Samedi, 3 Décembre 2022
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    15e congrès international sur le sida à Toronto

    La 16e conférence internationale sur le sida s’ouvre dimanche soir à Toronto avec une affluence record pour une semaine de débats scientifiques et manifestations abordant des défis toujours aigus. Vingt-cinq ans après la naissance d’une des pires épidémies de l’Histoire, cette assemblée de 21 000 experts – la plus grande jamais réunie autour de la maladie – intervient à un moment-clé, alors que derrière de réels progrès apparaissent de nouvelles difficultés et la nécessité de renforcer la lutte contre le sida sur un très long terme. 

    «Nous sommes toujours face à une catastrophe. Si nous échouons à faire reconnaître le sida comme un phénomène sans précédent nécessitant un engagement politique exceptionnel, alors cet élan retombera comme un soufflé», prévenait le directeur de l’ONUsida, Peter Piot, dans un récent entretien à l’AFP. Le risque de relâchement est réel alors que, pour la première fois, les statistiques font apparaître une stabilisation du taux mondial de contamination avec même un recul dans une dizaine de pays comme Haïti, le Kenya ou le Cambodge.

    Or ces chiffres cachent de grandes disparités. L’Afrique du Sud, avec 5,5 millions de cas, compte 18,8% d’adultes touchés. Le taux de progression est inquiétant en Inde (5,7 millions), en Europe de l’Est et en Chine. Chaque année, le nombre de porteurs du virus augmente: la planète en comptait 38,6 millions fin 2005, et dans les pays en développement, seuls 20% des malades recevaient un traitement approprié. Quelque 4,1 millions de personnes ont été contaminées en 2005.

    «Il faut faire un meilleur travail sur la prévention», a estimé le fondateur de Microsoft Bill Gates, venu à Toronto avec son épouse Melinda expliquer les priorités de leur fondation philanthropique. L’augmentation du nombre de malades met en péril le financement des traitements, a-t-il souligné devant une foule de journalistes. Le couple milliardaire a choisi de soutenir le développement d’outils de prévention comme le vaccin mais aussi les gels microbicides, source d’espoir pour les femmes qui ne peuvent pas imposer le préservatif à leur partenaire.


    Quelques jours avant la conférence, la Fondation avait annoncé un don de 500 millions de dollars sur cinq ans au Fonds mondial contre le sida, donnant l’exemple d’un de ces engagements à long terme qui font cruellement défaut dans la lutte contre l’épidémie.

    Les fonds publics internationaux ont fortement crû, de 1,6 milliard de dollars en 2001 à 8,3 milliards en 2005. Mais selon la déclaration de l’ONU adoptée en juin, 23 milliards par an seront nécessaires d’ici à 2010 pour combattre efficacement la maladie.

    Passage obligé des célébrités engagées, le congrès verra dans la semaine les interventions de Bill Clinton et de l’acteur Richard Gere, tandis que le concert inaugural dimanche soir devait être assuré par la chanteuse de soul américaine Alicia Keys et que des rumeurs circulent sur la venue d’Elton John.

    Traditionnel lieu de revendication et souvent de colère, le rendez-vous sera aussi celui des manifestations: rassemblement pour l’accès aux soins, marche pour les femmes.

    Jeudi soir se tiendra une veillée pour les victimes. En 25 ans, le sida a fait plus de 25 millions de morts, dont 2,8 millions pour la seule année 2005.

    Surveillez les chroniques de notre journaliste Michel Joanny Furtin toute la semaine sur Fugues.com

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