Du 17 au 27 octobre

Pour leurs 50 ans, les Belles-Sœurs en chansons

Denis-Daniel Boullé
Commentaires
Belles sœurs en chansons

En 2010, René Richard Cyr et Daniel Bélanger présentaient le théâtre musical Belles-Sœurs de Michel Tremblay. Un succès qui allait se prolonger jusqu’en France. L’œuvre du grand écrivain et dramaturge québécois prenait une seconde vie sur la musique de Daniel Bélanger. Belles-Sœurs sera de nouveau en scène au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts après avoir parcouru cet été une grande partie du Québec.

En 1968, la création des Belles-Sœurs a provoqué une petite révolution culturelle au Québec, avec l’affirmation sur scène d’une langue parlée à Montréal éloignée de la norme imposée à l’époque au théâtre. Le texte de Michel Tremblay dans une mise en scène d’André Brassard, refusé par plusieurs, avait enfin trouvé un théâtre, le Rideau Vert. La pièce Les Belles-Sœurs est devenue aujourd’hui un grand classique du répertoire théâtral québécois étudié dans toutes les écoles à l’échelle de la province. Une pièce qui ne mettait en scène que des femmes, de générations différentes, d’histoires différentes.
 
Le metteur en scène René Richard Cyr connaît très bien l’œuvre de Tremblay. Il a mis en scène de nombreux textes de l’auteur des Chroniques du Plateau-Mont-Royal et a signé de plus les textes des chansons de la version musicale. La musique de Daniel Bélanger a de plus permis d’insuffler un supplément d’âme à ses fameuses Belles-Sœurs et de toucher le cœur du public, qu’il connaisse ou non la pièce. Le succès ne se dément pas depuis la reprise qui a débuté en juillet dernier dans plusieurs villes du Québec. La tournée se poursuit jusqu’en janvier 2019 et s’arrêtera notamment à Montréal pour une série de huit représentations en octobre à la Place des Arts.
 
Pour le metteur en scène René Richard, qui ne s’attendait pas à une réception aussi enthousiaste, cette création représente un point d’orgue dans sa carrière. «Je pense que cela a le même impact sur le public d’aujourd’hui que lors de la création de la pièce, il y a 50 ans, nous confie-t-il au téléphone, d’une part parce que même si la situation des femmes a beaucoup changé au Québec depuis les années 70, on retrouve des problématiques actuelles, et d’autre part, pour beaucoup de spectateurs, ils retrouvent dans ces personnages, des femmes qui ont marqué leur vie, des mères, des grands-mères, des voisines, et en cela tout le monde s’y retrouve». Une histoire des femmes du Québec et plus précisément de Montréal, mais qui fait écho à la situation des femmes aujourd’hui...
 
Pour le metteur en scène, cela tient d’abord à la force de la pièce de Michel Tremblay, celle qui est le plus jouée dans le monde, tient-il à souligner. «L’impact ne change pas, et je me dis que je vis un moment de grâce actuellement par le fait que Les Belles-Sœurs sous forme de théâtre musical touche un très large public et de tous les âges, et que l’on apprécie aussi bien les mots de Michel Tremblay que la musique de Daniel Bélanger et que la performance des chanteuses comédiennes.»
 
Quelques changements ont été apportés depuis la création en 2010, mais tout à fait mineurs selon René Richard Cyr, comme une toute nouvelle chanson ajoutée à l’œuvre. Du côté de la distribution Kathleen Fortin est Germaine Lauzon, la femme au foyer qui vient de gagner un million en timbres à coller et à échanger contre des articles d’un catalogue et qui invite des amies à un «party de collage» qui dégénèrera.
 
Le théâtre musical Belles-Sœurs s’inscrit dans la même trajectoire que la pièce dont il est issu au point de faire dire à René Richard Cyr que cette œuvre deviendra peut-être le Casse-Noisette québécois, repris chaque année au moment des fêtes de fin d’année. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. 
 
 
LES BELLES-SŒURS : théâtre musical, du 17 au 27 octobre 2018
Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts placedesarts.com