Lundi, 4 juillet 2022
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    Premier album solo du baryton Dominique Côté

    Lorsque la pandémie a frappé, Dominique Côté était en pleine tournée de Nelligan, qui venait de faire un tabac au TNM. Voyant ses contrats annulés les uns après les autres, le baryton a été tétanisé pendant des mois, jusqu’à ce qu’il se mette en mode projets et solutions et qu’il décide d’enregistrer son premier album solo, Amour et fantaisie : Mélodies de Lionel Daunais, qui vient de paraitre.

    Qui est Lionel Daunais ?
    Dominique Côté : Un auteur-compositeur-interprète, metteur en scène, directeur artistique, animateur radio et comédien québécois. Il a fondé les Variétés lyriques, la première compagnie de théâtre lyrique à Montréal qui a duré 20 ans, et le Trio lyrique pour lequel il a écrit plusieurs chansons folkloriques à personnages.

    Comment as-tu marié le chant classique à des œuvres influencées par la chanson française ?
    Dominique Côté : En y allant très simplement au niveau vocal et en mettant le texte en avant. Comme je venais de chanter Nelligan, une œuvre un peu hybride entre music-hall et classique, je l’ai abordé de la même façon. Même s’il [Lionel Daunais] a écrit quelques poèmes un peu plus impressionnistes et des évocations amoureuses, environ 90 % de ses mélodies sont des scénarios de trois minutes. Si on n’est pas dans l’interprétation de ces histoires, les airs perdent de leur intérêt.

    Avec ton expérience en jeu, j’imagine que tu as été très attiré par l’idée de raconter en chantant.
    Dominique Côté : Complètement ! C’est une musique pour laquelle j’ai beaucoup d’affinités et de facilité. Certains autres chanteurs lyriques ont une façon d’aborder la musique par la ligne vocale : leur priorité est que le son ne bouge jamais. Cependant, Daunais ne demande pas ça. Quand on écoute ses enregistrements d’époque, on ne perd pas un mot de ce qu’il dit.

    Depuis quand penses-tu à cet album ?
    ÇDominique Côté : a fait longtemps que je ramasse des partitions de Daunais, qui ne sont pas faciles à trouver. Il ne s’en vend pas beaucoup en magasin et ça ne se trouve presque nulle part. Il y avait un travail de recherche à faire. J’en ai d’abord entendu parler par ma première professeure de chant, Lucette Tremblay, qui l’avait connu et qui possédait certaines de ses pièces chez elle. Puisque son œuvre est théâtrale, elle avait le pressentiment que ça m’interpellerait.

    As-tu aimé ça d’emblée ?
    Dominique Côté : Oui ! Je me suis demandé pourquoi on ne le connaissait pas mieux et pour quelles raisons il ne faisait pas partie du patrimoine culturel québécois, alors qu’il était là au tout début des créateurs en musique, dans les années 1930. J’ai vite compris que j’aimerais enregistrer cette musique-là un jour, mais j’avais besoin de temps et de me bâtir une réputation pour qu’une compagnie de disque veuille le faire avec moi.

    Quels ont été les autres effets de la pandémie sur ta carrière ?
    Dominique Côté : Mon année 2020 a été annulée. J’avais des contrats majeurs dans plusieurs maisons d’opéra à Québec, Lausanne, New York et Washington. Rien de cela n’a été repris depuis. Sans oublier Nelligan qui était sur un grand air d’aller : on achevait la tournée prévue avec le TNM, mais on devait continuer pendant plusieurs semaines. On ne sait toujours pas si on pourra reprendre, car c’est un gros show avec beaucoup de monde. J’ai aussi perdu plusieurs plus « petits » concerts et récitals.

    Outre ton album, qu’est-ce qui a émergé dans ta vie professionnelle durant cette période ?
    Dominique Côté : Au début, j’étais désemparé ! Après des années à ne plus trop me poser de questions sur ma carrière, puisque tout se bookait très bien, je ne savais pas quoi faire. Après six mois, je me suis ressaisi et je me suis souvenu que j’étais comédien à la base. Je me suis inscrit à des ateliers de jeu avec l’Union des artistes. J’ai mis mon ego de côté et j’ai fait comme les débutants pour me remettre dedans et voir où j’étais rendu, car la dernière fois que j’avais joué à la caméra, je personnifiais des jeunes universitaires. Là, je suis plus rendu à jouer des jeunes papas. Tout ça a été hyper bénéfique pour moi. Je me suis découvert une liberté de jeu que je n’avais pas du tout à l’époque. J’ai refait mon démo d’acteur, passé des auditions, rencontré des directeurs de casting, fait quelques tournages et repris le doublage.

    Quels sont tes projets à venir ?
    Dominique Côté : Les 27 et 28 mars, je chanterai des cantates de Bach avec les Violons du Roy à la Salle Bourgie de Montréal. Je travaille fort pour mettre en place une tournée de l’album Daunais : c’est une musique faite pour être chantée sur scène. J’ai envie d’enregistrer d’autres albums solos dans le futur, dont un qui serait constitué de poèmes amoureux entre hommes. Je veux aussi en faire un avec un compositeur québécois connu et un autre sur un poète français. 6

    INFOS | www.dominiquecote.net

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