Offre d'emploi conseiller publicitaire

Chroniques / Place au Village

Les 30 ans du Village

«Une période de dynamisme»

Par : André-Constantin Passiour [31-08-2012]



Si nous célébrons en 2012 le trentième anniversaire du Village gai de Montréal c’est parce que, en 1982, il y a eu la création de plusieurs établissements dans ce secteur de la métropole alors connu sous le nom de Centre-Sud, que certains appelaient également «Faubourg à mélasse». C’est une époque où les gais délaissent le centre-ville ouest, pour venir ouvrir des commerces dans l’Est. Cette année-là constitue un moment charnière puisqu’il y a déjà une masse critique de bars, essentiellement, mais aussi quelques boutiques, qui ouvrent leurs portes et attirent une clientèle nombreuse. Pour ce reportage, nous avons discuté avec deux personnes qui ont été à la fois des témoins privilégiés et des acteurs ayant contribués à l’essor de ce dernier d’une manière ou d’une autre, soit Alain Ménard et Martin Hamel. Ce dernier a été le fondateur du magazine que vous tenez entre les mains. Alain Ménard, lui, a été un travailleur infatigable oeuvrant pendant plusieurs années pour le Fugues, mais aussi en tant que gérant, promoteur et organisateur, à la fois dans le milieu des bars que dans celui des sports.


«Les gens étaient très dynamiques, cela bougeait beaucoup. On venait s’y installer parce que les loyers n’étaient pas chers dans ce quartier. C’était presque une «zone de guerre», les locaux étaient délabrés, les vitrines étaient souvent barricadées. Les édifices étaient dans un état pitoyable. C’était véritablement le festival des pancartes «À louer» ! Même si Priape avait ouvert depuis quelques années, on ne venait pas encore dans le quartier. Puis, coup sur coup, on a assisté à un boom sans précédent et plusieurs commerces, surtout des bars mais aussi quelques boutiques qui n’ont malheureusement pas tenu la route, ont ouvert leurs portes», de dire Alain Ménard, qui fut tour à tour gérant et promoteur dans le milieu des bars de danseurs nus, surtout, mais aussi organisateur dans le monde sportif, comme la Ligue de quilles Lambda et Équipe Montréal, à ses débuts.

  


«Ce coin de la ville n’était pas très joli à voir. Bien des commerces étaient vacants et ceux qui étaient ouverts étaient plutôt ce que l’on peut considérer comme étant «bas de gamme». Priape fut le premier à ouvrir puis, les choses se sont accélérées. En trois ans, il y a eu La Boîte en Haut, Les 2 R, le club Gémeaux, le Club David, le K.O.X., le Max, le Campus, etc. Donc, cela a poussé vraiment très vite. Ce fut une période de développement rapide pour le quartier et ce fut salutaire parce qu’on a vu beaucoup de rénovations», d’expliquer Martin Hamel, qui a fondé Fugues, au début de 1984.

Du défunt magazine Sortie à la revue Fugues, de directeur de la promotion et gérant au club Campus, Alain Ménard a été, également, des premiers responsables lors de l’ouverture d’un autre club de danseurs nus, le Taboo, avant d’atterrir au Campus. «Les bars de danseurs nus ont été importants dans le développement du Village, au même titre que le K.O.X. ou d’autres établissements, parce qu’ils attiraient les touristes. Mais on parle très peu de cet aspect-là dans l’histoire du quartier», d’ajouter M. Ménard qui a travailé à la fois au Taboo et au Campus. «J’en ai fait des burn out, dit-il en riant aujourd’hui. À l’époque, lorsqu’un commerce ouvrait, on sentait l’enthousiasme, il y avait une certaine magie qui n’existe plus autant maintenant. À la réouverture du K.O.X., dans l’édifice de la Station C, par exemple, quatre danseurs du Campus avaient participé au party d’ouverture officielle, il y avait une certaine collaboration entre bien des établissements.»

