ABONNEMENTS AUX MAGAZINES

Arts / Livres (romans et essais)

Simon Boulerice

L’enfance qui ne nous quitte jamais

Par : Denis-Daniel Boullé [16-12-2009]



Simon Boulerice
  Simon Boulerice

Peut-on raconter une histoire d’amour entre un garçon de 9 ans et un adolescent de 15 ans de nos jours ? C’est le pari de Simon Boulerice, qui sait que son roman a très peu de chances de se retrouver dans les bibliothèques scolaires, puisqu’il y a des détails d’ordre sexuel.


Et pourtant, qui n’a pas ressenti du désir et des sentiments à dix ans pour un plus grand? Attention, le roman Les Jérémia-des n’a rien d’un docu-témoignage; SImon Boulerice est un auteur, et s’il est polymorphe, ce n’est pas dans la sexualité mais dans la création. Car à ce talent d’écriture qui le fait écrire aussi de la poésie et du théâtre, il le conjugue avec la danse et le jeu. Il n’y a que le dessin qu’il délaisse et pour lequel il aurait aussi un certain talent. Portrait d’un artiste polyvalent.

Pour les sceptiques, achetez Jérémiades, allez applaudir Simon sur scène en janvier au Théâtre d’Aujourd’hui, jouant son propre texte: Simon a toujours aimé danser. Vous vous rendrez compte que passer d’une forme artistique à une autre avec autant de bonheur, c’est possible. D’ailleurs là où il y a contradiction pour le commun des mortels, il y a complémentarité pour Simon. «J’ai besoin de m’exprimer avec différents mediums. Quand je suivais des cours de théâtre, on me disait que je devais me consacrer à la danse, comme si on ne pouvait comprendre qu’on puisse avoir le goût d’explorer plusieurs formes artistiques sans avoir à choisir», de confier l’auteur de Jérémiades. Il ajoute d’ailleurs qu’un des créateurs qu’il admire le plus, c’est Cocteau. «Il écrivait des romans, des pièces de théâtre, des recueils de poésie, il dessinait, et puis il a fait des films considérés aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre.» Et comme à Simon Boulerice, on a reproché à l’auteur des Enfants terribles en son temps de ne pas savoir se brancher. Attention, aucune prétention dans les propos de Simon, aucun désir de se comparer avec celui qu’on appelait le touche-à-tout de génie.

Le trait d’union entre la pièce de théâtre et le roman : l’enfance. Pour Simon, l’enfance est le monde où tout est encore possible, et il reste fasciné par la franchise, l’honnêteté, la candeur, mais aussi la cruauté des enfants. Comme Jeremy, son héros dans Jérémiades, qui est loin d’être un enfant de chœur, mais loin d’être un monstre aussi. «Les enfants sont toujours dans le registre du désir, un désir franc et affirmé, et dans la réalisation immédiate de celui-ci, rappelle Simon Boulerice. Ils n’aiment pas que leurs envies soient contrariées d’où parfois leur cruauté.»

Quant au fait qu’il y ait des scènes de sexe, l’auteur trouve cela naturel, même si son éditrice au
départ était troublée et soucieuse de la réaction de la critique et des lecteurs. «Quand j’écrivais Les Jérémiades, je ne me suis pas posé la question de la censure, ni même de savoir si le public apprécierait. Il était évident que dans la relation de Jérémy avec l’adolescent plus vieux, il y aurait aussi la découverte de la sexualité, cela tombait sous le sens pour moi», avance celui qui se défend d’avoir écrit un épisode spécifique de sa vie. «Bien sûr, les émotions sont inspirées de ce que j’ai vécu, j’ai d’ailleurs une meilleure mémoire pour les émotions de l’enfance que pour celles d’aujourd’hui. Et c’est peut-être cette mémoire-là qui me fait souvent écrire sur l’enfance.»

Avec Simon a toujours aimé danser, c’est de nouveau le désir contrarié d’un enfant qui frôlait le génie jusqu’au moment où il entre dans l’adolescence et que sa voix mue. Comment survivre après être tombé de votre piédestal? Simon Boulerice a joué ce texte en Afrique devant différents publics d’enfants. Là aussi, si les émotions ont tout à voir avec l’enfance de l’auteur, l’histoire est une pure fiction. Car son amour pour l’écriture est né d’un quiproquo. «J’avais douze ans et mon professeure de français m’avait dit que j’avais une belle plume. Moi, j’ai compris que je rédigeais bien, et je n’ai donc depuis ce jour jamais cessé d’écrire, alors qu’elle faisait simplement allusion à ma calligraphie.» (rires). Et quand il ne danse pas et ne joue pas, Simon Boulerice noircit des petits carnets de note, dans le métro, chez lui : des petits bouts de vie qu’il engrange pour une création littéraire ou théâtrale future. Danser, jouer, écrire, ce n’est que de cette façon qu’il trouve son équilibre et qu’il tente de nous y faire entrer.

Les Jérémiades, Éditions du Sémaphore, 2009
Simon a toujours aimé danser, au Théâtre d’Aujourd’hui, Salle Jean-Claude-Germain, du 12 au 30 janvier 2010, theatredaujourdhui.qc.ca






Partager cette page : 




Commentaires (1)

07-01-2010
J'ai adoré ce livre, qui m'a rappellé qu'à 9 ans, j'avais plusieurs de ces idées, que je n'osais pas parlé....






Liens publicitaires

Gris






QUI SOMMES NOUSTROUSSE MÉDIA ET TARIFS POUR PLACER DE LA PUBLICITÉ DANS NOS MÉDIA
ABONNEZ-VOUS À NOS MAGAZINESCONTACTEZ L’ÉQUIPE DE RÉDACTIONCONTACTEZ L’ÉQUIPE DES VENTES

Copyright © 2002 - 2010 : FUGUES / ÉDITIONS NITRAM INC / GROUPE HOM. Tous droits réservés. Conception et réalisation Vortex Solution

FUGUES EST FIER PARTENAIRE DE :

gris  divercite  sdc  bbcm  farha  fierte  glbt  ccgq  journee homo  gai ecoute  ccglm  cqgl  equipe montreal  fierte qc  IMAGE ET NATION  Rezo