Par : Yves Lafontaine [21-03-2002]
L’Islam n’utilise pas le mot homosexuel, mais parle de peuple impie, de Loth et de la dégénérescence. L’homosexualité est plutôt présentée par défaut. Dans le Coran, elle est considérée comme un mal dont il faut se prémunir.
Cela tient en quelques lignes terribles. Ce texte a manifestement pour objet la conservation de l’ordre. Il s’agit de préserver la forme familiale traditionnelle, de reconduire l’ordre ancien et de condamner toutes les transgressions, y compris les formes de conjugalité non conventionnelles. Précisemment, le Coran ignore le lesbianisme, mais stigmatise l’amour entre hommes dans au moins 11 de ses 114 chapitres (sourates). Cette condamnation, qui laisse cependant place au repentir et au pardon, est ainsi formulée dans la quatrième sourate : "Si deux d’entre vous font une infamie, sévissez. S’ils reviennent et s’amendent, laissez-les." Les autres sourates commentent les paroles attribuées à Loth, habitant de Sodome et neveu d’Ibrahim (l’Abraham de la Genèse, élevé au rang de prophète dans le Coran). La fin tragique de Sodome, qui disparut sous un déluge de feu et de soufre (en réalité, une éruption volcanique survenue environ 1900 ans avant J.-C.) a été interprétée comme la punition divine, dont le Coran menace les incroyants. Selon le Coran, le peuple de Sodome aurait inventé l’homosexualité : "Abominations que personne n’a faites avant vous" (sourate 7). Évidemment, on aurait tort de réduire l’Orient à l’Islam, et l’Islam au Coran. Dans Carnets d’Égypte et Journal du Maroc, André Gide décrit la civilisation arabe comme tolérante vis-à-vis une certaine forme d’homosexualité. Cela dit, l’homosexualité pratiquée en Occident — où les conjoints de même sexe sont de plus en plus reconnus — choque une forte majorité de musulmans.
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