Samedi, 4 février 2023
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    Variole simienne : l’heure du bilan

    Dans la dernière année, l’inquiétude liée à la pandémie de COVID-19 a laissé place à une autre maladie : la variole simienne. À Montréal comme à travers le monde, cette infection — qui se transmet par des contacts étroits et prolongés — a particulièrement affecté les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. La vaccination qui a eu cours dans les derniers mois a toutefois ralenti les ardeurs de la maladie, alors qu’au Québec environ 30 000 personnes sont allées chercher une première dose.

    Geneviève Bergeron, responsable du dossier de la variole simienne pour la santé publique de Montréal, s’est entretenue avec Fugues afin de faire le point.

    PHOTO : Geneviève Bergeron

    À l’heure actuelle, quel bilan dressez-vous de la situation concernant la variole simienne à Montréal ?
    Geneviève Bergeron : On a eu une grande baisse des cas dans les dernières semaines et c’est un phénomène qui est reflété mondialement. On voit ça aussi dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis.

    La vaccination a été un atout vraiment important pour diminuer le nombre de cas à Montréal. Elle a été disponible très tôt et la population a vraiment été au rendez-vous. Parce qu’on n’a pas beaucoup de doses, on y est allé d’abord avec une stratégie d’un vaccin par personne, mais depuis le 6 octobre on a la deuxième dose qui est offerte à tout le monde. On voit que ça a porté fruit avec le nombre de cas qu’on a eus à Montréal comparativement à ailleurs, dans d’autres parties du monde.

    Faudra-t-il, à l’instar du vaccin contre la COVID-19, s’attendre à devoir recevoir plusieurs doses du vaccin ?
    Geneviève Bergeron : Ça va rester à voir. Il peut y avoir un rappel deux ans plus tard qui peut être fait. C’est sûr que ça va vraiment dépendre de la situation, c’est impossible à prédire pour l’instant. On sait qu’il y a une bonne protection avec la première dose, mais elle est encore meilleure avec une deuxième dose. On encourage les gens qui rencontrent les indications de vaccination à se faire vacciner maintenant, pour être prêts pour la suite. On ne la connait pas la suite : c’était inattendu qu’on ait une épidémie de variole simienne, surtout dans les populations LGBTQ. On préfère donc être prudent. On a les vaccins de disponibles.

    La variole simienne affecte particulièrement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Y a-t-il eu des défis afin d’éviter la stigmatisation de ces personnes ? En rétrospective, auriez-vous changé quelque chose ?
    Geneviève Bergeron : Le but, ça a été vraiment d’avoir une stratégie de communication par la communauté, pour la communauté. On a travaillé de manière très, très rapprochée avec des organismes communautaires, comme l’organisme RÉZO, avec qui on avait déjà des liens, et qui a été au rendez-vous pour la transmission de messages, pour avoir leur son de cloche pour que ce ne soit pas stigmatisant, pour savoir comment rejoindre les communautés affectées. On voulait que les gens soient au courant, donc il fallait qu’on passe par des canaux qui étaient adaptés à la situation. On ne voulait pas faire des messages grand public, il n’y avait pas d’intérêt à faire ça. La mobilisation communautaire a été là, donc ça nous a beaucoup aidés. Après, à savoir si s’il y a eu un stigma… c’est toujours un risque [dont] on est conscient depuis le Jour 1. Comment ça a été perçu par les communautés ? On est à la période des bilans et des évaluations, donc on est encore ouvert à entendre ce qu’on aurait pu mieux faire dans le contexte.

    Y aurait-il un message que vous aimeriez adresser à la population en guise de conclusion ?
    Geneviève Bergeron : La deuxième dose, c’est vraiment le message qu’on essaie de faire passer. C’est sûr que là ce n’est pas la même situation qu’on avait en mai-juin, mais on ne connait pas l’avenir. Donc pour les gens qui respectaient les critères pour la première dose, aller chercher la deuxième dose [ce] serait très important. Aussi, avoir une petite dose
    d’humilité. On ne connait pas la suite, on est toujours à risque d’importation.

    N. B. : L’entrevue a été effectuée au début du mois de novembre. Il se peut évidemment que la situation concernant la variole simienne ait évolué depuis.

    INFOS | Pour vous faire vacciner (pour la première ou la deuxième fois) contre la variole simienne : portal3.clicsante.ca

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