Liliane Blanco-Binette, humoriste avec ou sans filtre

En janvier 2023, d’innombrables adeptes de Big Brother Célébrités tombaient sous le charme de Liliane Blanco-Binette, jeune humoriste effervescente, sensible et spontanée, qui faisait déjà un malheur sur les réseaux sociaux. Quinze mois plus tard, la voilà qui multiplie les représentations de son premier spectacle, Lion, qu’elle décrit comme son premier rugissement devant public.

À quel point Big Brother t’a propulsée?
Liliane Blanco-Binette : Quand on m’a demandé de participer, je venais de commencer mes vidéos sur les réseaux quelques mois plus tôt. C’était un honneur pour moi et j’étais très surprise. Évidemment qu’un projet comme celui-là donne beaucoup de visibilité. Mais, un an plus tard, je pense que les réseaux sociaux m’en auront donné encore plus, à cause du contenu que je fais. Sur mes réseaux, 10 000 personnes se sont abonnées sur Instagram durant Big Brother, mais depuis ma sortie, j’ai gagné 100 000 autres personnes.

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Plus jeune, comment as-tu compris que tu étais plus drôle que la moyenne?
Liliane Blanco-Binette : Quand tu es jeune, être drôle, ça peut impliquer d’imiter ton prof, de faire des faces ou de recracher quelque chose à la cafétéria. C’est souvent fait avec moins de connaissances. Aujourd’hui, j’ai fait l’École de l’humour, je me connais mieux, je joue avec le français pour arriver plus vite à une blague et je comprends le rythme. Adolescente, j’aimais créer des réactions chez les gens et être très goofy. L’improvisation est arrivée tard dans ma vie, en cinquième secondaire. Durant mes trois premières années au secondaire, j’étais un petit bébé têtard dans le monde qui fait juste apprendre à vivre. J’étais drôle auprès de mes amies, mais j’étais plus gênée. J’allais moins à la rencontre de l’autre. Je n’ai pas toujours aimé la scène. J’ai toujours été hyper stressée par la performance.

Quand le vent a-t-il tourné?
Liliane Blanco-Binette : En troisième secondaire, j’ai fait mon premier stand-up à Secondaire en spectacles. Comme je n’avais jamais écrit d’humour avant ça, j’ai écrit un numéro avec un prof. Je le trouvais fucking drôle, mais il ne parlait pas des choses dont je voulais parler, et je ne savais même pas ce que je voulais dire à l’époque. N’empêche, j’ai présenté ça devant 500 personnes. Ça s’est super mal passé! J’ai eu un blanc de dix minutes, j’ai fait les cent pas sur la scène et je suis allée chercher mon texte en coulisses. C’était un cauchemar! Malgré ça, je me suis dit que c’est ça que j’allais faire dans ma vie.

Dirais-tu que tu as voulu étudier à l’École de l’humour, parce que tu avais besoin d’outils?
Liliane Blanco-Binette : Calice oui! Quand j’ai su qu’on pouvait étudier là-dedans, je faisais des recherches sans arrêt et je regardais qui étaient les diplômés. J’ai fait trois auditions avant d’être acceptée, et je suis très contente de ne pas être entrée avant, parce que pour connaître le processus maintenant, j’aurais braillé tout le long. J’avais besoin de me faire les dents et de vivre une déception pour me montrer qu’il n’y a rien de facile. Je n’échangerais ce parcours pour rien au monde.

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J’ai lu que tu avais commencé tes vidéos d’humour grâce aux conseils d’une voyante. Raconte-nous ça.
Liliane Blanco-Binette : En mai 2022, quand j’ai commencé les vidéos, j’étais déjà très active sur Instagram, j’aimais faire des stories et j’étais familière avec les réseaux sociaux. Mais quand TikTok est arrivé, ça me faisait fucking peur. Un jour, je suis allée voir une voyante parce que je souhaitais mettre fin à une relation toxique qui a duré six ans, dans l’espoir qu’elle prenne la décision à ma place. C’était une relation méconnue de tout le monde. Les collègues à l’école ne savaient pas que j’étais en relation. Cette personne est introuvable sur les réseaux sociaux. Pourtant, la voyante m’a parlé de ma relation en étant très précise. Ça a été le point tournant du rendez-vous. Je buvais ses paroles. Puis, elle me dit : « Fais des vidéos ». Après notre rencontre, j’ai rompu. Deux mois plus tard, j’ai commencé les vidéos et ça a éclaté.

Comment décris-tu ton humour en vidéo?
Liliane Blanco-Binette : Dégourdi, sans filtre, libérateur et décomplexé. C’est tellement
important pour moi, sur scène et sur les réseaux, d’aborder les choses telles qu’elles le sont. C’est pour ça que j’aime faire des vidéos avec plein d’autodérision. C’est nécessaire à mes yeux que ce ne soit pas très soigné.

À quoi faut-il s’attendre quand on va te voir en shows?
Liliane Blanco-Binette : En stand-up, le rythme et les sujets sont différents. Je prends plus mon temps. J’aborde ma peur d’être mère, de vieillir ou de mourir, la condition de la femme, la façon dont on est présentées au cinéma, de manière très légère. Je vois la scène comme une promesse d’intimité et un cocon. J’aime tenir le public par la main durant une heure.

En écoutant le podcast Pas peu fières, j’ai appris que tu faisais partie des communautés LGBTQ+. Quelle place cette réalité occupe dans ton humour?
Liliane Blanco-Binette : Dans les thèmes qui me prennent du temps à aborder, celui-là en fait partie. J’ai tellement de respect pour la communauté. Mon frère en fait partie beaucoup plus que moi. Ça fait 15 ans qu’il a fait son coming out. Il est tellement sensible à la communauté. J’ai du mal à dire que c’est la mienne, parce que je n’ai pas vécu certaines souffrances que plusieurs personnes queers vivent. Ça me prend du temps pour nommer que je suis queer. Je ne peux pas ignorer le fait que j’ai eu des sentiments pour des femmes et des personnes non-binaires. Évidemment que je ne suis pas hétérosexuelle. Mais j’ai tellement envie d’être respectueuse du combat que mène la communauté depuis si longtemps que j’ai du mal à dire que j’ai été marginalisée, car je ne l’ai pas été. Je réponds à des standards de beauté hétéronormatifs. Je rentre dans plein de cases. J’ai l’impression que certaines personnes vont me juger parce que je ne suis pas assez queer pour faire partie de la communauté.

Voudrais-tu que ce soit plus clair auprès du public?
Liliane Blanco-Binette : Je ne suis pas mal à l’aise à l’idée que ce soit su. J’en parle librement. Mais quand j’en parle, je crains de voler la parole à quelqu’un qui en aurait tellement plus long à dire, alors que mon vécu ressemble à plein de monde et peut-être que ces gens-là aimeraient m’entendre. En stand-up, je frôle la thématique : je parle de dates avec des filles, et dans certains numéros, je ne vais pas genrer la personne. Un jour, j’aimerais aller plus loin.

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INFOS | https://lilianeblancobinette.com

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