Jeudi, 29 septembre 2022
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    Quelque chose en moins… ou en plus


    Née en 1950 à Marseille, Galia Salimo a marqué l’univers des salles de spectacles et autres cabarets parisiens de personnifications féminines à partir de la seconde moitié des années 60. Dans cette toute nouvelle autobiographie, l’artiste nous entraine dans un voyage à la fois public et intimiste à travers les premières décennies de sa carrière.

    Public puisque son cheminement se ponctue au rythme de ses apparitions dans différents spectacles et boites de nuit et intime puisqu’elle en présente également les coulisses. Née dans un corps d’homme au sein d’une famille conservatrice, c’est à l’âge de 5 ans qu’elle fait la lecture d’un article sur Coccinelle, première artiste française à subir une chirurgie de réattribution sexuelle, et qu’elle réalise progressivement qu’il lui est possible d’être la femme qu’elle aspire.

    Galia quitte Marseille à 17 ans et navigue, pendant un certain temps, entre la Belgique et Paris, où elle prend le temps de s’affirmer, dans son corps et dans son âme, avant d’installer ses pénates dans la capitale de l’Hexagone. Dans son sillage, on fréquente l’Alcazar, le Carrousel, le Palace, Madame Arthur et le Queen, alors qu’elle s’impose progressivement comme la « reine des nuits parisiennes ».

    Au fil des pages, elle présente ses joies comme ses coups durs, la découverte des cabarets, ainsi que l’influence et le soutien d’une sororité trans. C’est donc en bonne compagnie que le lecteur ou la lectrice s’inscrit dans l’exploration de lieux de divertissement plus marginaux, d’une recherche identitaire essentielle et des balbutiements des traitements hormonaux, mais également dans la découverte d’un contexte social que l’on ne soupçonne pas.

    Par exemple, lorsqu’elle parle de l’impérative nécessité de reprendre une apparence masculine lors du passage des frontières ou encore du harcèlement systémique des forces policières. Ces dernières ont en effet le champ libre puisqu’un décret stipule alors qu’il est « interdit aux hommes de s’habiller en femmes en dehors de la période du carnaval », sous peine d’une incarcération minimale de dix heures et d’une amende salée. Certaines femmes trans ont ainsi pris l’habitude de conserver un petit duvet dans leur sac à main afin de se tenir au chaud lors d’un séjour au poste de police.

    Galia Salimo présente très simplement un quotidien ponctué de petits riens, ainsi que de rencontres fondamentales qui ont marqué, chacune à leur manière, son existence et sa carrière.


    INFOS | Quelque chose en moins… ou en plus / Galia Salimo. Paris : Robert Laffont, 2022, 301 p.

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