Jeudi, 25 avril 2024
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    Un Village en perpétuelle transformation

    En célébrant les 40 ans du Fugues, nous marquons également quatre décennies d’évolution du Village. En effet, chacune d’entre elles a vu des changements, des améliorations ou des creux, comme c’est le cas dans tout grand espace urbain. Le Village n’est pas épargné par ces transformations, poursuivant une transition qui se déroule de décennie en décennie.

    Aujourd’hui, la Société de développement commercial (SDC) du Village veille aux destinées de la rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Berri et Papineau, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lorsque les premiers commerçants « gais » ont investi le quartier, c’était de manière individuelle et à des loyers très abordables, une situation bien différente de celle d’aujourd’hui.

    « Il ne faut pas oublier que le Village a été créé comme un lieu de rassemblement festif, pour pouvoir s’amuser, fréquenter des clubs et des restaurants, mais dans un secteur sécuritaire, à l’abri des agressions et de la violence souvent subies par la communauté LGBT à cette époque », commente Steve Foster, ancien directeur général du Conseil québécois LGBT (de 2005 à 2014) et ancien président de la Chambre de commerce LGBT du Québec (de 2015 à 2019), qui a résidé dans le Village pendant près de 30 ans, jusqu’à récemment.

    Un essor fulgurant
    Avant même que le Fugues voit le jour, en avril 1984, plusieurs commerces avaient déjà trouvé leur place sur Sainte-Catherine Est. Parmi eux, la Boîte en haut (de 1975 à 1993) avec Yvon Jussaume, ainsi que Priape (avec Robert Duchaine, Claude Leblanc et Bernard Rousseau), qui ouvre sur cette artère en 1975 après avoir passé une année sur de Maisonneuve, dans les années 1970. En plus de la Boîte en haut, la Taverne de Montréal et la Taverne Bellevue complétaient le tableau. À cette époque, il est important de se rappeler que la plupart des clubs gais se trouvaient dans l’ouest du centre-ville, avec des bars tels que le Limelight/Le Jardin, L’Apollon, Chez Jean Pierre, la Bellevue, le Mystique, etc.

    « En 1975, le quartier était plutôt laid, non rénové, mais les loyers étaient très abordables », poursuit Yvon Jussaume. « À cette époque, j’étais seul, le quartier gai se trouvait dans l’ouest de la ville. Il y avait des rumeurs selon lesquelles le maire Jean Drapeau souhaitait que les bars gais déménagent vers l’est, car cela nuisait à l’image du centre-ville aux yeux des touristes. De temps en temps, il y avait des descentes dans les bars de l’ouest. »

    Si vous pensez qu’aujourd’hui il y a beaucoup de locaux à louer, c’est que vous n’avez pas connu — et c’est normal — les années 1970, avec leur lot de commerces fermés, placardés, sales et vétustes. Plus de la moitié des locaux étaient vacants, laissés à l’abandon. Ce spectacle n’avait rien de réjouissant pour ce quartier qui avait connu les belles années des cabarets et des cinémas dans les années 1910 à 1930.

    « À un moment donné, en l’espace de six mois, plusieurs bars ont ouvert leurs portes, comme le 1681, Les 2 R, le Max, avec Paul Haince [là où se trouve actuellement le sauna G.I. Joe], etc. C’est ainsi que le Village a vraiment pris son essor », nous a déjà expliqué Yvon Jussaume lors d’une précédente entrevue. Le légendaire bar K.O.X. (avec Bruce Horlin) ouvre également ses portes au coin de Montcalm et René-Lévesque. C’était au début des années 1980. Les boutiques et les restaurants se sont ouverts à une vitesse folle. Sous l’impulsion de Bernard Rousseau, en association avec trois autres personnes, le Cinéma du Village (aujourd’hui le Théâtre National) voit le jour pour présenter initialement des films d’art et d’essai à thématiques gaies, puis des films érotiques, de 1984 à 1993.

