Candidate aux élections provinciales 2018

Qui est Carol-Ann Kack?

Yves Lafontaine , André-Constantin Passiour
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Carol-Ann Kack
Photo prise par © Carol-Ann Kack

Nous avons identifié près d'une quarantaine de candidat.e.s issu.e.s de la diversité sexuelle et de genre à se présenter aux prochaines élections provinciales. De ce nombre record, 30 personnes ont accepté de répondre à une série de questions que Fugues leur a fait parvenir, pour vous permettre de mieux les connaître. Candidate pour Québec Solidaire, dans Rimouski, Carol-Ann Kack a répondu à nos questions.

1.  Selon vous, être LGBTQ+ en politique, c’est un avantage, un inconvénient ou c’est hors sujet ?

Je pense qu’être LGBTQ+ en politique n’apporte pas d’avantages ou d’inconvénients majeurs en 2018. Le plus positif quand on est une personne LGBTQ et qu'on se présente en politique est sans doute le fait que la communauté puisse se sentir aussi représentée, parce que nous avons encore peu de modèles offerts à nous dans les instances politiques. On en retrouve toutefois de plus en plus dans plusieurs sphères d’activités, et pour moi il est simplement normal que, comme dans la population générale, on retrouve une part de représentativité parmi nos élus. Dans ce contexte, je suis fière de faire partie de la communauté LGBTQ+ et de m’inscrire parmi les candidatures aux élections 2018.

2.  Croyez-vous, que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, cela fait partie uniquement de la vie privée ou bien qu’à l’ère de la transparence, il faut aussi l’être à ce niveau ?

Pour moi, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre n’est pas un sujet tabou. Toutefois, ça n’a pas à être un sujet d’intérêt public. C’est-à-dire que certaines personnes, qu’importe leur orientation ou leur identité de genre, sont plutôt réservéEs, et d’autres plus extravertiEs quant à leur vie privée et je crois que c’est tout à fait légitime. Mon orientation sexuelle fait évidemment partie de mon quotidien, je ne m’en cache pas. Les occasions de parler de ma vie privée sont des occasions de normaliser la diversité, et j’apprécie pouvoir le faire. Selon moi, il est évident que l’on ne doive pas être tenuE de rendre cette information publique car ça n’appartient pas au domaine public. Par contre, pour ceux et celles de la communauté LGBTQ+ qui sont à l’aise de le faire, ça contribue justement à normaliser et à banaliser la chose. 

3.   Qu’est-ce qui a motivé votre engagement politique et à vous (re)présenter aux prochaines élections ?

La crise environnementale qui est à nos portes, les inégalités sociales et la souffrance humaine sont des éléments qui m’ont donné envie de sortir de l’impuissance et de m’impliquer en politique. Premièrement, afin d’avoir une tribune pour parler de ces enjeux; deuxièmement, dans l’espoir qu’un gouvernement prenne enfin des engagements afin d’améliorer les choses. Québec solidaire est le seul parti qui s’est toujours engagé vers un changement de cap majeur pour l’avenir du Québec. Il est porté par une vision humaniste qui cherche d'abord à prendre soin, à remettre l’économie réellement au service de la population et non des très grandes entreprises. QS propose également d'entamer une transition économique majeure basée sur un virage énergétique, dans le but de s’émanciper des hydrocarbures. Pour tout cela, il faut de l’audace et du courage. Face à des enjeux d’envergure, il faut des solutions d’envergure.

4.  Pourquoi devrait-on voter pour vous ?

J’ai grandi et passé ma vie dans la circonscription de Rimouski. J’y ai été travailleuse de rue, intervenante en réinsertion socioprofessionnelle et j’y travaille maintenant comme psychoéducatrice à la commission scolaire. J'ai toujours été très impliquée dans mon milieu, ce qui m’a permis de prendre connaissance des réalités vécues par la population des différentes municipalités. Il est important d’avoir de jeunes élus qui sont au fait des enjeux prioritaires pour les générations à venir et qui pourront en être la voix : changements climatiques, épuisement professionnel et qualité de vie, pénurie de main d’œuvre, immigration et intégration sociale. Les gens de Rimouski sont fiers de vivre dans une ville avec une si belle qualité de vie. Québec solidaire a des propositions pour prendre soin des régions et leur donner plus d’autonomie. Je suis convaincue que Rimouski est prêt à avoir une élue et un parti audacieux pour défendre ses intérêts.

5.  Quel devraient être, selon vous, les enjeux les plus importants de la prochaine campagne électorale ?

Je souhaite que l’environnement soit un thème central pendant la campagne. Nos élus ont une responsabilité en ce sens; il en est de l’avenir de tous. Travaillant comme psychoéducatrice dans le milieu scolaire, je souhaite aussi parler d’éducation. Il s’agit du socle de la construction de notre société et ça doit être une de nos priorités. Les services en éducation ont été mis à mal dans les dernières années : ce sont des générations d’enfants qui en ont écopé. On constate aussi la quantité d’épuisement professionnel qui survient au sein de cette institution et du décrochage important des nouveaux enseignants et nouvelles enseignantes dans leurs premières années de pratique. Finalement, pour que les citoyens et citoyennes retrouvent le sentiment que leur vote contribue à quelque chose, il est plus que temps de procéder à la réforme du mode de scrutin. Il en va de la santé de notre démocratie, ça fait assez longtemps que ça tarde!

6.  Une phrase qui vous définit bien?

Cette phrase représente le regard que je pose sur les choses que j’entreprends dans ma vie et comment j’appréhende les changements politiques que je souhaite voir exister.

« L’espoir, ce n’est pas l’optimisme. Ce n’est pas non plus la conviction qu’une chose va bien se passer, mais au contraire la certitude que cette chose a un sens, quelle que soit la façon dont elle va se passer. » Vaclav Havel

 

7.  Et maintenant en bref…

Votre lieu de naissance ?  Je suis née à Québec mais j’ai passé toute ma vie à Rimouski.

Votre âge ?  28 ans.

Votre état civil ?  En couple (conjointe)

Vos emplois principaux ou études des 5 dernières années : j’ai été travailleuse de rue et j’ai complété une maitrise en psychoéducation, pendant laquelle j’ai occupé un emploi d’éducatrice dans une ressource d’hébergement pour les personnes avec des problèmes de santé mentale graves et persistants. Je suis présentement psychoéducatrice à la Commission scolaire des Phares.

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