Vendredi, 28 janvier 2022
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    EAC Constructions montre la porte aux employé.e.s queerphobes

    Sur les chantiers de EAC Constructions, parmi d’innombrables travailleurs hétéros, on retrouve des employé.e.s gais, lesbiennes, bisexuelles et trans à qui l’on assure un climat de travail sans discrimination. Et c’est loin d’être une promesse en l’air! Les dirigeants de l’entreprise montrent la porte aux membres de leurs équipes qui font des commentaires homophobes, biphobes, transphobes, queerphobes, misogynes ou racistes.

    Dans un milieu réputé pour sa masculinité toxique, ses blagues salaces et ses commentaires déplacés, c’est rien de moins qu’une petite révolution que propose la PME basée dans le Village. On doit cette vision à Nicolas Wegel, aussi connu pour avoir fondé l’équipe de rugby LGBTQ+ Armada Montréal. Il y a six ans, l’entrepreneur a réfléchi activement aux trop nombreuses blagues qu’il jugeait déplacées au travail : « Tiens donc pas ton marteau comme un fif » ou « Mets-toi pas avec une femme si tu veux que ça avance ». « Sur les chantiers, je voyais que ça ne choquait que moi, dit-il. Quand j’en ai parlé à mon partenaire de travail Damien, il me disait que c’était des blagues anodines et qu’il ne voyait pas de problème, mais mes explications l’ont interpellé. On a décidé de voir si on pouvait éviter ces blagues et ces réflexions au travail. À partir de ce moment, il s’est rendu compte à quel point c’était présent ».

    Désormais, EAC explique sa position dès l’entretien d’embauche. « Certains candidats ne sont pas restés à cause de ça. » Sur le terrain, quand des paroles ou des comportements ne correspondent pas à leurs valeurs, ils vont d’abord avertir la personne fautive. « Environ 95% du temps, les commentaires déplacés sont de l’ordre de la non-connaissance, affirme M. Wegel. Il faut leur faire réaliser que ce qu’ils trouvent drôle peut être mal pris par quelqu’un d’autre et qu’il ne te le dira pas forcément, car il n’a pas envie de se sentir mal au travail et d’être montré du doigt. Ensuite, si le comportement se répète et que la personne n’a pas le goût de changer, on va se séparer de l’employé. »

    Eve Faucourt

    Lorsque Eve Faucourt a postulé chez EAC, elle ignorait que la PME s’affichait pro-LGBTQ+. Elle a néanmoins choisi de les informer de son orientation sexuelle. « Après des années à travailler dans des domaines non traditionnels pour les femmes (mécanique de chantier, soudage-montage, ébénisterie), j’ai fait face à beaucoup de jugements, d’hypocrisie et de commentaires dans mon dos. Ce sont des métiers où les femmes ne sont pas toujours les bienvenues, alors si en plus tu es lesbienne, tu dois composer avec un lot de critiques ou de fantasmes de gars hétéros. Ce ne sont pas toujours des plaisanteries homophobes, mais souvent sexuelles. J’avais atteint ma limite. Je ne voulais plus travailler pour une compagnie dans laquelle je vivrais des conflits et des malaises. »

    Il était donc important pour elle de prendre le pouls de la compagnie. « Ils m’ont rapidement informé que leur entreprise était inscrite à la Chambre de commerce LGBTQ+ et que plusieurs de leurs employé.e.s faisaient partie de la communauté. » En effet, sur les chantiers, le tiers des employé.e.s sont membres de la communauté, alors qu’ils représentent les deux tiers dans les bureaux. Dans un cas comme dans l’autre, l’ambiance est positive et ouverte. « Je n’ai pas à m’inventer une vie, à faire croire que j’ai un chum ou à employer le masculin lorsque je parle de ma blonde, ni à prétendre que je suis célibataire pour que cessent les questionnements, précise Eve. Je peux discuter ouvertement avec mes collègues de ce que j’ai fait avec ma blonde durant la fin de semaine. Parfois, ils viennent boire un verre chez nous. Je ne sens pas de jugement ni de regard. C’est normal pour eux. »

    Les employé.e.s ne sont pas les seul.e.s à profiter de cette ouverture affichée et protégée. La clientèle apprécie elle aussi de composer avec des équipes diversifiées et bien plus ouvertes que la moyenne. « On reçoit énormément de courriels et d’appels de client.e.s qui disent se sentir en sécurité et écoutés, et qui n’ont plus l’impression qu’on les prend pour des moins que rien parce qu’ils sont gais ou parce qu’ils ne savent pas tenir un marteau. Les gens se sentent plus en confiance. Le fait que nos employé.e.s sur le chantier se sentent libres d’être qui ils et elles veulent, ça contribue certainement à l’ambiance très positive.


    INFOS| eac-construction.com

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    1 COMMENTAIRE

    1. C’est très bien et on les félicite mille fois, mais sur leur page d’entrée, on peut encore lire l’intitulé ‘Nombre d’employés’, alors qu’un ‘Nombre d’employé.e.s’ parlerait encore davantage pour toute personne voulant postuler ou les engager.

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