    « Ce qui a incité les gais à déménager de l’ouest vers l’est, ce sont définitivement les loyers moins chers. Je me demandais si ça allait marcher. Mais l’on voyait que les gais voulaient se créer un lieu sûr pour éviter les agressions et le harcèlement, car à cette époque, être homosexuel était mal vu. C’est ainsi que le Village est né, de cette volonté de créer un espace plus sécurisé également », a déclaré il y a quelques années Michel Gadoury, propriétaire du Stud depuis 1995, ainsi que du bar Studio 1 (ouvert en 1976 à l’angle de Metcalfe et Sainte-Catherine) et du Sécurité Maximum, au coin de Saint-Hubert. « À l’époque, il y avait un véritable essor, un développement sans précédent dans ce quartier, avec beaucoup d’activités, de bars, de partys, de restaurants, c’était très vivant », confirme Denis Brossard, co-propriétaire du Cabaret Mado et ancien président du conseil d’administration de la SDC du Village.

    Les soirées, partys et événements s’enchaîneront et se multiplieront à une vitesse grand V. Ajoutons à cela qu’au milieu des années 1990, un programme de rénovation des commerces (POC) a été lancé par le conseiller municipal Sammy Forcillo, donnant ainsi un coup de pouce aux entrepreneurs pour embellir et moderniser leurs locaux et façades.

    Une consolidation
    Les décennies des années 1990 et le début des années 2000 voient émerger un nouveau type de commerces : les complexes ! Normand Chamberland entreprendra des travaux d’agrandissement pour créer autant le Complexe Bourbon (démoli en 2018 pour laisser place à l’actuel immeuble de condos), abritant le Club Sandwich/La Track, ainsi qu’un hôtel avec terrasse sur le toit. Ensuite, il ajoutera d’autres espaces à la Taverne du Village pour créer le Drugstore, comprenant des bars et un restaurant (abandonné depuis plusieurs années au coin de la rue Panet). Bruce Horlin déplace le K.O.X. de la rue Montcalm et s’installe dans les locaux de la Station C/Théâtre Félix-Leclerc, du nom de l’auteur-compositeur et interprète, et qui aura pignon sur rue de 1983 à 1991. Horlin y ouvrira la vaste discothèque du K.O.X. dans ce bâtiment abandonné et aménagera au sous-sol les Katakombes (un bar cuir) ainsi qu’un bar lesbien, le K2, au 2e étage. Le K.O.X. fermera ses portes en 1996, après une descente policière en 1994. De son côté, François Tousignant, le grand patron du Club Sky et du Circus Afterhours, développera plusieurs locaux pour créer le Complexe Sky, dont Pierre Viens en sera le gérant pendant plusieurs années. Bars, discothèques et restaurants sont ainsi établis. Les fameux T-dance du dimanche après-midi attirent une clientèle de plus en plus nombreuse. François Tousignant sera plus tard remplacé par son neveu Sylvain Tousignant, avant que le complexe ne soit acheté par l’homme d’affaires Peter Sergakis (qui en est l’actuel propriétaire).

    Mais comment de tels complexes ont-ils pu voir le jour et attirer une clientèle aussi importante ? Le tourisme ! « J’ai assisté à la naissance de la Chambre de commerce gaie, de l’ACPV [l’Association des commerçants et professionnels du Village, avec Paul Haince, nous y reviendrons plus loin] et de la SDC du Village », soulignait Yvon Jussaume. « Avec Jean-François Perrier (qui a travaillé pour Tourisme Montréal avant d’intégrer l’équipe des Outgames mondiaux de Montréal, puis celle de Fierté Montréal, jusqu’à l’automne dernier), nous avons travaillé sur un “comité tourisme” créé par Charles Lapointe de Tourisme Montréal, afin de mettre l’accent sur le marché gai et ainsi attirer les touristes. Cela a également contribué à l’essor du Village. Aujourd’hui, il est crucial de poursuivre ce travail — qu’il ne fallait pas abandonner. Je pense que les intervenants n’ont pas été assez tenaces sur ce dossier-là. »

