Mercredi, 7 Décembre 2022
• • •
    Publicité

    Campagne de financement du GRIS-Montréal, à quoi serviront vos dons?

    Vous l’avez sans doute vu sur Fugues.com, le GRIS-Montréal a procédé au lancement de sa campagne le 28 septembre dernier avec l’objectif d’amasser 350000$. Cette année on a choisi le thème «Quand les préjugés reculent, la société avance». À quoi servent les sommes recueillies ? En fait, il ne sert pas qu’à payer le loyer et du «staff». Il y a la formation des bénévoles intervenants, il y a eu l’adaptation au «virtuel», il y a la recherche effectuée avec des institutions, etc. Tout cela a un coût. Les subventions gouvernementales ne comptent environ que 15% du budget total de l’organisme. C’est donc dire que le reste, près de 85%, provient des dons amassés durant la campagne. 

    Si vous ne le savez pas encore, la mission du GRIS est de défaire un par un les préjugés liés aux réalités des personnes LGBT+ et de faire de la démystification de l’identité de genre et d’orientation sexuelle dans les divers établissements (écoles primaires et secondaires, cégeps, universités, etc.) et ce, depuis 1994. Pour cela, le GRIS-Montréal se fie à ses 250 bénévoles intervenants, toute une grande famille ! L’an dernier, on a récolté la coquette somme de 487 810$ et ce, en temps de pandémie et de confinement. «Cela avait été un record pour nous puisque toutes nos activités de financement avaient été annulées en raison du confinement. Nous étions très fiers du résultat», de dire Catherine Duclos, la présidente du conseil d’administration du GRIS-Montréal.

    Le budget récurrent basé sur les subventions gouvernementales compte pour environ 10 à 15% en temps normal. «Ce qui est récurrent en moyenne, c’est 12% du budget provenant de sources gouvernementales, donc tout le reste doit provenir d’autres sources», indique Catherine Duclos. Mais 2020 fut une exception à la règle puisque, étant au début de la pandémie de coronavirus, les gouvernements ont voulu appuyer les organismes communautaires. Au total, le GRIS avait reçu 418 000$, dont 300 000$ du fonds Femmes et égalité des genres du Canada. Une subvention d’une durée de deux ans.


    Le coût relié aux interventions
    «Pour faire de l’intervention, cela représente pour le GRIS, un coût de 20$ par élève, poursuit Catherine Duclos. En moyenne, on rencontre 30 000 étudiant.e.s par année. Il y a la formation des bénévoles – soit trois jours en deux week-ends –, puis il y a la formation en continue des bénévoles pour maintenir leurs connaissances, comme l’apprentissage du nouveau vocabulaire LGBTQ+, etc. Par exemple l’an passé, les proches de personnes trans sont venus témoigner de leurs expériences devant des élèves, c’est très intéressant d’expliquer cette réalité aux jeunes parce que la communauté évolue tout le temps, mais il faut former ces bénévoles, les préparer aux questions que les jeunes vont poser le plus souvent, etc. C’est du temps, mais c’est aussi de l’argent.»

    L’année passée, le GRIS, malgré la pandémie, a effectué 672 interventions. En temps normal, il y a environ plus de 1 000 présentations, donc «on a atteint presque 70% du niveau habituel d’intervention ce qui, dans ce contexte, est très bon. Les professeurs ont continué de nous inviter», dit Catherine Duclos. La majorité de ces interventions étaient en virtuel puisque les écoles étaient fermées, il a donc fallu former les bénévoles intervenants puisqu’en virtuel la dynamique est complètement différente de celle où l’on intervient en classe. «Cela nécessite une adaptation de la formation des bénévoles», continue la présidente du GRIS.« Lorsqu’on est sur un écran, on ne voit pas comme dans une classe la réaction des jeunes, c’est totalement différent. Il n’y a pas, non plus, la même interaction entre les intervenants, on se doit de développer une toute nouvelle approche pour que ce soit à la fois intéressant et dynamique. Et cela a un coût aussi que de former les bénévoles.»


    Briser l’isolement des jeunes 
    Pour certains jeunes, cependant, ces interventions ont fait beaucoup de bien. On l’a vu, en 2020, comment plusieurs d’entre eux et elles ont vécu des moments difficiles dans cet isolement durant le confinement. «Certains jeunes se sont retrouvés coupés de leurs ami.e.s et dans un environnement familial parfois hostile», rappelle Catherine Duclos. «Même si nos interventions étaient virtuelles, pour certains, c’était un des rares contacts qu’ils pouvaient avoir avec cette réalité qu’est la leur alors qu’ils étaient isolés. C’est là qu’on voit combien c’était important de garder ce contact, cette présence auprès des jeunes.»

    Le GRIS collabore aussi avec des institutions. Avant et après chaque intervention, un questionnaire est remis aux jeunes. Toute cette matière est ensuite analysée grâce à des partenariats avec des universités et des cégeps. «Donc, il faut continuer cette recherche sociale, il faut la faire rouler et une partie des fonds sert à ça aussi», de noter Catherine Duclos. Il y a également le programme «Le GRIS part en tournée» puisque le GRIS-Montréal n’a pas que des attaches métropolitaines et cherche à rejoindre le plus de jeunes possible dans la province. «On désire que nos témoignages puissent briser la distance et donc l’isolement de certains jeunes à travers des partenariats locaux avec d’autres GRIS ou avec des institutions locales», rajoute Catherine Duclos. Le GRIS-Montréal a donc soutenu le GRIS de la Gaspésie et celui établi en Acadie par l’envoie d’équipes de formation pour les aider à intervenir chez eux et de manière adaptée. Le virtuel a permis aussi à cet organisme de faire une intervention jusqu’au Japon !  

    «Le défi de la campagne du GRIS-Montréal de cette année est de rester une priorité pour les donateurs et donatrices malgré la pandémie. On a parlé énormément des services essentiels. Mais on voit, également, qu’il y a de plus en plus de polarisation dans la société en ce moment. Il s’agit donc de maintenir la présence du GRIS et inviter au dialogue et à l’ouverture. Que les gens, les entreprises puissent voir le GRIS comme un tel service essentiel pour les jeunes, pour leur épanouissement et leur cheminement», conclut Catherine Duclos, présidente du conseil d’administration de l’organisme.


    INFOS | www.gris.ca

    Abonnez-vous à notre INFOLETTRE!

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité