car c’est vraiment "dark" et semble sans issue. Les LGBT sont tout simplement mis à mort dans ce monde rigide. Mais il existe comme dans tout monde totalitaire une résistance qui tente de ramener le monde tel qu’il était. Je vous le dis, cette série vous hantera longtemps, car elle est fidèle au roman d’Atwood et met en images le monde imaginaire qu’elle avait su créer. À voir absolument!
 
Dire que le mois prochain, on parlera déjà de la rentrée… Profitez du beau temps!