Mercredi, 7 Décembre 2022
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    Le renouveau du Village passe-il par une SDC rue Sainte-Catherine est?

    Pour certains marchands et commerçants du Village gai de Montréal, l’avenir de ce secteur passe maintenant par l’établissement d’une Société de développement commercial (SDC). Avec l’appui d’une majorité d’entre eux, une SDC pourra s’occuper du développement commercial et de l’embellissement de l’artère. Elle pourrait également préparer le Village à recevoir les premiers Outgames de Montréal en 2006 ou encore rétablir les ponts entre les commerçants et des organisations comme Divers/Cité. Pour sa part, l’arrondissement de Ville-Marie accorde sa bénédiction au projet et délimite la zone. Mais, pour plusieurs, le temps presse, car, si une SDC doit être implantée, il y a des étapes précises à suivre, et ce n’est pas avant l’été 2005 qu’elle sera opérationnelle. Mais plusieurs craignent de payer les cotisations de ce nouvel organisme.

    Après le centre-ville ouest (Destination Centre-Ville), le Plateau Mont-Royal (L’avenu Mont-Royal), le boulevard Saint-Laurent et le Vieux-Montréal, c’est maintenant au tour des marchands de la rue Sainte-Catherine Est de réclamer l’implantation d’une SDC. C’est que, après un boom commercial et immobilier dans la deuxième moitié des années 1990, le Village connaît maintenant un certain ralentissement, tandis que des locaux se sont vidés et que des problèmes (malpropreté, équipements vétustes, etc.) semblent s’accumuler.

    «C’est une question de qualité de vie. Si on veut que le Village soit agréable, qu’il attire du monde et de nouveaux commerces, alors il nous faut une SDC», de dire Michel Gadoury, propriétaire du Stud et de l’Aigle Noir.

    «Ici, nous avons déjà l’ambiance, l’accueil des gens, mais il nous faut rénover, améliorer le Village. À Toronto les commerçants du Village gai se sont regroupés et ont créé une SDC. Maintenant, ils ont un budget pour organiser des événements, donc nous, nous traînons de la patte ici», de renchérir un autre commerçant aussi très impliqué dans le dossier, Bernard Rousseau, président de Priape. 


    Mais l’ACPV (Association des commerçants et professionnels du Village) ne pouvait-elle pas faire l’affaire? «L’ACPV est une organisation à contribution volontaire et c’est d’elle d’ailleurs qu’émane le processus de création d’une SDC, et ce, au bénéfice de l’ensemble et malgré de maigres moyens. Avec une SDC, nous aurions un budget plus conséquent pour structurer la vie commerciale du quartier et faire des activités», d’expliquer le consultant Guy Corriveau

    En se promenant sur Sainte-Catherine, on peut voir d’ailleurs qu’un certain nombre de commerçants ont affiché dans leurs vitrines leur appui à une telle structure commerciale. Selon M. Corriveau, il y en aurait au-delà de 85 qui endosseraient le projet, soit près du tiers des places d’affaires, et qui ont signé une lettre d’intention ferme à cet égard.

    Mais ce projet de SDC crée des remous dans le secteur et plusieurs s’y opposent parce que les cotisations seront trop élevées et qu’ils ne veulent pas payer. «Il y a des faussetés qui circulent, de poursuivre M. Corriveau. Certains pensent qu’une SDC est une organisation occulte qui prend un secteur en charge et qui décide des priorités. C’est faux, ce sont les commerçants qui décident lors d’assemblées générales publiques. C’est à eux de s’y intéresser, de s’en occuper et de s’y impliquer pour voir qu’est-ce qu’on veut pour notre quartier.» 

    «Il est faux de prétendre que les commerçants seront cotisés à des taux élevés, rajoute M. Gadoury. Ce taux devrait varier entre 1 et 2,5% de la valeur locative des locaux, ce qui représente de 1 à 2 $ par jour par commerçant. Ce n’est pas la fin du monde. De toute façon, la cotisation sera décidée par les marchands eux-mêmes lors d’une assemblée. Mais plus ils vont vouloir des activités, plus ils cotiseront, parce que cela coûtera plus cher, c’est normal. Mais je crois que chaque commerçant devrait vouloir payer une cotisation pour avoir une meilleure qualité de vie dans le Village, pour avoir une vision pour l’avenir, pour attirer de nouveaux commerces diversifiés qui font que c’est tout aussi intéressant de venir se promener dans le Village que sur Saint-Laurent, magasiner ici, etc. Actuellement, les gens ne viennent pas s’y promener parce qu’il n’y a que des bars et des restos, donc il faut travailler à une plus grande mixité et à des activités culturelles.» 


    «L’obstacle majeur d’une SDC, c’est bien entendu la cotisation. Mais l’avantage, c’est que cela nous donnera des moyens et des possibilités pour améliorer le Village et le promouvoir parce qu’il faut aussi prévoir l’après-Outgames. Jusqu’à présent, Montréal a obtenu plusieurs activités internationales rassembleuses (Gala Choruses, le congrès international des clubs gais et lesbiens de danse country, etc.), mais qu’y aura-t-il après? Il faut donc embellir le Village et travailler à d’autres activités futures pour que ce soit encore intéressant pour des touristes de visiter Montréal», de souligner M. Rousseau. 

    Pour l’instant, une estimation approximative dénombre environ 300 places d’affaires dans le secteur. Du côté de la Ville, des calculs complexes indiquent qu’il est nécessaire qu’une cinquantaine de commerçants soient signataires «pour enclencher le processus de demande d’obtention officielle d’une SDC auprès de l’arrondissement», note Jean-Luc Thibault, attaché de presse de l’arrondissement de Ville-Marie. S’il y a des opposants, un registre serait vraisemblablement ouvert à la mi-décembre au bureau d’arrondissement, sinon, après Noël, la machine se mettrait en marche et plusieurs réunions seront requises pour constituer un conseil d’administration, décider des orientations, des cotisations, etc. Finalement, la première année en serait une d’organisation de la structure et de négociation avec la Ville et l’arrondissement. 

    «Je crois fortement à une SDC et, si ça ne passe pas, je ne sais pas ce qu’il adviendra du Village. C’est pour cela que je dis que son avenir passe par une SDC. Si les marchands veulent des fermetures de rue, des projets d’animation, etc., c’est à eux de le décider. On pourrait, par exemple, ramener ici Divers/Cité en subventionnant ses activités. On pourrait aussi étendre encore plus les collaborations avec le BBCM, le Festival des arts ou d’autres promoteurs. Il y a 1001 possibilités (…) Il faudrait aussi élaborer un plan d’identification du Village gai pour le promouvoir. Je trouve déplorable que l’on ait de la misère encore à placer un drapeau arc-en-ciel quelque part. Il faut donc aider les commerçants à identifier ainsi le Village et à ne pas avoir peur. Une SDC appuierait les marchands en ce sens et verrait avec la Ville la façon de l’identifier», de conclure Michel Gadoury. C’est donc après les fêtes, en début d’année, que l’on sera fixé sur la création de cette entité. 

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