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Divers/cite : la fête gaie - du 26 juillet au 1er août

Mascara, la nuit des drags porte bonheur…

Par : Michel Joanny-Furtin [15-06-2010]



Mascara
  Mascara

Treize ans que la bitch préférée des gais et de leurs amis sévit à Divers/Cité, avec sa gang de filles et un plateau de beaux danseurs. Et elle arrive encore à nous surprendre. Comment fait la diablesse? «Ce 13e Mascara est un chiffre chanceux!», impose la reine Mado. «Quelle thématique? Voyons donc, bigger is better» répond-elle, les yeux au ciel.


Puis, toujours un peu maternelle avec les journalistes qu’elle adore (sic), elle ajoute «Ce sera Folies Bergères et Broadway. J’ai dit aux filles: ‘‘Mettez-en plein la vue, vous êtes les meilleures!’’» Mado Lamotte a programmé une vingtaine de numéros de drag queens dont un avec les artistes de la relève, les bébés drags de Sa Majesté… Côté danseurs, et «contrairement aux autres années, ils ne sont plus là pour la déco. Partie intégrante des numéros, les danseurs, plus nombreux, participent vraiment à la chorégraphie de la drag.

Danseurs, drags, acrobates, vrais et faux chanteurs, le programme de cette année rassemble entre 50 et 75 artistes sur scène. Plus théâtral, mais ne vous inquiétez pas, mes chéris, y’aura de la peau, mais j’espère que vous ne venez plus au Mascara pour ça…» demande-t-elle du ton inquisiteur de la reine de pique dans Alice au Pays des Merveilles. Brrr… Et son entrée à elle? Surprise! Comme chaque année. La reine Mado Lamotte épatera ses fidèles sujets par une entrée remarquée dont elle a le secret. Mais comment faire quand on n’a que cinq façons d’entrer sur scène, entre cour, jardin, fond de scène, en venant du public… ou par les airs? «Je les ai toutes faites depuis 13 ans… C’est le seul soir dans l’année où j’ai la chance de changer vingt fois de tenue!»

«Les petits nouveaux, des jeunes de 18-19 ans qui se lancent, ne le font pas toujours pour les bonnes raisons», explique Mado/Luc. «Le syndrome de la star instantanée fait des ravages, mais certains sont à l’aise avec leur orientation et leur corps. Alors qu’on les aurait bloqués dans leur projet autrefois, ils obtiennent maintenant du soutien et des conseils, surtout s’ils ont du talent pour vivre de ça. Les jeunes artistes du monde de la nuit ne sont plus d’élégants porte manteaux», poursuit Luc/Mado. «Il ne s’agit pas seulement de porter une robe en chaloupant sa démarche, mais bien d’avoir un talent multidisciplinaire entre la danse, le chant, le mouvement, le jeu, etc.»

  Mascara



«Si le live n’est pas encore acquis dans le monde des drags, ici, le look androgyne est devenu une valeur sûre, plus que la féminité, pour réussir dans ce métier.» Au regard de sa carrière (toujours si flamboyan-te), Mado, éternelle célibataire - chez elle, c’est un sacerdoce - pourrait être leur grand-mère, mais elle se contentera d’être leur grande sœur, car tout le monde sait bien que Mado n’a jamais que 29 ans… depuis des lustres!

  



«Dans le monde du spectacle, je pense que le Mascara a changé la perception des drags autrefois considérées comme des freaks de la nuit, reprend Luc. Ce sont des performances de haute qualité, qui donnent à nos artistes plus de crédibilité. Ce sont des artistes accomplis et reconnus, qui ont réussi depuis quelques années à gagner le respect en tant que comédiens, acteurs, performeurs. La population, y compris les gais, ne mélangent plus les drag queens avec les filles de la rue Ontario ou les perversions dans les parcs. Cette évolution est parallèle à l’évolution des mentalités au Québec face à l’orientation sexuelle. On peut être fan de hockey sans être un colon», image Luc Provost (Mado à la ville). «Et tous les gais ne sont pas des drag queens ou des gars d’cuir. Si plus de jeunes font leur coming out à 14 ans plutôt qu’à 28, je pense que, grâce à Mado Lamotte, la drag est devenue cool. Dans la culture québécoise, beaucoup de petites communautés ont pu ainsi émerger grâce au développement de leur particularité culturelle. Dans ce sens, le méga événement Mascara est devenu un incontournable des activités de Divers/Cité parce que c’est un des rares événements accessibles à tous les types de public.»

  



«Le Mascara, comme son nom l’indique, c’est LA Nuit des drags, une célébration de la drag queen», reprend Mado. «Plus qu’une revue, le Mascara est aussi la synthèse de ce qui se passe dans l’année. Bien sûr, tous les styles de musi-que qui ont marché sont intégrés dans cette revue de l’année d’un autre genre, mais il n’y aura pas que Lady Gaga, puisqu’on y fera aussi des clins d’œil au passé. Nous rendrons d’ailleurs un hommage à une pionnière et à ses trente ans de carrière…»


Mascara, la nuit des drags
, le samedi 31 juillet, à partir de 20h30, sur la scène Berri-Ontario. L’entrée est gratuite, mais les dons seront évidemment grandement appréciés.




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