Conférence international d'Amsterdam

La route pour guérir le VIH progresse, mais est encore longue

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Des revers dans la recherche médicale contre le sida et le VIH  prouvent que la route reste longue avant de trouver des traitements universellement efficaces.

La 22e Conférence internationale sur le sida a été l’occasion de confirmer les inquiétudes sur les dangers pour l’embryon d’un médicament par ailleurs prometteur, le dolutégravir. Quatre cas de malformation du tube neural, le système nerveux central de l’embryon, ont été recensés entre août 2014 et mai 2018 au Botswana au cours de l’examen de 426 femmes séropositives enceintes, qui avaient pris ce traitement avant d’attendre un bébé. Ces malformations peuvent provoquer des difformités graves du cerveau ou des vertèbres, aboutissant fréquemment à ce que l’enfant soit mort-né.

Le dolutégravir est un traitement anti-HIV relativement nouveau, avec moins d’effets secondaires que d’autres, et dont les promoteurs pensent qu’il générera moins de résistance à long terme. Les pays aidés par le fonds américain PEPFAR AIDS étaient sur le point d’en faire leur principal traitement antirétroviral, a souligné la présidente de la Société internationale sur le sida (IAS), Linda-Gail Bekker.

En attendant des résultats plus définitifs, les organisations sanitaires publiques recommanderont que les séropositives ayant des projets de grossesse privilégient d’autres traitements. « C’est dur mais je pense que nous devons attendre », a commenté le Dr Zash.

« Défi très compliqué »

Un essai clinique pour extraire le VIH des cellules humaines et l’éliminer a par ailleurs donné des résultats décevants. Les chercheurs ont testé différents traitements, en plus des antirétroviraux qui doivent éviter aux séropositifs d’être malades du sida, chez 60 hommes.

Ces volontaires ont reçu des vaccins qui devaient apprendre au système immunitaire à reconnaître le VIH et des médicaments pour forcer les réservoirs dissimulant le virus à se révéler, dans l’espoir qu’ils soient attaqués. Mais l’état de santé de ces hommes n’a pas évolué différemment de celui des autres ne prenant que le traitement classique.

Pour les chercheurs, guérir les personnes atteintes par le VIH signifiera réduire ce virus responsable du sida à un état où il ne nuira plus à la santé des porteurs, qui se passeront ainsi de traitement, et où il ne pourra plus être transmis.

Une bonne nouvelle

Une bonne nouvelle est en revanche venue de France, avec la confirmation de l’efficacité totale dans la prévention du VIH de la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Sur les 1.435 volontaires recrutés entre mai 2017 et mai 2018 en région parisienne pour prendre le Truvada (emtricitabine/ténofovir), aucun n’a été contaminé.