Mercredi, 19 juin 2024
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    Les réfugiés de la Conférence mondiale sur le sida à Montréal

    Près d’une personne sur six ayant participé en 2022 à la Conférence mondiale sur le sida à Montréal ont demandé le statut de réfugié.e après la tenue de l’événement, selon des documents officiels obtenus par et cités par La Presse Canadienne.

    Les documents mettent également en lumière le fait qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a eu du mal à collaborer avec l’organisateur de l’événement, l’IAS, afin d’éviter un refus massif de visas. Ainsi, quand la Conférence a démarré, des dizaines de délégué.e.s venant d’Afrique et d’Asie n’ont pas pu venir soit parce qu’ils ou elles n’avaient pas de visa, soit en en raison de l’absence de réponse à leur demande. Cela a même concerné des personnes ayant pourtant obtenu des bourses du gouvernement canadien pour participer à cet événement.

    Tous les pays n’ont pas été traités de la même façon. En amont de cette Conférence, Ottawa a rejeté 83,5 % des demandes de visa venant du Népal, 55,8 % de celles venant du Nigeria, 53,6 % de celles venant du Pakistan et plus de 40 % de celles venant du Cameroun, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie et du Ghana. Les difficultés ont été telles que les organisateur.trice.s de la Conférence ont critiqué le ministère des Affaires étrangères et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour leur incapacité à régler le problème. Les documents obtenus par La Presse Canadienne, en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, montrent que 1 020 demandes de visa pour la Conférence ont été rejetées, soit 36 % d’entre elles. Par ailleurs, une autre série de 10 % n’avait toujours pas été traitée à la fin de l’événement. Le Canada a finalement délivré 1 638 visas pour la Conférence. Les documents font état du fait « qu’au moins 251 personnes, soit environ 15 % des participant[.e.s], ont
    demandé l’asile après être entrées au Canada », à la suite de la Conférence.

    Comme l’a expliqué à La Presse Canadienne Robert Blanshay, un avocat de Toronto spécialisé dans les questions d’immigration, les congrès et les événements sportifs sont l’une des rares occasions qui permettent à des personnes persécutées dans leur pays de venir au Canada en toute sécurité. « Je ne suis pas du tout surpris qu’il y ait eu certains participants qui ont décidé de ne pas rentrer chez eux et qui ont plutôt demandé le statut de réfugié », a-t-il souligné. « Tant mieux pour eux. Si c’était leur seule façon de demander l’asile dans un autre pays, alors ainsi soit-il. »

    Du côté du gouvernement, on estime que les problèmes sont imputables à l’IAS, qui n’aurait pas respecté les procédures de demandes ni respecté les délais.

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