Samedi, 2 juillet 2022
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    La Princesse aux fins doigts…

    C’est lors d’une promenade matinale que deux femmes se rencontrent sur un banc, dans un bois. De par cette rencontre, elles se racontent et se découvrent, entre amour et amitié.

    Premier roman de l’auteure française Zam, La princesse aux fins doigts a cette particularité de ne nommer aucun nom de personne ou de lieu précis. Une approche qui invite non seulement le lecteur à se fondre dans le décor, mais qui traduit un choix conscient de la part de l’auteure, de protéger son entourage.

    Nadine, qui utilise le pseudonyme de Zam, a débuté son incursion dans l’univers littéraire au début des années 2000 par la publication de poèmes. «À la base, je ne suis pas une littéraire, ce sont les études qui m’ont poursuivie», confie d’emblée la romancière autodidacte, aujourd’hui dans la cinquantaine.

    Elle a par la suite beaucoup lu et appris de l’œuvre de George Sand. «Il y a plusieurs années, je me suis dit que j’aimerais bien écrire une partie de mon histoire. Ça s’est mis dans un petit coin de ma mémoire, et un jour c’est ressorti. Ensuite, il y a eu la rencontre avec Tristane. En janvier, ça fera 7 ans que nous sommes ensemble et ça fait deux ans que l’on a fait le PACS [Pacte civil de solidarité, qui constitue une forme d’union civile]», confie fièrement Nadine. Avec le Président de la République François Hollande, la France est également à l’heure des grandes discussions en ce qui concerne la légalisation du mariage pour les conjoints de même sexe.

    Si Nadine avoue attendre fébrilement que cette loi devienne réalité, elle ajoute à la blague : «Je crois que le Père Noel va nous faire patienter encore une bonne année!» Le fait est que le mariage homosexuel rencontre de nombreuses oppositions en France.

    En ce sens, le caractère anonyme de La princesse aux fins doigts n’est pas étranger à une certaine homophobie : «Dans la petite ville de Bourgogne où je suis née, c’est très difficile, au niveau de la discrimination. Dès que quelqu’un n’est pas marié, les rumeurs courent, les gens parlent en mal… Et dans les petites villes de France, l’homosexualité reste encore souvent très taboue. Par exemple, lorsque j’avais vingt ans, j’ai vu un homosexuel se faire lyncher dans la ville où j’ai grandi. Et comme mes parents habitent toujours dans cette ville, c’est pour ça que j’ai pris un pseudonyme. C’était pour protéger mon entourage», précise Nadine qui vit aujourd’hui à Paris, avec ses filles et sa copine.

    Dans son ouvrage, le caractère personnel et intimiste se rapproche clairement de l’autobiographie : «C’est aussi pour cela que je n’ai pas voulu nommer de noms. Ça donne aussi le choix au lecteur de se positionner à ce niveau-là, de s’identifier aux personnages. Cela dit, j’ai toujours dit qu’un jour je ferais un roman et ce qui m’a fait écrire, c’est mon histoire d’amour. J’ai pris 6 ans pour l’écrire. Pour moi, c’étaient des choses qu’il fallait que je dise, je devais les exprimer, l’écriture est un exutoire», confie Nadine, avouant par la suite que son roman fut en quelque sorte une confession.

    Si souvent l’anonymat est synonyme de distance et de froideur, ce même anonymat dans La princesse aux fins doigts devient, au contraire, très personnel, comme une fenêtre ouverte sur un univers intime, celui d’une femme, de deux femmes, qui se rencontrent. Comme quoi la princesse sauvée par un baiser peut aussi apparaître dans des histoires plus atypiques que celles des contes de Disney…

    La Princesse aux fins doigts / Zam. [France] : Édilivre, 2012, 150p.

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