En parallèle, Alain Ménard s’investissait dans les sports gais qui s’organisaient eux aussi en ce début des années 1980. Il a recueilli des fonds pour des athlètes montréalais afin que ceux-ci puissent se rendre à San Francisco, «pour les Gay Olympic Games, avant que cela ne deviennent les Gay Games puisque le Comité international olympique (CIO) n’a jamais voulu que l’on utilise ce terme», spécifie Alain Ménard qui s’est donc déplacé dans cette ville californienne à la tête d’une dizaine de sportifs d’ici.

«Lorsque les gais se sont installés dans le quartier, ils l’ont revitalisé, ils l’ont rénové. Il y avait bien de l’effervescence. Pour les débuts du Fugues, en 1984, il y avait bien du potentiel, cela augurait bien parce que la vie gaie périclitait dans le centre-ville et que plusieurs commerces — des bars, des saunas, des boutiques —ouvraient leurs portes dans le Village, un quartier moins connu. À ce moment-là, ils achetaient tous de la publicité pour s’annoncer. C’est extraordinaire de voir tout le chemin parcourru. Le Village est un quartier extraordinaire aujourd’hui. Bien sûr, il y aura toujours des choses à faire, des problèmes à régler, mais la piétonisation a entraîné des bienfaits dans le secteur et, en quelque part, il s’agit d’une conséquence de cette revitalisation qui s’est amorcée dans les années 80», évoque Martin Hamel, éditeur du magazine Fugues jusqu’à septembre 2002. «Je constatais moi aussi cette énergie parce qu’aux débuts du magazine je faisais un peu de tout : j’étais représentant publicitaire, photographe, éditeur… J’allais rencontrer les clients, je participais aux soirées et aux partys, je rencontrais les propriétaires et les gérants des commerces, on dînait ensemble pour parler des contrats et de leurs projets, etc. C’était une vie très active», rajoute M. Hamel qui, comme Alain Ménard, a pris sa retraite.

Il y a, cependant et malheureusement, une ombre au tableau. La fin des années 1980 a été abrupte, sinon tragique. «Dans le Village, il y a eu beaucoup de dynamisme, mais cela a mené à beaucoup de promiscuité sexuelle qui faisait partie de la vie du Village. Cela a favorisé la propagation du sida. Toute une génération d’homme gais a ainsi été enterrée, ce fut une génération sacrifiée sur l’autel du sexe. Beaucoup de gens sont partis, des artistes, des organisateurs, des clients…», se remémore avec tristesse Alain Ménard qui a mis, par la suite, ses talents aux profits d’associations VIH/sida… Car c’est ça, également, l’histoire du Village…











Autres textes récents Chroniques / Place au Village

La première ministre Pauline Marois et le député de Saine-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton

Une inauguration par la première ministre !

C’est devant un parterre de nombreuses personnalités, y compris la première ministre Pauline Marois, que l’on a procédé à l’ouverture officielle de la saison d’Aires Libres. On marquait ainsi, par la ...


Une première qui augure bien !

Le mercredi 17 avril, à la demande du Dr Marc Raper, le chirurgien dentiste de la Galerie Dentaire, environ une dizaine de marchands de cette artère se sont rencontrés pour échanger. C’est que, le 4 ...


Le changement dans la continuité

Hé oui, nous en sommes bel et bien à la 6e édition de cet événement estival de la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est. Tel qu’annoncé depuis février, la rue sera fermée à la circulation auto...


Encore plus d’efficacité et de puissance

Depuis 2006, la Société de développement commercial du Village (SDC) offre l’Internet gratuit dans plusieurs établissements (restaurants, cafés, bars, etc.). Mais voilà, la technologie et les besoins ...


La nouveauté dans la continuité

Pour ceux qui le connaissaient, vous avez sûrement appris maintenant que le commandant Alain Gagnon a quitté le poste de quartier 22 (PDQ) pour rejoindre celui du Plateau Mont-Royal (PDQ 38). Depuis l...


