Mercredi, 21 février 2024
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    Haley Robinson se reconnecter avec son identité

    Haley Robinson est à la fois actrice et créateur de contenu. À travers ses vidéos, iel partage sa vie et son processus de « reconnexion » avec ses origines cries et philippines, parfois avec humour, parfois avec pédagogie. Originaire d’Alberta, Haley Robinson vit désormais à Ottawa, et se réjouit de voir la représentation queer et autochtone augmenter dans nos médias, ce qui explique — entre autres — son enthousiasme de pouvoir collaborer avec la campagne MADE/NOUS.

    Comment as-tu commencé à faire du contenu sur les réseaux sociaux ?
    HALEY ROBINSON : Grosso modo, c’était une manière pour moi de pouvoir rejoindre ma communauté. J’ai commencé mon parcours de reconnexion avec ma culture crie et ma culture philippine durant la pandémie. Je ne pouvais pas vraiment parler à personne et je ne connaissais personne de descendance crie ou filipino ou de personnes adoptées comme moi. J’ai donc commencé à faire des publications en mode « Hey, est-ce que d’autres personnes comprennent ce que je vis ? » Je ne m’attendais pas à grand-chose de ça mais, finalement, je me suis trouvé une communauté à travers l’Amérique du Nord, ce qui est fou. Maintenant, mes abonné.e.s sont comme mes ami.e.s. On est dans cette aventure, ensemble, depuis maintenant des années et c’est fantastique.

    Tes vidéos sont parfois drôles, parfois éducatives. C’est important pour toi de varier l’approche de tes vidéos ?
    HALEY ROBINSON : 100 %. J’essaie toujours d’être le plus honnête et authentique par rapport à qui je suis, donc il y a des moments où je vais être plus pédagogique et expliquer certaines choses, et il y a d’autres moments où je vais être le clown de la classe. J’aime être en mesure d’être qui je suis, et si les gens n’aiment pas ça, c’est correct, et s’ils aiment ça, alors super.

    Quelle est la genèse de ta collaboration avec MADE/NOUS ?
    HALEY ROBINSON : Quand on m’a approché, je ne savais pas grand-chose sur MADE/NOUS. Puis, en regardant leur page en ligne, j’ai vu une de mes actrices préférées, Devery Jacobs, de Reservation Dogs. Je me suis dit : « Si elle s’implique auprès d’eux, ça doit être bon ! » En faisant plus de recherches, j’ai vu qu’ils mettaient en valeur le contenu canadien.

    Je me disais que c’était vraiment cool, parce que, étant à la fois actrice et créateur de contenu, je peux voir la réalité des médias traditionnels et des nouveaux médias, et je constate à quel point il y a un fossé entre ces deux mondes. J’aimerais pouvoir créer un pont entre ces deux mondes.

    J’aimerais aussi mettre en valeur les jeux vidéo, parce que j’en suis une grande amatrice. [Aussi], en tant que personne autochtone et queer, je vois tellement des créateurs autochtones qui sont dans les médias traditionnels et nouveaux et je pense que ces personnes font du travail exceptionnel que personne ne voit.

    Te sens-tu représentée dans la culture ?
    HALEY ROBINSON : On ne fait que commencer à voir de la représentation en ce moment. Je sens que la boule de neige commence à rouler, mais que ça ne fait que quelques années. Et c’est pour ça que je parle de mon identité et que je recherche une communauté : parce que je n’ai pas pu avoir ça en grandissant.

    Dans tes vidéos, tu parles ouvertement de ta bispiritualité et de ton processus de « reconnexion ». Que veulent dire ces deux termes pour toi ?
    HALEY ROBINSON : Pour moi, être une personne bispirituelle signifie que je vis en harmonie avec à la fois ma masculinité et ma féminité. Historiquement, ces personnes étaient hautement respectées dans leur communauté, autant chez les Autochtones que chez les Philippins.

    La reconnexion, ça a été très important pour moi. Ça a changé ma vie. Je suis adoptée d’une famille blanche, et donc je me suis toujours senti différent. Je ne comprenais pas pourquoi je me sentais différent, et je n’avais personne avec qui je pouvais me connecter. J’ai donc senti que je devais vivre ce mode de vie blanc hétéronormatif, que tout le monde suivait alentour de moi. Je ne voulais pas sortir de cette bulle. Déjà que j’ai un TDAH, je ne voulais pas en ajouter…

    Puis, j’ai commencé à faire face (coping) à cette situation avec des mécanismes malsains : je suis devenu dépendante aux drogues et à l’alcool et à faire la fête. Pendant ce temps, je repoussais tout le monde autour de moi. La reconnexion a été pour moi une manière de m’aider à devenir sobre et d’enfin être confortable avec mon identité.

    Y a-t-il du contenu canadien qui t’a marqué dans ta vie ?
    HALEY ROBINSON : En grandissant en Alberta, j’ai visionné beaucoup de contenu « rank » (répugnant) — si ça a du sens — comme Trailer Park Boys ou Letterkenny.

    J’ai uniquement commencé à regarder Letterkenny il y a trois ans. Une de mes amies, l’actrice mohawk Kaniehtiio Horn, était dans la série. Ça a été une forme de représentation autochtone pour moi. Elle m’a aussi dit qu’elle faisait la voix de la mère de Connor dans Assassin’s Creed. Elle est si exceptionnelle.

    Un commentaire pour conclure l’entrevue ?
    HALEY ROBINSON : Je suis membre de l’escouade Sexfluent. Sexfluent est une organisation à but non lucratif que l’on peut retrouver en ligne. Sexfluent est un projet de la Fondation canadienne de recherche sur le sida, et sensibilise sur des sujets comme la santé mentale, la santé sexuelle et la réduction des risques.

    J’aurais aimé avoir ce genre d’information accessible facilement quand j’étais jeune. Ça m’aurait aidé à me sentir en sécurité, mais aussi à aider les autres.

    INFOS | https://www.instagram.com/celebronsnous/
    https://www.tiktok.com/@made_nous

    NOTE DE LA RÉDACTION : Haley Robinson utilise n’importe quel pronom, et souhaite une alternance dans les accords/adjectifs.

    Cet article a été rendu possible grâce au soutien de NOUS | MADE

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