Lundi, 27 juin 2022
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    Une audience avec Jann Arden

    L’auteure-compositrice-interprète albertaine Jann Arden est devenue célèbre en 1993 avec son premier album Time for Mercy et son simple I Would Die for You. Arden a depuis sorti 17 albums, inscrit 19 simples dans le Top 10 et est devenue une reine de tous les médias, en tant qu’animatrice productrice de balados, autrice à succès et vedette de sa série télévisée à succès JANN sur CTV au Canada et HULU aux États-Unis.

    L’artiste et personnalité musicale bien-aimée — également admirée pour son esprit aiguisé et sa bonne humeur — a été intronisée au Panthéon de la musique canadienne en 2020. Elle a publié, en octobre 2020, If I Knew Then : Finding Wisdom in Failure and Power in Aging (Penguin Random House Canada), la première partie de ses mémoires et elle a enregistré son nouveau 15e album studio, Descendant, pendant la pandémie, avec les producteurs Bob Rock et Russell Broom.

    Arden sera au MTELUS à Montréal le 20 mai prochain, dans le cadre de sa tournée pancanadienne actuelle. Nous nous sommes récemment assis pour discuter ensemble.


    Tu as démarré 2022 très fort avec ton nouvel album Descendant. La COVID a-t-elle revigoré ton écriture de chansons ?
    Jann Arden : Oh, certainement ! J’étais tellement contente d’en sortir, même si j’ai eu peur les huit premières semaines de la pandémie. Comme beaucoup d’entre nous, je ne savais pas ce qui se passait, quelle était cette chose qui nous arrivait sur la planète. Puis j’ai pris mon mal en patience et me suis dit : « Oh, mon Dieu, je peux enfin profiter de ma maison. Je n’ai pas à faire une valise la semaine prochaine. Et je viens de commencer à écrire des chansons. » Mon ami Russ Broom a un studio à Calgary et nous avons été la bouée de sauvetage de l’un et l’autre. On a fait attention, on a porté le masque. Puis nous avons réalisé : « Tu es dans ma bulle ». Et j’ai commencé à écrire comme une déchainée. C’est pourquoi il y a tant de chansons sur ce disque. Nous avons probablement écrit 25 chansons et 15 d’entre elles sont sur Descendant.


    Ce 15e album studio témoigne de ta remarquable longévité. Ton public t’est fidèle et a grandi avec toi.
    Jann Arden : C’est super de grandir et d’évoluer avec les gens. Il y a beaucoup de confort à vieillir et à prendre de l’âge parce qu’on vit sa vie sans trop de doutes. Et je sais, quand je me produis en concert, que je regarde une mer de visages qui commencent aussi à vivre leur vie sans aucun doute. Ainsi, tout le monde peut s’asseoir et profiter de la soirée et simplement écouter ce que je dis et partager son expérience avec la personne à côté d’eux. C’est assez spécial. Je suis tellement remplie de gratitude pour les gens qui m’ont accompagnée pendant 30 ans. Certains d’entre eux sont avec moi depuis 40 ans ! Ils me disent : « Je te suis depuis que tu es dans les bars, à Smithers et à Yellowknife, à Dawson Creek et à Churchill. Je t’ai vue dans des bars à Prince George. » C’est donc remarquable pour moi qu’ils soient avec moi depuis si longtemps.


    As-tu déjà été virée d’un concert dans un bar ?
    Jann Arden : Ça m’est arrivé de boire, pas mal… mais je ne pense pas que nous ayons déjà été virés. Je pense que nous avons définitivement été prévenus. Et moi qui répondais : «Oh merde !»


    Tous les artistes ne sont pas charismatiques. As-tu toujours su que tu avais cette qualité ?
    Jann Arden : Eh bien, il est difficile de rester à côté de soi et de penser en ces termes. Mais une chose que j’ai réalisée très jeune, c’est que j’étais éternellement optimiste, ce qui est une partie très essentielle de la vie humaine. J’ai certainement fait face à la dépression dans ma vie, mais je suis vraiment tellement optimiste que les choses iront mieux. J’étais déterminée, sans savoir que c’était de la détermination. Et ma mère m’encourageait constamment. Je veux dire, je suis petite, trapue, je n’avais rien de spécial pour attirer l’attention physiquement. Mais j’ai réalisé que dans le secteur du divertissement — ​​et de la musique en particulier — vous pouvez monétiser le simple fait d’être exactement qui vous êtes. Essayer d’être quelqu’un d’autre ? Quelle perte, parce que vous passez à côté de ce qui est unique en vous. Il n’y a personne d’autre comme toi dans l’univers. Et les gens disent toujours : « J’aimerais être plus comme ça », souhaitant une autre vie. Et c’est triste
    pour moi.