Mieux comprendre les réalités de chacun

Le 8 mai 2012, le conseil d’arrondissement de Ville-Marie adoptait officiellement un budget permettant la mise sur pied d’un projet-pilote, d’une durée de 12 mois, intitulé «Le Village : une cohabita...


Les dates sont annoncées

Oui, la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est revient pour une autre saison. Elle se déroulera du 13 mai au 6 septembre 2013 inclusivement.


Une explosion de scintillement et de couleurs

Comment ne pas les remarquer ? Les lumières brillent dans la nuit de l’hiver sur la rue Sainte-Catherine Est dans le Village! Depuis le week-end du Souvenir, des milliers de petites ampoules viennent ...


Honoré par la Chambre de commerce gaie

C’est jeudi 22 novembre dernier que se déroulait le 9e Gala Phénicia organisé par la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ). Tenu au Centre des sciences de Montréal, dans le Vieux-Port, cet événeme...


Récompensées par Mission Design

C’était le 16 octobre dernier, au Centre international des sciences de Montréal, dans le Vieux-Port. Quarante-sept projets étaient en lice dans sept catégories pour la toute première édition de ce con...


Photos : Richard Traversy

Redécouvrir la rue Amherst !

Enlevées au printemps dernier pour laisser place aux Boules roses de Claude Cormier, les oriflammes sont de retour dans le Village ! Elles sont toujours porteuses d’une citation d’une personnalité gai...


Impliqué dans le secteur

Il y a 16 mois, Maryo Thomas et son équipe emménageaient dans des locaux éclairés et spacieux au-dessus du salon de coiffure «Les Garçons Sculpteurs», après avoir occupé pendant 11 ans un local près d...


Un achalandage en constante augmentation !

Au moment où vous lirez ces quelques lignes, il vous semblera déjà que Aires Libres et sa piétonisation sont loin, puisque la rue Sainte-Catherine Est a été rouverte à la circulation automobile le 6 s...


«Une période de dynamisme»

Si nous célébrons en 2012 le trentième anniversaire du Village gai de Montréal c’est parce que, en 1982, il y a eu la création de plusieurs établissements dans ce secteur de la métropole alors connu s...


Le Village et toutes ses couleurs !

Le très beau décor de rue « Les Boules roses » de Claude Cormier a inspiré les deux créatrices Mouna Andraos (à gauche sur la photo) et Melissa Mongiat pour cette installation en 4 stations appelée Mé...


Le rose à l’honneur!

On le sait, les «Boules Roses» de l’architecte-paysagiste Claude Cormier ont fait le tour du monde. Ce décor de rue fait aussi, maintenant, partie du circuit quotidien de l’autobus à Impériale (deux é...


SIDA / VIH

En 1987, le sida devient la première cause de mortalité chez les hommes adultes, au centre-ville de Montréal, près de 400 cas de sida avaient été enregistrés dans les 24 mois précédents. En fait, il y...


Quand un échec solidifie les liens

L’année 1997 se vit dans l’attente du choix de la ville hôtesse des Jeux gais de 2002. Montréal avait-elle toutes les chances de gagner ou aucune ? Le choix de Sydney est une déception pour Montréal, ...


Le Parc de l’Espoir

S’il y a un parc où l’implication des citoyens a joué un rôle important, c’est bien le Parc de l’espoir. En 1990, les militants d’Act Up y terminent leur marche du premier décembre et installent 1 400...


États généraux des communautés gaie et lesbienne

Pendant trois jours, du 1er au 3 mars 1996, plusieurs gais et lesbiennes de la région montréalaise se réunissent à l’UQAM lors d’un colloque extraordinaire.


Descentes policières marquantes

Bar mythique du milieu gai montréalais, le KOX/Katakombes défraie la manchette en février 1994, alors que des policiers investissent les lieux et y arrêtent tous les hommes présents pour s'être trouvé...