    Divers/Cité, puis Fierté Montréal ont contribué à la renommée du Village en organisant des activités telles que les Journées communautaires, les partys dans les bars et les défilés. « Il ne faut pas négliger la contribution d’événements comme le Black & Blue ou le Bal en Blanc, qui ont attiré des fêtards et des touristes dans le Village également », ajoute Steve Foster. « Ils ont eux aussi contribué à sa consolidation et à son développement économique, et ce, durant plusieurs années. […] »

    Deux regroupements de commerçants
    Peu de gens se souviennent qu’entre 1999 et 2003, l’Association des commerçants et professionnels du Village (ACPV) a été en quelque sorte le prédécesseur de la SDC du Village. Plusieurs commerçants aspiraient à améliorer le sort du Village, à favoriser le développement économique et à attirer des entrepreneurs et entrepreneures dans le secteur. Parmi les membres du conseil d’administration, on retrouvait des figures telles que Michel Gadoury, Normand Chamberland, François Tousignant, Richard Bureau (propriétaire du bar Campus à cette époque) et Réal Lefebvre (de Fugues), tandis que Paul Haince acceptait le rôle de directeur général. Contrairement à une SDC, l’ACPV était une association volontaire. L’adhésion était entièrement volontaire, le paiement des cotisations était facultatif…

    « À l’époque de l’ACPV, il fallait tout expliquer aux gens et les convaincre de l’utilité de l’Association, de la force qu’elle représentait pour le quartier », commentait Paul Haince lors d’une entrevue précédente parue dans Fugues. « Mais le problème majeur était le manque de temps des membres du conseil d’administration pour s’en occuper. Les choses n’avançaient tout simplement pas. C’est pourquoi, en 2003, j’ai décidé de quitter mon poste de directeur général de l’ACPV. Mon départ précipité a certainement surpris les membres du conseil, mais je ne pouvais plus continuer dans ces conditions. Déjà à l’époque, nous pensions qu’une véritable Société de développement commercial (SDC) était nécessaire, mais personne n’agissait en ce sens. » L’ACPV finit par disparaître d’elle-même. Cependant, Paul Haince continuera à œuvrer sur un autre projet initié en même temps que l’ACPV, à savoir le Festival des arts du Village devenu simplement le Festival Mtl en Arts, qui célébrera en 2024 sa 25e édition !

    Si l’ACPV prend fin en 2003 avec le départ de Paul Haince, celui-ci poursuit les discussions avec, entre autres, Michel Gadoury, sur la création d’une SDC. Toutefois, en 2004, les choses stagnent. Puis, avec l’approche imminente des premiers jeux Outgames (à l’été 2006) rassemblant des athlètes LGBTQ+ du monde entier et leurs accompagnateurs, la SDC du Village est créée à la hâte en septembre 2005, avec Denis Brossard comme président du conseil d’administration et Nicolas Pomerleau en tant que directeur général. Quelques mois plus tard, Bernard Plante succèdera à Nicolas Pomerleau et occupera ce poste pendant près de 13 ans.

    Un véritable exploit est alors réalisé : la fermeture de la rue Sainte-Catherine pendant 10 jours consécutifs ! Les trottoirs sont ornés de fleurs, des terrasses sont installées devant les bars et les restaurants pour accueillir les milliers de visiteurs et visiteuses qui envahissent la métropole autant pour les jeux que pour Divers/Cité, qui se tiennent simultanément. Ce changement transformera radicalement le visage du Village pour les années à venir !

