Fondation québécoise du sida
Par : André-Constantin Passiour [28-01-2010]
Fondation Québécoise du Sida |
Fondée par l’entremise de la Fondation Farha dans les années 1990, la Fondation québécoise du sida (FQS) n’a été réactivée qu’en 2007. Aujourd’hui, elle dépend surtout de la COCQ-Sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida) qui la gère jusqu’à ce qu’elle soit entièrement autonome. C’est que, en ces temps de restrictions budgétaires gouvernementales, les organismes VIH/sida se cherchent d’autres sources de financement indépendantes. À ce jour, cette fondation a recueilli quelque 60 000 $ de dons provenant d’individus. Mais tranquillement, la COCQ-Sida met en place les critères qui serviront de base à la redistribution des sommes en fonction des besoins des organismes communautaires de Montréal, de Québec et des autres régions. On désire aussi, avec le partenaire AIDES, en France, financer des organisations africaines qui en ont bien besoin…
Vous avez peut-être vu des jeunes hommes et des jeunes filles avec des T-shirts et des logos de la COCQ-Sida en train de demander aux passants s’ils ont quelques minutes à consacrer pour la cause du sida. Au centre-ville, sur le Plateau Mont-Royal, dans le Village gai de Montréal, au Marché Atwater ou encore à Québec, on désire ainsi sensibiliser les gens et susciter des dons individuels. «Ces gens [des recruteurs payés] font un travail magnifique. On ne recueille pas que des fonds, des dons mensuels minimes que les gens peuvent faire, mais on fait aussi un travail de recrutement de gens qui épauleront la cause du sida. Ils feront ainsi partie d’un mouvement, ce qui nous permettra d’aller voir, par la suite, le gouvernement et de faire pression en mentionnant que ce mouvement grandit et que de plus en plus de gens appuient la cause même si elle n’est pas à la mode», de dire Ken Monteith, le directeur général de la COCQ-Sida et de la Fondation.
La COCQ-Sida a ainsi recruté la firme ONG Conseil Canada qui se spécialise dans ce type de sollicitation. Il s’agit ici d’une filiale canadienne d’une entreprise créée en France par une branche de Greenpeace et qui a pour philosophie non seulement d’amasser des fonds, mais également de rassembler une clientèle, généralement jeune, autour d’une cause, «et cela fonctionne très bien», d’ajouter M. Monteith. En procédant ainsi, il n’y a pas de concurrence avec, par exemple, la Fondation Farha qui amasse des dons lors d’événements. «Je participe moi-même aux événements de la Fondation Farha et nous voulons plutôt que notre travail en soit un de complémentarité avec cette fondation», souligne le directeur général de la COCQ-Sida.
«La COCQ-Sida a réanimé cette fondation pour le bénéfice de ses organisations membres», de continuer M. Monteith, pour les appuyer dans leur recherche de financement. Il n’y a d’ailleurs que les organismes charitables et ceux qui viennent en aide directement aux séropositifs qui peuvent en bénéficier, la COCQ-Sida elle-même en est exclue parce qu’elle n’est pas un organisme de charité. «La Fondation sera soutenue par la Coalition jusqu’à ce qu’elle puisse avoir sa propre gestion et qu’elle puisse voler de ses propres ailes», indique Ken Monteith, mais, pour l’instant, la Fondation québécoise du sida est soutenue par la COCQ-Sida.
La direction de la COCQ-Sida travaille avec plusieurs fondations afin d’établir des critères équitables qui serviront de base, lorsque la FQS sera entièrement indépendante, à la distribution des fonds aux divers organismes. «Même si les deux tiers des cas de VIH sont répertoriés à Montréal, il y a aussi une certaine réalité qui fait qu’il est plus difficile de rejoindre efficacement les séropositifs résidant dans diverses régions et il faut donc être objectif et impartial dans l’attribution des fonds recueillis. On commence ce processus, donc les organismes pourront bientôt réclamer des fonds», de dire M. Monteith.
En partenariat avec l’organisation française AIDES, la COCQ-Sida et la Fondation québécoise du sida partagent une partie des dons récoltés pour venir en aide aux plus pauvres des séropositifs, soit aux Africains. «En 2009, nous avons redistribué quelque 50 000 $ à des organisations africaines, nous en sommes très fiers, et c’est très intéressant de travailler en collaboration avec d’autres associations et de développer des projets pour aider les gens, car les gens là-bas vivent une toute autre réalité», signale M. Monteith.
www.fqsida.org, T. 514-315-8839
18-02-2010
ONG CONSEIL ne recrute pas que des jeunes, même si souvent se sont les plus interessés à ce type de solicitation.