Jeudi, 18 avril 2024
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    Héros de notre histoire Claude Gai

    Né au sein de la famille Sanschagrin, le 13 août 1936 dans le quartier Saint-Henri, à Montréal, il prendra à la scène le nom de Claude Gai — et rendra célèbre la fameuse Duchesse de Langeais !

    Mais avant cela, iI fait ses débuts dès l’âge de 14 ans dans une troupe d’amateurs, le Cercle dramatique Chez nous. Passionné d’opéra, il prend des cours de chant et de pose de voix, et perfectionne sa diction avec Sita Riddez. « Il commence sa carrière de comédien comme semi-professionnel dans les années 60 au cœur des groupes Les Apprentis-Sorciers et Les Saltimbanques qui seront deux des compagnies à la source du Théâtre d’Aujourd’hui 1. »

    Après avoir campé avec brio le personnage de Claude dans En pièces détachées, il incarne en 1970, toujours au Théâtre de Quat’Sous, la Duchesse de Langeais. Le monologue de cet Édouard vieillissant, il le reprendra à de multiples occasions, autant sur les planches qu’au grand écran dans le film Il était une fois dans l’Est. Le comédien explique : « C’était la première fois, je pense, qu’on voyait au théâtre québécois un homosexuel sur scène, parlant un langage cru que tout le monde comprenait 2. »

    Travesti plutôt triste qui a été abusé par son cousin Léopold à l’âge de six ans, le voici attablé seul à la terrasse d’un café dans un pays du Sud. Il boit pour oublier que son amant Peter vient de le quitter. Passant de l’attendrissement au cynisme, il évoque les frasques de sa vie mondaine d’antan en se remémorant ses amours passées. C’est la première apparition du personnage que l’on retrouvera dans plusieurs œuvres, entre autres Les clefs du Paradise où Michel Tremblay retrace sa genèse  : « “Je suis Antoinette de Navarreins, duchesse de Langeais, carmélite déchaussée et vendeuse de chaussures !” répète Édouard, le soir, dans son lit, avec un faux accent français 3. »

    Parallèlement à ce rôle fétiche qui le suivra tout au long de sa carrière, Claude Gai sera de la distribution de plusieurs productions théâtrales certes, mais également cinématographiques et télévisuelles. Parmi les grands classiques au théâtre, rappelons En attendant Godot de Samuel Beckett en 1971, le personnage de Ragueneau dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand  et celui de Thomas Diafoirus dans Le Malade imaginaire. Sans oublier Maître Jacques dans L’Avare et Almanzor dans Les Précieuses ridicules en 2003. Il incarnera également un dénommé Gaston Grenaille (Les Balançoires), un maître d’éducation physique (Le Bourgeois gentleman), et un sténographe (Being at home with Claude), passant ainsi de la Nouvelle Compagnie Théâtrale au TNM, du théâtre de Quat’Sous au Théâtre Expérimental des Femmes et au Théâtre Denise Pelletier en 1994 dans Comme il vous plaira, une traduction de Normand Chaurette 4. »

    À l’écran, en 1972, il est inscrit au générique de Théâtre de fond de cour, un documentaire produit par l’ONF qui « expose l’influence marquante du dramaturge Michel Tremblay et du metteur en scène André Brassard sur l’émergence d’un théâtre propre au Québec durant les années 1960 5. » Au fil des ans, il personnifiera tour à tour un restaurateur dans La Tête de Normande St-Onge, Jacques Lapointe dit « Coco » dans Le soleil se lève en retard, un proviseur dans la fable poétique Tinamer de Jean-Guy Noël, adaptée d’un roman de Jacques Ferron, Émile Lalancette dans la comédie J’en suis ! de Claude Fournier, et un employé de sauna dans Hochelaga de Michel Jetté qui, en 2000, remportera le Grand prix des Amériques au Festival des films du monde de Montréal et le Prix Génie du meilleur film, l’année suivante.

    À la télévision, Claude Gai apparaîtra dans des émissions culte, dont Sol et Gobelet ainsi que Moi et l’autre (II), et dans de nombreuses  séries comme Le Gutenberg, À cause de mon oncle, Les tisserands du pouvoir, Urgence, Bunker le cirque, et Juliette Pomerleau, la mini-série scénarisée par Claude Fournier d’après le roman d’Yves Beauchemin. On se souviendra aussi de ses interprétations de l’abbé Mailloux dans le feuilleton Les Fils de la liberté, du député fédéral dans Desjardins : la vie d’un homme, l’histoire d’un peuple, et du comptable René Matte dans Super sans plomb.

    Claude Gai est décédé en 2007. Il avait 70 ans.


    Notes
    1-https://www.theatralites.com/post/3-février. Consulté le 8 octobre 2022.

    2-Le Soleil. Cité dans : https://ici.radio-canada.ca/arts-spectacles/ PlusArts/2007/02/07/006claude_gai.asp. Consulté le 7 octobre 2022.

    3-Marie-France Bornais, « La naissance de la duchesse de Langeais », Le Journal de Québec, 2 novembre 2013 : journaldequebec.com. Consulté le 8 octobre 2022.

    4-https://www.theatralites.com/post/3-février. Consulté le 8 octobre 2022.

    5-https://www.onf.ca/film/theatre_de_fond_de_cour. Consulté le 9 octobre 2022.

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