    Y a-t-il déjà eu des pressions de l’industrie musicale pour t’inciter à avoir une certaine apparence ?
    Jann Arden : J’ai une bonne histoire à ce sujet. Quand Insensitive a remporté un grand succès aux États-Unis, j’ai été invitée à une réception avec le président de mon label — A&M Records à l’époque. CeCe Peniston et Amy Grant et tous ces gens étaient là. J’ai été ramenée à mon hôtel sur Hollywood Boulevard ce soir-là avec un groupe de personnes et j’ai été la dernière personne à sortir de la voiture. Alors que j’étais sur le point de sortir, le président — qui était un très grand homme fumant un cigare — s’est penché vers moi et m’a dit : « Jann Arden, tu es à 30 livres d’être une superstar dans ce pays. » J’étais sans voix. Je suis restée assise un moment, puis je suis montée à l’étage et j’ai appelé mes parents. Ma mère a dit sans hésiter : « Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu ne voulais plus prendre de poids ? » Ça m’a fait rire. C’est ma mère, ça, tout craché : regarder la vie avec un point de vue différent. Je ne pense même pas que le président de l’époque essayait d’être malveillant. Mais je me suis dit intérieurement : « Mais qu’est-ce qui te fait penser que je veux devenir une superstar ? »

    Ta série télé JANN est drôle et édifiante. Tu as dit que la bisexualité de ton personnage est inspirée de tes propres expériences hors écran. Comment était-ce pour toi de grandir et d’accepter ta propre sexualité ?
    Jann Arden : Je me souviens d’avoir été sous la douche un jour quand j’avais probablement 18 ou 19 ans — donc, assez tard dans le jeu parce que j’avais eu des petits amis au lycée et lors de ma première année à l’université —, je me souviens avoir embrassé cette fille nommée Leslie. J’étais tellement amoureuse d’elle. Et je me suis dit : « Oh, mon Dieu, il y a une option ! » Mon monde entier s’est ouvert de façon exponentielle. Je me souviens d’avoir pleuré à propos de cette fille qui m’avait brisé le cœur et de mon père, qui était ce gars conservateur, il a dit : « Chérie, nous t’aimerions même si tu étais rose avec des taches violettes. » J’ai eu tellement de chance que mes parents m’ait soutenue. Je sais que je fais partie des personnes très chanceuses. Je suis tellement contente d’être moi. Je suis tellement heureuse de pouvoir faire partie d’une communauté talentueuse, courageuse et résiliente. Je suis très fière d’être une personne queer.

    Et même si je n’en ai pas beaucoup parlé dans ma carrière professionnelle, je n’essayais pas de cacher quoi que ce soit. J’étais juste une personne très privée. Cela n’a rien à voir avec ma musique. Mais pour le spectacle, je savais qu’il était important d’être là pour les enfants de Prince Rupert ou de North Vancouver ou de la Saskatchewan rurale. Je savais que nous avions besoin de visibilité dans notre émission et j’ai eu l’occasion de célébrer l’homosexualité et d’avoir un personnage qui a traversé la vie avec audace et sans vergogne. Je suis très fière de nos scénaristes et je suis vraiment fière de la série.


    Ma scène préférée dans JANN est quand tu te chicanes avec Sarah McLachlan à propos d’un « chouchou à cheveux ». Et pas mal de gais ont absolument adoré ta réplique : « Who’s in the arms of an angel now, bitch! » (« Qui est dans les bras d’un ange maintenant, salope ! »). Comment est-ce que c’était de filmer cette scène avec Sarah ?
    Jann Arden : Pouvoir dire ça à Sarah… (Rires.) Elle a tellement ri ! Elle devait approuver le scénario et je vais vous dire qu’elle s’est présentée préparée. Je l’admire tellement. Évidemment, j’ai été fan de Sarah McLachlan toute ma vie. Pouvoir faire cela avec elle a été l’un des grands moments de ma carrière.


    C’est une scène iconique !
    Jann Arden : Merci !


    Tu as tout fait. Tu es également très engagée sur Twitter où tu t’exprimes souvent sur le bien-être animal. Tu es la reine de tous les médias. Que voudrais-tu faire d’autre ? Que dirais-tu de JANN The Musical pour la scène ?
    Jann Arden : Oh, mon Dieu, je n’en sais rien ! Mais je passe un bon moment. Je viens de remettre mon premier roman à mon éditeur chez Penguin Random House Canada. Je suis sûre qu’il y aura beaucoup d’édition et de travail à faire là-dessus. Cela pourrait être une merde complète, cela pourrait finir à la poubelle, mais c’était une telle joie de travailler et une énorme courbe d’apprentissage. Alors je m’occupe. Je suis heureuse de continuer à écrire de la musique et à tourner. Je suis très heureuse d’être à ce stade de ma vie et d’être en assez bonne santé.


    Qu’est-ce que ça te fait d’être considérée comme une légende vivante – parce que tu l’es, Jann ?
    Jann Arden : C’est très gentil et je suis flattée et je prends ça humblement. Les gens avec qui j’ai travaillé sont incroyables. Je suis si reconnaissante. J’ai eu tellement d’aide en cours de route. Je vais continuer à essayer de bien faire les choses, de faire mieux et d’être plus indulgente. J’espère que je ferai plus de bien que de mal dans cette vie.


    INFOS | Jann Arden sera la tête d’affiche de MTELUS le 20 mai.
    Pour acheter des billets, visitez : wwwevenko.ca et jannarden.com


    Ce texte a été traduit par Yves Lafontaine. Pour lire la version originale en anglais visitez l’onglet ENGLISH.
     

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