Mardi, 27 septembre 2022
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    Sarahmée pour enflammer la Fierté

    Première artiste hip-hop à être nommée dans la catégorie « Révélation de l’année » au Gala de l’ADISQ, en 2019, la rappeuse Sarahmée ne cesse de faire parler d’elle depuis. Bien que la jeune femme de 35 ans roule sa bosse dans l’industrie de la musique au Québec depuis une bonne quinzaine d’années, elle traverse enfin des années phares sur le plan de la visibilité, avec notamment une participation au Bye Bye de fin d’année. Si l’été dernier, elle était parmi les têtes d’affiche du spectacle de clôture de Fierté Montréal pour présenter Poupée russe, son troisième album en carrière, elle sera de retour cette année pour enflammer la scène de FéminiX.


    Pour sa performance au spectacle, « c’est sûr qu’il va y avoir des surprises ! », répond d’emblée une Sarahmée en feu qui s’apprête à célébrer sa première Fierté officielle avec le public, puisque lors des années précédentes la pandémie avait forcé la rappeuse à offrir une performance lors d’une captation préenregistrée. « Je veux vraiment tout donner à ma communauté, que les gens trippent, qu’on soit ensemble et qu’on danse, c’est vraiment l’esprit que je veux amener », explique celle qui n’a jamais eu l’occasion d’assister à une Fierté à titre de spectatrice membre de la communauté ! Si la musique a ce pouvoir de divertir, elle vient également libérer les mœurs.

    Des évènements comme Fierté Montréal peuvent être catalyseurs d’importantes prises de conscience identitaires pour nombre de jeunes et de moins jeunes, et Sarahmée le sait très bien : « C’est important la représentation. De voir de loin la Fierté et constater les avancées, ça fait partie de mon cheminement dans mon propre parcours de vie. De pouvoir faire partie de cet évènement et d’être sur scène, pour moi, c’est gros! Et on doit voir des femmes noires, car on est présentes dans cette communauté. Aussi, appartenir à une communauté qui comprend mes batailles et mes questionnements, c’est important. Il y a aussi des discussions qu’on n’avait pas avant, donc je suis contente de voir qu’il y a une évolution. » « Un sujet qui sera toujours d’actualité », ajoute Sarahmée, « tant que les gens continueront à subir des discriminations. »

    Si le spectacle FéminiX de cette année propose une belle brochette d’artistes LGBTQ+ féminines, force est d’admettre que cela n’a pas toujours été le cas. Cette visibilité récente ne fait guère oublier que les femmes de la diversité sexuelle demeurent souvent les moins visibles de l’acronyme LGBTQ+. « Pour ma part, j’ai plusieurs combats simultanés et je souligne ceux qui font des changements inclusifs, mais je le souligne encore plus lorsque ça dure dans le temps. Je constate que, souvent, dans la société, on va faire un changement temporaire très en surface, puis après derrière les portes, il n’y a pas de changement. Je crois que les initiatives doivent partir de plus haut et de plus loin […]. Il faut continuer pour que ça devienne une norme afin que les gens puissent se reconnaitre. Moi, pour la Fierté, je me mets à la place d’une autre jeune fille noire qui va venir voir FéminiX ou autre et je me dis WOW !, car dans la communauté afro-caribéenne c’est encore tabou, donc pour moi c’est important d’être là. C’est pas juste pour être vue, c’est pour que les gens comprennent qu’on peut y arriver et qu’il faut prendre notre place et la garder. C’est beaucoup de travail, mais c’est important, car on a des choses à dire. 

    C’est de la représentation et quand j’y suis, c’est aussi pour passer un message. » Sarahmée a d’ailleurs passé haut et fort un message sur l’importance de la visibilité lesbienne alors qu’elle recevait le prix Visibilité lors de la Journée de visibilité lesbienne en avril dernier. « Ça m’a vraiment touchée, car dans mon travail de tous les jours il n’y a pas tant de gens de la communauté LGBT. Ça m’a réconfortée de voir autant de lesbiennes dans la pièce et ça m’a confirmé que je voulais plus de gens queers autour de moi, notamment au niveau de ma carrière. » D’ailleurs, la carrière de Sarahmée la mène aux quatre coins du monde avec le tournage de la série Elles qui sera télédiffusée au printemps 2023 : « Ça avance bien, nous sommes rendus au pays 7 sur 12.

    On était au Sénégal la semaine dernière, donc ça m’a fait extrêmement de bien de rentrer dans mon autre chez-moi et de rencontrer des femmes extraordinaires et d’apprendre encore plus sur ce qu’elles vivent au quotidien. On est allés au Mexique, aux États-Unis, en Allemagne et en Espagne et il reste à visiter le Brésil, l’Asie, puis un retour en Afrique à l’automne », explique celle qui compte terminer « ce cadeau » en décembre. Au-delà de cette aventure humaine extrêmement enrichissante, Sarahmée compte bien prendre des vacances d’ici la fin de l’année, tout en créant de la nouvelle musique sous peu. Et même un peu de repos, avec famille et amis, de ce qui s’annonce déjà comme une année faste. En terminant, vous ne serez pas surpris.e.s d’apprendre que Sarahmée compte bien être de la marche du défilé afin de participer à sa première Fierté à titre de spectatrice. 


    INFOS | Sarahmée sera du spectacle FéminiX le 6 août sur la scène du Casino de
    Montréal à l’Esplanade du Parc olympique / www.fiertemtl.com

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