CLASH, le vendredi 17 août 2018

Fischerspooner, gaiement queer

Yves Lafontaine
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Avec Warren Fischer, Casey Spooner est cofondateur du band Fischerspooner, dont le son qu’on a qualifié d’«électroclash» a fait vibrer les plan-chers de danse dans ses premières années de gloire, avec des hits comme Emerge. Neuf ans séparent Sir et le troisième album du duo, Entertainment – un intervalle rempli d’autres projets. Fischerspooner revenait en mars dernier avec SIR, qui compte 13 nouvelles chansons. Le groupe sera de l’événement Clash, la soirée électro-glam-rock du Festival Fierté Montréal. On pourra les entendre interpréter leurs plus grands succès après DJ Frigid et Van Hechter et avant Peaches, la reine de l'underground. Casey a pris quelques instants pour répondre à nos questions



Dirais-tu que le nouvel album Sir se veut libérateur pour la communauté queer?

J’ai commencé avec un but très précis en écrivant des histoires qui traitaient de relations homosexuelles. Tout homme gai mène une vie affective très complexe et dynamique, puisqu’il ne grandit pas selon les attentes hétéronormatives.
 
L’album renferme plusieurs de tes histoires romantiques personnelles. Il y a une chanson qui porte sur ta relation avec Michael Stipe de R.E.M dans les années 80. Il y a des enregistrements d’ébats sexuels mixés sur une piste. Comment cette énergie chargée d’émotions a-t-elle influencé le processus de création?

Quand j’ai commencé l’album, j’allais vraiment très bien. Je n’aurais pas pu être plus heureux. Je ne regrette rien de cette relation qui a duré 14 ans. Elle n’est toujours pas terminée. À un moment, nous avions un deuxième petit ami pendant six mois. Je voyageais beaucoup et je m’absentais pendant des mois, et donc ce n’était pas réaliste de ne pas avoir de relations sexuelles pendant aussi longtemps.
 
 
Dans Have Fun Tonight, une chanson qui parle d’une relation ouverte, assiste-t-on à ce que tu as vécu?

Nous avons eu de la difficulté avec ça pendant des années, parce que nous nous aimions et nous étions vraiment très inquiets pour notre santé. Et puis il y avait le risque émotionnel. Mais un grand niveau de confiance régnait entre nous. Nous pouvions partager tous nos désirs. C’était incroyable de pouvoir jouir d’une telle relation. De pouvoir être complètement honnêtes au sujet de tous nos fantasmes. C’est ça une vraie relation.
 
 
Le modèle d’une relation «heureuse» a-t-il évolué, selon toi?

Les gens ont tendance à vouloir amoindrir les relations sexuelles et physiques de courtes durées. Ils jugent qu’elles ne sont pas romantiques ou n’ont pas d’importance, qu’elles ne font pas partie du comportement humain. C’est une partie de l’histoire de l’album. Il est possible d’avoir ce genre de connexions, de relations. 
 

Et deux classiques

 
 
 
CLASH, le vendredi 17 août, sur la Grande scène du Parc des Faubourgs.
18h: DJ Frigid
20:45 Spectacles de Van Hechter, Fischerspooner et Peaches