Samedi, 18 mai 2024
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    Voyager dans l’archipel de Malte, le paradis méconnu de la Méditerranée

    Malte sera classée pour toujours dans le tiroir mémorable de mon esprit. Hôte de l’EuroPride du 17 au 23 septembre dernier et considéré comme le meilleur pays européen pour les minorités sexuelles, l’archipel est un carrefour de cultures, d’histoires, de saveurs et de beautés comme il s’en fait peu.

    En fouillant un peu, j’ai appris que l’Association internationale des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et intersexes (IlGA) plaçait Malte — depuis des années — dans le haut d’un classement des pays européens établi en fonction de 66 critères (égalité des droits, non-discrimination, famille, lutte contre les discours et les crimes haineux, reconnaissance légale des différents genres, respect de l’intégrité physique, place accordée dans la société publique, droit d’asile). Tout récemment, Malte a reçu la note de 89,29 %, alors que la Belgique arrivait deuxième avec 76,37 %.

    Au-delà des statistiques, le petit archipel est l’endroit où je me suis senti le plus en sécurité parmi la vingtaine de pays visités sur quatre continents. À toute heure du jour et de la nuit, je n’ai jamais eu peur d’aller où je le désirais. Mes ongles colorés n’ont attiré aucun regard. Les baisers que j’ai donnés à un charmant Maltais sur une place publique n’ont pas généré la moindre réaction. Il y a aussi un bar gai au cœur d’un secteur très couru, San Giljan. Cela dit, la perfection n’existe pas. Fort d’une tradition catholique encore très implantée, le pays continue d’interdire l’avortement. Et les réalités de l’immigration ont de quoi faire sourciller. En effet, plusieurs citoyen.ne.s m’ont expliqué que le gouvernement maltais faisait scintiller un paradis de l’emploi et du bien-être aux personnes immigrantes, avant de leur imposer des conditions de travail souvent abjectes, des salaires dérisoires, des appartements surpeuplés et insalubres, voire le retrait de leur visa. Mais avant de jeter aux oubliettes l’idée de découvrir Malte, n’oublions pas que plusieurs pays prisés des touristes, comme les États-Unis, prennent également des décisions discutables en ce qui concerne ces enjeux.

    Confluent des mondes
    Après deux vols et une escale, je suis arrivé dans ce pays influencé depuis des siècles par le Moyen-Orient, l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Ayant parfois des airs de Bordeaux, de Beyrouth, d’Istanbul ou de Tunis, l’archipel offre une mixité absolument fascinante en matière de saveurs, de langues et de visages. Jadis dominé — entre autres — par l’Empire byzantin, les Arabes et les Britanniques, jusqu’à son indépendance en 1964, Malte porte encore des traces de toutes ces époques et de toutes ces cultures. Sans oublier la grande influence de l’Italie, alors que la Sicile se trouve à seulement 88 kilomètres au nord-ouest.

    Étendu sur 316 km2 et composé de huit îles, l’archipel est principalement connu pour les îles de Malte, Gozo, Comino et Manoel, les quatre seules qui sont habitées. J’ai visité trois d’entre elles, dont deux valent vraiment le détour. Malgré les couleurs fantasmagoriques de ses eaux et ses falaises fascinantes, Comino se résume à une destination pour se baigner, surpeuplée de touristes en maillots (même en basse saison), sans plage sablonneuse, aux infrastructures déficientes et peu sécuritaires. Le trajet en bateau pour s’y rendre était sympa, mais les autres merveilles de l’archipel méritent davantage le détour.

    La Valette, la valeureuse
    Plutôt que de passer trois à cinq jours sur place comme la majorité des gens, j’ai consacré treize jours à l’archipel pour avoir le temps de tout faire et de relaxer, afin de ne pas rentrer épuisé. Le séjour a débuté de grande façon à Sliema avec un déjeuner au dernier étage de l’hôtel 115 The Strand, avec vue imprenable sur la ville historique de La Valette. À partir de là, j’ai marché jusqu’au Fort Tigné pour admirer les vestiges d’autrefois, avec les bruits de la mer en arrière-plan, avant de poursuivre jusqu’à San Giljan, où j’ai apprécié les baies Spinola et Balluta, avec leurs multiples bateaux et baigneurs. Puis, grâce au système d’autobus hautement fonctionnel (malgré quelques retards), j’ai visité La Valette, la ville fortifiée dont chaque millimètre mérite qu’on s’y attarde.

