Brésil

Le candidat d'extrême droite à la présidentielle déploie un discours homophobe

Reuters
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Alors que la campagne pour l'élection présidentielle brésilienne prend un tour décisif, le candidat d'extrême droite déploie un discours homophobe récurrent. 

Le député d'extrême droite Jair Bolsonaro a désormais toutes les chances de figurer au 2e tour de la présidentielle au Brésil, un scénario impensable il y a peu et qui fait aujourd'hui trembler les défenseurs de la démocratie. Il arrive deuxième, derrière Lula, dans les intentions de vote pour le 1er tour du 7 octobre, mais en première position en cas de disqualification - très probable - de l'ancien chef d'Etat emprisonné pour corruption.

Pouce en l'air et sourire, celui qui est député depuis 27 ans se prête avec grâce aux selfies. En particulier avec des femmes, dont 43% disent avoir une telle répulsion pour ce misogyne qu'elles ne voteraient jamais pour lui.

Rejeté également par la communauté noire ou LGBT pour cause de racisme et d'homophobie - il préférerait voir son «fils tué dans un accident plutôt qu'homosexuel» -, Bolsonaro est avant tout le symptôme d'une crise aiguë: les Brésiliens sont dégoûtés par la corruption, la violence et les inégalités sociales.

Le 28 août dernier, invité du grand journal télévisé de la chaîne Globo, le candidat a accusé une bande-dessinée de faire partie d’un «kit gay» distribué aux enfants en brandissant l'ouvrage de Zep «Titeuf : le guide du zizi sexuel». Un livre dont la classe politique se servirait pour promouvoir une éducation sexuelle qui encouragerait l'homosexualité dès le plus jeune âge.

Pour dénoncer ce supposé poids du lobby LGBT dans la politique brésilienne, il assure également qu'un «séminaire LGBT infantile» a été organisé au Congrès, une information totalement fausse. 

Cette intervention en début de campagne officielle pour la présidence augure mal du ton violemment homophobe que le candidat compte y installer.

«Que les sondages accordent près de 20% à Bolsonaro est une véritable honte», estime l'universitaire Ruy Fausto. «Il ne gagnera pas mais il suffit de voir ce genre de vote pour comprendre que le pays va très mal».