Vendredi, 3 Décembre 2021
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    Le projet de loi 2 met à risque les enfants trans, non-binaires et intersexes

    Jeunes identités créatives s’oppose aux aspects discriminatoires de la réforme du droit de la famille et dénonce spécifiquement les modifications en matière de droit de la personnalité et d’état civil du projet de loi 2 déposé par Simon Jolin‑Barrette.

    Pour Jeunes identités créatives, la limitation de l’obtention d’un changement de mention de sexe aux personnes ayant reçu une chirurgie modifiant l’apparence des organes génitaux  (article 23) est nécessairement inacceptable. Elle vient ramener la situation des jeunes trans  et non-binaires à celle précédant nos luttes de 2015 ayant eu gains en 2016, ostracisant ces jeunes qui, rappelons-le, doivent attendre leur majorité pour obtenir des chirurgies de ce type. 

    Jeunes identités créatives se positionne contre la perspective essentialiste qu’implique une telle injonction. La mission de notre organisme se centrant autour de la valorisation des parcours distincts, il est insensé de concevoir qu’un gouvernement qui prétend à lutter pour les droits des personnes 2SLGBTQIA+ puisse entrevoir une régulation basée sur l’uniformisation des expériences de transition. 

    Dans cette perspective, les articles prétendant inclure les personnes intersexes sont pareillement inquiétants dans la mesure où ils viennent placer ces personnes dans une classe distincte où se trouve indirectement encouragée leur mutilation génitale. 

    «La CAQ nous dit : “C’est le temps pour le Québec de se projeter dans l’avenir.” Dommage que ce projet de loi nous ramène radicalement vers l’arrière.», affirme Ky Fleming, coordonnateur de Jeunes identités créatives. 

    L’ajout d’une mention de genre distincte de la mention de sexe, unique aux personnes trans, non-binaires et intersexes, vient particulariser leurs expériences et les condamne à devoir dévoiler leur transitude. Cette expérience les met à risque de subir des discriminations et de la violence et ainsi, de les priver indirectement de services essentiels à leur bien-être (soins de santé physique et psychologique, activités sportives et culturelles, éducation, etc.).  

    Depuis sa création, Jeunes identités créatives s’inscrit en adéquation avec les recherches et mène ses luttes dans ces perspectives. En 2015, le dépôt de la loi 35 avait amené notre organisme a rappeler, par un mémoire, la nécessité que le changement de mention de sexe soit permis aux personnes de moins de 18 ans. Cela visait à éviter aux jeunes trans d’abord des difficultés quotidiennes par la non-coïncidence entre leur identité civile et leur identité de genre, mais principalement des situations au potentiel grandement discriminatoire et stigmatisant.

    Les jeunes fréquentant notre organisme portent le poids de cette lutte. Plusieurs ont eu, dans un contexte de représentation légale, à exposer leurs souffrances pour accorder une valeur expérientielle aux réclamations et recevoir l’écoute des instances décisionnelles. Le retour en arrière qu’annonce le projet de loi actuel rouvre les blessures trop récentes de ces jeunes et de leur famille. 

    Comme le conclut Chloé Viau, présidente par intérim du Conseil d’administration: «Ce sont toutes les générations de personnes trans au Québec qui ont salué avec fierté l’application de la loi en 2015. Ce nouveau projet de loi 2 est un recul apparent, discriminatoire, aussi une trahison envers notre communauté.» 

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