Jeudi, 30 juin 2022
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    72 ans de littérature lesbienne

    Dans sa plus récente edition, le magazine français Jeanne Magazine nous fait découvrir Margot Lachkar qui rédige actuellement une thèse sur la littérature lesbienne entre 1948 et 2020. De Violette Leduc à Fatima Daas, en passant par Nina Bouraoui, Virginie Despentes et Constance Debré.  Voici un extrait de l’entrevue. Si vous aviez besoin dune excuse pour vous abonner à ce magazine lesbien, la voici.

    Vous rédigez une thèse sur la littérature lesbienne entre 1948 et 2020. Comment et pourquoi vous êtes-vous intéressée à ce sujet et pourquoi avoir choisi cette période en particulier ? 
    Ayant toujours été une grande lectrice, c’est naturellement vers les livres que je me suis tournée après mon coming out. Je cherchais des histoires, des modèles, des personnages qui me ressembleraient. Mais je n’ai rien trouvé dans un premier temps. Puis je suis tombée, grâce à Simone de Beauvoir, sur Violette Leduc, dont j’ai dévoré l’œuvre. J’ai ensuite tiré le fil : un jour, j’ai entendu Nina Bouraoui parler à la radio de son admiration pour Violette Leduc. Alors j’ai dévoré ses livres. Il s’agit en fait d’un jeu de piste : chaque autrice me conduit à une ou plusieurs autres, grâce à des indices qu’on trouve au fil du texte, dans des notes, dans des interviews, ou dans des travaux universitaires. Ces lectures me nourrissent depuis des années, et c’est donc tout naturellement que j’ai choisi cette littérature-là pour ma thèse. Mon corpus commence en 1948, année de publication de L’Affamée de Violette Leduc, et qui est pour moi un roman incontournable de la littérature lesbienne, tant par le contenu que par le style. (…)

    Diriez-vous que la littérature lesbienne reste stigmatisée, ou au contraire qu’elle bénéficie d’une visibilité et d’une représentation qui se sont accrues au fil des années ?
    La littérature lesbienne subit selon moi le même sort que les lesbiennes elles-mêmes : une absence de prise au sérieux qui conduit à une invisibilisation quasi totale. Je n’ai pas étudié une seule autrice lesbienne au collège ou au lycée. Idem en Prépa, puis à l’université en Allemagne. Lorsque j’ai proposé mon sujet à mon directeur de mémoire, qui était proche de l’âge de la retraite, j’ai appris qu’il n’avait encore jamais dirigé de mémoire sur une autrice lesbienne.

    Retrouvez l’intégralité de cette belle rencontre dans le numéro #82 de Jeanne Magazine.

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