Les conditions gagnantes à l’époque : locaux vacants et faible loyer

Avec la descente de police au Sauna Neptune (qui devient ensuite le sauna 456), en 1976, et celle du Truxx (un bar situé sur la rue Stanley), en 1977, beaucoup ont pensé qu'il y avait eu des pressions...


Alan B. Stone

À l’été 1998, Alan B. Stone fait l’objet d’une importante exposition, Images d’hommes, à l’Écomusée du fier monde, en 1999, on peut admirer Montréal des années cinquante au Centre d’histoire de Montré...


Extrait d'une affiche servant pour la promotion de la ville par Tourisme Montréal (inspirée par une couverture de Fugues)

Montréal ville ouverte... au tourisme gai

Depuis 1995, Montréal mène une action marketing structurée en direction du marché gai. L’objectif fut d’abord de positionner Montréal et le Village dans le peloton des premières destinations gaies urb...


Priape, pilier du Village

L’histoire du Village est intimement liée à celle de Priape et vice versa. C’est en novembre 1974 que Bernard Rousseau et Claude Leblanc ouvrent un petit sex shop, au 1111, de Maisonneuve Est.


De la Station C au Bar Apollon, en passant par l’ère du K.O.X.

Si aujourd’hui, l’édifice de la Station C est occupé par le bar Apollon, une boîte de nuit à la mode, l’histoire de cet immeuble a suivi l’évolution du quartier.


Le Complexe Bourbon en 2007

L’ère des mégaplexes : Sky, Drugstore, Complexe Bourbon, Unity

Visionnaire, Normand Chamberland (1947-2008) est le premier à avoir pensé à la création de «complexes» dans le Village gai. Après avoir quitté la police de Montréal, dans les années 1980, Normand Cham...


Photo archives de Fugues

Le Village au féminin

Si la présence des lesbiennes dans le Village est moins grande que celle des hommes gais, ces dernières n’en sont pas absentes pour autant, loin de là. Elles fréquentaient même le quartier depuis les ...


Raymond Blain

Homme politique, Raymond Blain est la première personne ayant révélé son homosexualité à avoir gagné au Canada les suffrages des électeurs. Il a été élu à deux reprises conseiller municipal du distric...


Un nouveau programme démarre!

Le projet intitulé « Le Village : une cohabitation à maintenir » est bien en selle! Fruit d’une initiative de la Société de développement commercial (SDC) du Village, en collaboration avec l’arrondis...



30 articles plus anciens »



ARCHIVES





Liens publicitaires

infolettre

Net Gay Barometre - Canada

Régistre des actes homophobes

GRIS MONTRÉAL CAMPAGNE 2011-2012

Journée internationale contre l'homophobie

Clavardage GAI ECOUTE








QUI SOMMES NOUSTROUSSE MÉDIA ET TARIFS POUR PLACER DE LA PUBLICITÉ DANS NOS MÉDIA
ABONNEZ-VOUS À NOS MAGAZINESCONTACTEZ L’ÉQUIPE DE RÉDACTIONCONTACTEZ L’ÉQUIPE DES VENTES

Copyright © 2002 - 2013 : FUGUES / ÉDITIONS NITRAM INC / GROUPE HOM. Tous droits réservés. Conception et réalisation Vortex Solution

FUGUES EST FIER PARTENAIRE DE :

gris  divercite  gai ecoute  ccglm  cqgl  equipe montreal  fierte qc  Rezo  IMAGE + NATION  La journée international contre l'homophobie  Festival Altern'Art   GLBT QUÉBEC  Fondation Émergence  IGLTA  FONDATION FARHA  Ça Marche  Gala Arc-en-ciel  Fierté Montréal  Chambre de commerce gais du Québec  Village SDC  OUTtv  BLACK&BLUE