FIERTÉ - CRÉATION D’UN DRAPEAU

De l’arc-en-ciel au spectre de la féminité

Julie Vaillancourt
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drapeau main
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Sans négliger l’emblématique drapeau créé par Gilbert Baker, cette édition de Fierté hissera un drapeau créé dans le cadre du concours «Spectre de la féminité», en collaboration avec Lez Spread the Word (LSTW), Le Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) et Hot Sauce.

En mai dernier, était lancé un appel aux artistes issu.es des communautés de la diversité sexuelle et de genre du Grand Montréal s’identifiant au spectre de la féminité, afin de créer un drapeau servant de point de rassemblement féminin au parc des Faubourgs. «Nous avons eu une belle participation avec des concepts novateurs et éloquents», explique d’emblée Florence Gagnon, présidente-fondatrice de LSTW. «Il y a toujours la complexité de trouver notre place en tant que femme du spectre de la féminité, à savoir comment se sentir incluse au sein des célébrations de Fierté, comment se rassembler et se reconnaitre. Plusieurs choses ont été tentées. Nous avons vécu l’expérience de l’espace LSTW, où l’on essayait de créer un point de rassemblement. C’était difficile de créer une zone, on était souvent mises dans un coin. L’initiative du drapeau nous permettra de décider l’endroit où l’on veut se rassembler, tout en ayant un signal clair, un outil. Aussi, je pense que le drapeau permet d’avoir un sentiment d’unicité et de collaboration entre plusieurs organismes féminins (LSTW, RLQ, Hot Sauce). À travailler ensemble dans un esprit positif, on est plus fortes dans nos initiatives. Essayer de nouvelles manières de se donner plus de visibilité, c’est créatif et le fun!» 
 
La genèse du concours de drapeau tire ses assises d’une rencontre consultative auprès de groupes communautaires ciblés où il fut mentionné que «la foule dans le parc, particulièrement lors des T-Dance, était majoritairement masculine et qu’il était ardu pour les personnes du spectre de la féminité de se rassembler». Il fallait ainsi trouver un moyen de rassembler les femmes. Créer plusieurs drapeaux ne divise-t-il pas les identités au lieu de les rassembler? «Il y a plein d’individus dans le mouvement LGBTQ+ qui possèdent leur propre drapeau, du mouvement trans aux bears…», rétorque Florence. 
 
«Personnellement, je ne m’appropriais pas tant le drapeau lesbien, au niveau du design… En fait, j’ai l’impression que le mouvement lesbien ne s’est jamais vraiment approprié son drapeau. Pour nous, c’est aussi une manière créative de faire participer la communauté et de proposer quelque chose de nouveau. Clairement, il y avait un besoin, alors nous avons tenté de trouver une nouvelle solution. Ce point de rassemblement ne vise pas à nous isoler, au contraire, nous désirons être dans la foule et prendre part aux festivités, tout en étant capables de nous retrouver!» 
 
Le drapeau gagnant du concours sera hissé sur le site, comme un phare, afin de servir de point de rassemblement. Il sera visible dans le parc des Faubourgs ainsi que dans différents événements du spectre de la féminité tout au long du festival.