Mercredi, 22 septembre 2021
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    Retracer une partie de l’histoire des communautés LGBTQ+

    Les Archives gaies du Québec (AGQ) proposent cet été non pas une mais deux expositions. On aura droit à «Parcours des lieux historiques 2SLGBTQ+» en coopération avec Fierté Montréal (voir article à ce sujet dans la section Fierté), mais d’abord sur la rue Sainte-Catherine Est, on nous présentera «Les Murs ont des oreilles», une expo sur les panneaux rétroéclairés en étroite collaboration avec la Société de développement commercial (SDC) Village Montréal.

    «Ce sera en effet un été très occupé pour les Archives. Nous sommes très contents de pouvoir collaborer avec ces deux organismes, explique Pierre Pilote, coordonnateur des Archives. Nous sommes très heureux aussi de montrer au public deux expositions différentes, qui touchent toutes les deux à l’histoire de la communauté LGBTQ+. Et surtout, également, très heureux de pouvoir participer aux activités de la piétonisation de la rue Sainte-Catherine. C’est merveilleux !» 

    «J’ai hâte de voir l’effet des panneaux dans le Village. J’espère que ça permettra de voir le Village pas seulement comme lieu de consommation ou de tourisme, mais aussi comme un lieu avec une valeur émotive et historique. J’espère aussi que ça permettra au public d’en apprendre plus sur l’histoire LGBTQ2S+, qui est négligée dans les écoles, et, hors des institutions scolaires, souvent présentée sous un angle très américain. Il y a des connections bien sûr avec le mouvement gai québécois et l’histoire américaine, mais l’histoire des États-Unis ne peut pas être présentée comme un récit universel. Finalement, j’espère que l’expo encouragera une réflexion sur la subjectivité de l’histoire et la diversité des expériences parmi les communautés LGBTQ2S+», de commenter V. Samoylenko, commissaire de l’exposition Les Murs ont des oreilles et bachelier en histoire et Public History with Internship Option de l‘Université Concordia. 


    Des lieux passés et actuels
    Sur 30 panneaux rétroéclairés, on pourra voir des photos de bars, de manifestations, d’événements et de diverses marches et ce, avec des textes explicatifs en français et en anglais. «Cette exposition couvre une période allant du début des années 1970 jusqu’à nos jours», indique Pierre Pilote. Les Murs ont des oreilles présente sept narrateurs et narratrices qui ont bien voulu raconter leurs histoires personnelles, leur relation avec des lieux, avec des situations, entre autres, des gens queers, lesbiennes, gais, etc., des personnes d’ici, francophones ou anglophones, et des immigrants. Sur le site web des Archives, on peut même les entendre, comme si ces personnes vous parlaient personnellement à vous…

    Façade originale du Au Deux R.] Crédit photo – Michel Turgeon. 1984.

    «L’exposition est divisée par quartiers : même si certains lieux se trouvent en dehors des quartiers mentionnés, ils sont regroupés en fonction de leur proximité pour en faciliter la localisation, et aussi pour en permettre la mise en contexte historique de certains», précise V. Samoylenko.


    Des quartiers où se rassemblaient les LGBTQ+
    On retrace donc ici l’histoire de la communauté LGBTQ+ avec ses bars et lieux dans le centre-ville ouest, sur le Plateau Mont-Royal – où il y a eu, par exemple, plusieurs établissements pour les femmes lesbiennes en particulier –, dans le Red Light District et dans le Village (dans le Centre-Sud, soit ce qu’on appelle maintenant l’arrondissement de Ville-Marie). «Ce qui est intéressant, c’est qu’on montre des photos d’archives de lieux, de bars, etc., mais aussi de lieux actuels où il y a eu des bars, des restos, etc., mais dont les traces se sont effacées avec le temps et les décennies qui sont passées», souligne Pierre Pilote. Pour cet aspect photographique, c’est Marion Daigle qui s’en occupe à la coordination de cette exposition avec le graphiste Jean Logan qui a la charge de tout le design. Il faut mentionner, par contre, que ce n’est pas exhaustif. Ce n’est pas une liste complète de tous les établissements qui ont existés.

    Évidemment, avec peu de moyens financiers, c’est grâce à la collaboration de la SDC Village Montréal que cette exposition peut être parcourue par le public lors de cette 15e piétonisation de la rue Sainte-Catherine Est. «C’est une exposition à petit budget, dit Pierre Pilote. Nous avons un excellent partenariat avec la SDC et son directeur général, Yannick Brouillette. Il nous a beaucoup aidé et il a vraiment fait beaucoup pour que cette exposition se réalise puisque c’est la SDC qui nous prête ses panneaux rétroéclairés et qui finance l’impression de ce qu’on verra affiché sur ceux-ci. Nous avons aussi l’appui du Comité LGBTQ+ de Desjardins. Et on ne peut pas ne pas mentionner aussi Fugues qui est partenaire des Archives depuis très longtemps.»

    Façade originale du Bud’s] Le Bud’s était aussi tout près du Jardin et du Lime Light, qui étaient aussi des lieux fréquentés par les gais. Crédit photo : Michel Turgeon. 1984. Fonds Association des bonnes gens sourds. Collection des Archives gaies du Québec.

    INFOS | L’exposition Les Murs ont des oreilles sur la rue Sainte-Catherine, du 15 août au 4 octobre.

    Et ensuite à parcourir sur le site des Archives gaies du Québecagq.qc.ca
      

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