    Véritable joyau baroque, la capitale maltaise est une ode à l’histoire avec ses remparts, sa cathédrale Saint-Jean (à la décoration archi-saturée et archi-éblouissante), les jolis jardins de l’Upper Barrakka et la démonstration militaire de coups de canon tous les après-midis. Si le Musée national d’archéologie permet aux esprits curieux de contextualiser l’histoire maintes fois millénaire de l’archipel, la Republic Street et la Merchant Street permettent aux personnes gourmandes de se sustenter et aux autres de faire les boutiques. Je pensais alors avoir eu accès au plus beau de Malte, mais j’avais tort. Grâce à l’autobus climatisé doté du Wifi, j’ai mis les pieds sur l’une des Trois Cités, Il-Birgu plus précisément, en écarquillant mes yeux devant l’extrême beauté des lieux environnant le Fort Saint-Ange et la baie remplie de luxueux bateaux appartenant à des Anglais.es, des Russes et bien d’autres qui viennent flasher leur richesse sur l’île.

    Gozo, la traditionnelle
    Le reste du voyage a nécessité la location d’une voiture (à très faible prix) et l’apprentissage intensif de la conduite à droite (héritage britannique oblige). Après une heure de route et un trajet de traversier (très ponctuel) de 30 minutes, j’ai découvert Gozo, à mi-chemin entre la modernité et la ruralité. Un conseil : restez sur les routes principales et asphaltées pour éviter un moment de panique dans les étroits chemins accidentés que Google Maps suggère parfois. Gozo est faite de plusieurs villages charmants entourant Victoria, plus imposante, mais tout aussi séduisante. Sa citadelle, absolument remarquable, offre un point de vue à 360 degrés sur les alentours. D’ailleurs, mon passage sous un ciel dramatique (une rareté) était particulièrement mémorable.

    Même si j’avais vu plusieurs églises sur l’île de Malte et que mon intérêt pour les reliques sacrées dure rarement très longtemps, j’ai visité avec joie la Basilique Notre-Dame Ta’ Pinu, avec ses murales extérieures magistrales et son allure instagrammable. J’ai poursuivi ma route pour découvrir la fameuse mer intérieure et la Dwejra Bay, là où pendant longtemps les touristes se rendaient pour admirer la vue à travers l’Azure Window, aujourd’hui écroulée. Malgré son caractère hautement touristique, je m’en voudrais de ne pas mentionner la vue obtenue à partir de la Tal-Mixta Cave. S’il faudra vous armer de patience durant la succession de prises de photo et résister à l’envie de pousser quelques personnes en bas, il reste que cette cave donnant sur la baie de Ramla et sa plage de sable roux est indiscutablement majestueuse. Non loin, vous pourrez apprécier les marais salins de Marsalforn, qui vous donneront l’impression d’avoir débarqué sur la Lune. Bien des gens se rendent aussi à l’est de Victoria pour visiter les temples de Ggantija, plus vieux que les fameuses pierres de Stonehenge, mais mon absence d’enthousiasme pour les vieilles pierres m’a poussé vers d’autres splendeurs.

    Retour à Malte
    Après cet intermède à Gozo, je me suis aventuré dans un autre secteur de Malte. Hébergé dans la jolie Rabat, je suis allé chaque jour dans la spectaculaire Mdina, probablement l’une des plus belles vieilles villes que j’ai vues à vie. Si le fait de déambuler suffit pour être catapulté dans le passé et se sentir béat devant tant de beauté, un dessert aux jardins de thé et une fin de soirée sur les remparts à observer des feux d’artifice quotidiens ont de quoi éblouir. Malgré le caractère magnétique de la Mdina, j’ai quand même pris le temps de découvrir le village de pêcheurs de Marsaxlokk, de me rendre au point le plus haut de l’archipel, Ta’ Dmejrek, et de faire un tour à la jolie Grotte bleue. Malte est forte de son histoire d’une richesse insurpassable, de sa gastronomie multiculturelle, de ses langues qui se mélangent, de ses paysages à couper le souffle et de ce sentiment de bien-être qui nous suit jour après jour.

    INFOS | https://www.visiter-malte.com

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