    L’idée de tenir un événement estival chaque année germe alors. La SDC propose donc la fermeture de la rue durant plusieurs week-ends, du vendredi au dimanche soir (avec réouverture le lundi matin). Cette proposition est acceptée en 2007. Avec le nouveau directeur général, Bernard Plante, appuyé par le président du conseil d’administration, Denis Brossard, la SDC mènera un travail sans relâche pour convaincre l’arrondissement Ville-Marie, la police et les services d’incendie, qui d’abord s’y opposeront. La question de l’environnement et de l’écologie est également mise en avant, car moins de véhicules au centre-ville signifie moins de pollution. En 2008, la rue Sainte-Catherine Est (entre Berri et Papineau) devient piétonnière pendant 75 jours consécutifs ! Ce qui est tout un exploit ! Des terrasses aux couleurs vives et des parasols chatoyants sont installés, créant une ambiance de fête foraine appréciée par les visiteurs et les touristes.

    Aires libres et les Boules roses
    L’événement estival, appelé Aires libres, voit le jour et des projets culturels et artistiques viendront s’y greffer année après année. Le Festival Image + Nation, le Festival Mtl en Arts et Fierté Montréal viennent ajouter une touche supplémentaire d’animation tout au long des étés. Grâce au soutien de la Banque Nationale, la SDC transforme l’espace en face du Cabaret Mado en un lieu de diffusion artistique, ultérieurement baptisé la Galerie blanc.

    En 2010, les gens déambulent sous une installation de roses rouges stylisées, qui donneront le ton pour l’année suivante… qui sera plus grandiose.

    En 2011, la SDC du Village s’associe au renommé architecte paysagiste Claude Cormier et à son comparse Yannick Roberge, qui concoctent un dais de petites boules roses s’étendant ainsi sur un kilomètre, les Boules roses. Plus de 175 000 boules attirent l’attention du monde du design et valent à l’architecte et à la SDC prix et honneurs à travers le monde. En 2014, l’événement Aires libres, qui présente toujours les Boules roses, s’étale sur 110 jours de piétonnisation, de la mi-mai au début septembre.

    Pour la 10e édition de l’événement en 2017, Cormier, Roberge et l’équipe d’architectes paysagistes créent la surprise dans le cadre du 375e de Montréal avec une version améliorée de leur installation, portant cette fois le nom de 18 nuances de gai, qui propose une déclinaison de la bannière arc-en-ciel. Cette nouvelle « canopée » multicolore, visible depuis le pont Jacques-Cartier, émerveille instantanément et récolte de nouveaux honneurs pour ses créateurs et la SDC du Village.

    Les années difficiles
    La fin de l’aventure des Boules arrive en 2019, lorsque Cormier (décédé en 2023) décide qu’il est temps de céder sa place à un autre artiste. Mais en mars 2020, la COVID-19 fait son apparition, change la donne et réduit les chances à moyen terme de nouveaux projets de l’ambition des Boules. Et les années de pandémie fragilisent ce secteur plus que tout autre en ville. Avec les bars, restaurants et cafés fermés lors des confinements et couvre-feux, le quartier a du mal à se relever. L’administration municipale, suivant les recommandations de la Direction nationale de la santé publique, encourage les piétonnisations dans plusieurs quartiers de la ville pour favoriser la distanciation sociale et la libre circulation des gens. Le Village n’est plus le seul à proposer une grande piétonnisation et doit faire face à la concurrence d’autres artères commerciales telles que l’avenue Mont-Royal et Wellington (à Verdun), en plus de problèmes croissants comme l’incivilité, l’itinérance, la toxicomanie, etc.

    Actuellement, le quartier semble en attente des importants travaux d’aqueducs et de voirie nécessaires et que la Ville prévoit débuter en 2025. Cependant, les divers projets de réaménagement, tels que ceux des anciens stationnements de Radio-Canada, du terrain autrefois occupé par le Cinéma Champlain à l’intersection de Papineau, ceux de l’Esplanade Cartier (et, dans un futur plus lointain, ceux des terrains de Molson près du fleuve) laissent entrevoir un avenir prometteur, avec l’arrivée prévue de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux résidents et résidentes au cours des prochaines années.

