Alan Scott : Green Lantern

Alan Scott occupe une place prépondérante au panthéon des héros de DC puisqu’il y apparaît, dès juillet 1940, comme premier porteur du titre de Green Lantern, soit quelques années à peine après l’arrivée de Superman (avril 1938) et de Batman (mars 1939) et un an avant celle de Wonder Woman (octobre 1941).

Il est également le seul héros de l’équipe originelle à avoir affirmé son homosexualité et une toute nouvelle minisérie en révèle enfin le parcours inspirant. En 2011, DC avait bien publié une série où il s’affichait ouvertement, mais le récit se déroulait au 21e siècle et dans un univers parallèle (Terre 2) : il n’est donc pas considéré comme canon.

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Cette nouvelle série élimine toute notion de multivers, derrière lequel on range si aisément les personnages issus de la diversité, et l’auteur Tim Sheridan, en compagnie du dessinateur Clan Tormey et du coloriste Matt Herms, nous présente l’histoire officielle d’un héros qui émerge au cœur d’une époque où l’intolérance est le pain quotidien des communautés LGBTQ.

Le premier numéro de la série joue cartes sur table, alors même que J. Edgard Hoover, directeur du FBI, fait chanter Alan Scott à l’aide de photographies compromettantes. Son objectif étant de contrôler la Justice Society of America par l’intermédiaire de la marionnette que constituerait Green Lantern. En effet, en 1941, l’homosexualité est non seulement considérée comme une maladie mentale, mais également comme un acte criminel passible de 20 ans de prison.

Alan Scott baigne ainsi dans une culture de haine de soi qui l’amène d’ailleurs à tenter une thérapie de conversion à l’asile d’Arkham, où il est confronté à l’horreur de pratiques médicales qui confinent à la torture. Cette recherche identitaire n’est cependant qu’en toile de fond d’un récit et d’une enquête plus complexes qui s’articulent en deux temps.

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Cinq ans plus tôt, au cours d’une mission secrète où il découvre l’amour entre les bras du caporal Johnny Ladd, il est confronté à une flamme pourpre qui lui octroie ses pouvoirs tout en causant la mort de son amant. Quelle est la nature de cette flamme et pourquoi l’a-t-elle choisi ? En 1941, il réalise qu’un imposteur agit en son nom et que la dépouille d’un criminel porte de troublantes ressemblances avec celle du caporal Ladd. Mais pour quels motifs ?

Le récit propose une reconstitution historique soignée et alterne entre scènes d’action et d’introspection. Il ajoute également de nouveaux éléments à la mythologie de ce premier Green Lantern : l’anneau qui lui confère ses pouvoirs est un cadeau du caporal Ladd et la lanterne verte, porteuse d’énergie, est confectionnée par Billie, une femme trans croisée à l’asile d’Arkham.

Les trois premiers numéros posent bien les enjeux auxquels est confronté Alan Scott, que ce soit en tant qu’homme gai ou au regard du mystère qui plane autour de ses origines, de la mort de son amant et des forces qui œuvrent dans l’ombre et tentent d’usurper son identité. Ce dernier élément constitue d’ailleurs peut-être une allégorie des nombreux enjeux identitaires auxquels il fait face.

La série est limitée à six numéros et c’est avec impatience qu’on ne peut qu’attendre les révélations finales entourant l’un des tout premiers héros des écuries DC.

INFOS | Alan Scott : Green Lantern / Tim Sheridan, Cian Tormey & Matt Herms. États-Unis : DC Comics, 2023-. (6 numéros)

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