40 ans de visibilité LGBTQ+ au grand écran (1992)

Dans le cadre du 40e de Fugues, le rédacteur en chef  du magazine propose sur le site web quelques films LGBTQ+ qui ont marqué à leur façon le 7e art.  Voici quelques films de 1992…

FORBIDDEN LOVE 
de Aerlyn Weissman et Lynne Fernie (1992)

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Fascinantes, souvent drôles et toujours rebelles, les femmes interviewées dans «Amours interdites – Au-delà des préjugés, vies et paroles de lesbiennes» se souviennent de leurs premières amours et de leur recherche, durant les années 1950, des lieux où se rassemblaient les femmes gaies assumant ouvertement leur identité. Sur une trame sonore composée de succès de la musique pop et avec pour toile de fond des couvertures de romans de gare, des films d’archives et des manchettes de tabloïds, le film se penche avec grâce, humour et irrévérence sur l’expérience du passage à l’âge adulte de lesbiennes durant les années 1950 et 1960. Parlant avec la candeur des survivantes d’un long combat, les femmes brossent un touchant portrait d’une communauté jadis condamnée au silence et à l’exil. Réalisé en 1992 par Aerlyn Weissman et Lynne Fernie, Forbidden Love a remporté le Génie du meilleur long métrage documentaire, le GLAAD Media Award du film documentaire, ainsi que le prix du public du meilleur long métrage documentaire au Festival international de films de Femmes à Créteil.


GO FISH 
de Rose Troche (1992)

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Avant THE L WORD, il y a eu GO FISH. Avec sa distribution exclusivement féminine, ses lesbiennes racisées ou butch et ses réalisatrices et actrices out, la comédie romantique de Rose Troche avec Guinevere Turner offre une représentation nuancée et jusqu’alors inédite de la communauté lesbienne.


ORLANDO 
de Sally Potter (1992)

L’adaptation de Sally Potter en 1992 du roman de Virginia Woolf est remarquable ne serait-ce que pour sa distribution incroyable. Tilda Swinton comme une aristocrate immortelle, qui change de sexe selon les époques, qui a l’air aussi bien en robes à crinolines que sur une moto? L’octogénaire Quentin Crisp en reine Elizabeth I? Brillant. Billy Zane comme le mors de notre héros sur le côté? Miam. Mais «Orlando» est tellement plus – d’une beauté ravissante, d’une élégance sans prétention dans son réalisme magique, critiquant discrètement les modèles sans issue du pouvoir et révolutionnaire dans son message sur le pouvoir de la volonté queer. Plus quelques contributions musicales spéciales de Jimmy Somerville.


THE LIVING END
de Gregg Araki (1992)

Pour son quatrième film Gregg Araki ponctue chaque scène (ou presque) avec un cadre noir qui évoque autant le style de Godard des années 1980 que FLESH de Paul Morrissey. Gregg Araki n’a jamais caché sa passion pour le cinéma mais THE LIVING END vaut pour bien autre chose. La rencontre entre Jon et Luke se fait par hasard, ils se percutent. Jon conduit, Luke se jette sur le clapot. Ils ne vont plus se quitter. Ce jour-là, quand commence l’histoire, Jon vient d’apprendre qu’il est séropositif. Le médecin lui annonce, sur un ton badin, non sans avoir rappelé qu’il faut se protéger, « vous la population à risque ». Il va se faire consoler par son amie Darcy. C’est sur le chemin du retour qu’il emboutit Luke, il le ramène chez lui. Luke dira à son nouvel ami qu’il l’aimera jusqu’à la fin des temps. Les deux gars qui sont filmés le plus souvent possible à moitié nu, comme des icônes érotiques. Luke imberbe porte son blouson de cuir sur son torse nu, jean déchiré aux genoux, et il a un flingue. Jon le vire aussitôt de chez lui et le regrette immédiatement. Il va revenir et ils vont partir sur la route, dans une sorte de road movie minimaliste de Los Angeles à San Francisco. Ils font l’amour (ils sont tous les deux séropo), ils saignent, ils se disputent, ils se réconcilient. C’est parfois superficiel, mais THE LIVING END avec son côté résolument viscéral marque par son intensité.

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