    Entretemps, une nouvelle génération d’entrepreneures et d’entrepreneurs LGBTQ+ est apparue, marquée par l’ouverture de lieux tels que le café La Graine brûlée, le bistro Tendresse, le bar Renard ou encore le bar Minéral (anciennement le lounge L’Un et L’Autre d’Yvon Jussaume), sur Atateken. Selon Steve Foster, l’ouverture du Renard a attiré une nouvelle clientèle de jeunes et de personnes qui auparavant ne fréquentaient pas le Village, ce qui démontre une transition vers l’avenir du quartier. Et une nouvelle génération prend, peu à peu, la relève d’établissements historiques du Village.

    « Le Village est en transition actuellement et le rôle de la SDC du Village devient encore plus important. La fermeture saisonnière de la rue Sainte-Catherine est un beau succès et ce sera tout un défi de trouver un projet signature qui aura autant d’impact que les Boules roses ou les 18 nuances de gai de Claude Cormier pour Aires libres », nous confiait Bernard Rousseau, ancien propriétaire de Priape. « Mais tout est possible. Il est certain que le ghetto gai du passé est mort et enterré. Les prochaines années se feront évidemment sous le signe de la créativité festive et de l’inclusion. J’ai bon espoir que le Village se réinvente ! Place aux jeunes ! »

    Michel Gadoury, propriétaire de l’édifice abritant le Stud, partage cette vision : « Je crois toujours au Village, sinon je n’aurais pas fait l’acquisition de l’édifice au coin de Papineau. Le Village se transforme. Il faut que les jeunes arrivent avec de nouvelles idées, de nouveaux concepts et qu’ils prennent la relève. On le voit déjà avec le succès du Renard et de La Graine brulée. Qu’il y en ait d’autres, c’est ce que je souhaite de tout cœur ! »

    D’après Steve Foster, pour revitaliser le Village, il est essentiel que les communautés LGBTQ+ se réapproprient le quartier et que les commerçants contribuent à lui redonner une image de marque. Cette revitalisation nécessite une collaboration étroite entre les milieux communautaire, commercial et résidentiel, car tous sont interdépendants. Il ajoute : « Que ce soit la SDC, les commerçants, les groupes communautaires, etc., que tout le monde puisse discuter et œuvrer ensemble. Oui, il y a de grands défis à surmonter, oui, on est dans le creux en ce moment, mais je crois qu’il faut préparer “l’après travaux” et qu’il y aura certainement du dynamisme […]. »

    Et cet avenir, toute l’équipe de la SDC du Village y croit fermement.

    « Toutes nos études menées récemment nous le confirment : le Village a un potentiel de développement immense. Nous devons mettre en place des projets et amener des nouvelles adresses pour rejoindre les différentes communautés 2SLGBTQ+, qui ne fréquentent peut-être pas le Village actuellement. C’est là toute une clientèle qui aimerait fréquenter le Village, mais n’y trouve pas toujours sa place. Et nous devons mieux desservir les résidents actuels, mais aussi les quelque 24 000 nouveaux résidents qui vont s’installer dans le secteur dans la prochaine décennie. On veut que le Village continue d’être une destination, avec ses bars, ses restaurants, ses salles de spectacles, ses adresses iconiques. Mais nous devons aussi mieux servir nos résidents, qui doivent actuellement aller dans d’autres artères commerciales pour répondre à leurs besoins. Les prochaines années, avec les travaux, seront certainement difficiles, autant pour nos membres, que pour les résidents. Mais je suis convaincue qu’après ces travaux, nous retrouverons collectivement cette fierté pour le Village : fierté d’y vivre, d’y faire des affaires et de le visiter », conclut Gabrielle Rondy, directrice générale de la SDC du Village. 

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