Dimanche, 19 mai 2024
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    40 ans de visibilité LGBTQ+ au grand écran (1997)

    Dans le cadre du 40e de Fugues, le rédacteur en chef du magazine propose sur le site web quelques films LGBTQ+ qui ont marqué à leur façon le 7e art. Voici quelques films de 1997…

    HAPPY TOGETHER 
    de Wong Kar-wai (1997) 

    L’amour fait mal dans le récit de Wong Kar-wai d’un amour destructeur et codépendant entre l’impulsif Ho (Leslie Cheung) et le terre-à-terre Lai (Tony Cheung), un couple de Hong Kong à la dérive de l’autre côté du monde, en Argentine. Si le couple se révèle incapable de se nourrir l’un l’autre, il semble aussi ne pas savoir comment mettre fin à cette relation qui les définit. Des performances puissantes soutenues par la construction elliptique du film de Wong Kar-wai et le superbe travail du directeur photo Christopher Doyle. Réalisé en 1997, le film se lit aussi comme une métaphore de la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Une romance entre hommes inoubliable et poignante. Un de mes films  «gais»  préférés».


    NOWHERE
    de Greg Araki (1997)

    C’est l’histoire d’un voyage en apnée dans la journée banale d’un adolescent de Los Angeles âgé de dix-huit ans, Dark Smith (James Duval), hanté par la fin du monde et la quête de l’amour pur. Dark aime Mel, mais le corps de la jeune fille appartient aussi à la sulfureuse Lucifer et à d’autres garçons. Mel veut profiter de la vie avant qu’il ne soit trop tard. Dark fantasme sur la beauté éthérée de Montgomery, ange déchu du paradis californien, et sur le machiavélique duo Kriss/Kozy. Par ailleurs, tous les amis du jeune homme sèchent régulièrement leurs cours de société moderne pour se retrouver au café «The Hole», où ils refont le monde. Il y a aussi Dingbat, qui s’est amourachée de Ducky, qui lui-même s’est entiché d’Alyssa. Mais la belle lui préfère Elvis… Troisième volet de la trilogie Teen apocalypse, ce trip de Gregg Araki est très visuel, surréel, désolé, beau et laid à la fois.


    LIVE FLESH / EN CHAIR ET EN OS / Carne tremula 
    de Pedro Almodovar (1997) 

    À Madrid, Victor,  un jeune homme sorti de prison, déstabilise deux couples. Une fois passée la première séquence plutôt drôle d’accouchement dans un bus, le drame prend la relève dans cette adaptation libre de  L’homme à la tortue, un roman policier de Ruth Rendell. Aiu dela de l’intrigue policière, Pedro Almodovar choisi de focaliser sur le triangle amoureux en explorant les notions de désir, de sexe et de trahison intime, chez ses personnages pétris de culpabilité et de rancœur. La brillante construction du récit leur donne la place d’évoluer dans des directions inattendues. Le casting est excellent, mené par Liberto Rabal (prodige d’un seul film) et de Javier Bardem, Francesca Neri, Penelope Cruz… 


    IN & OUT 
    de Frank Oz (1997)

    L’idée de départ de cette adorable comédie est le discours prononcé par Tom Hanks lorsqu’il reçut son Oscar pour Philadelphia. Contrairement à l’instituteur de Tom Hanks, qui était ouvertement homosexuel, le personnage principal de In & Out est tellement dans le placard qu’il ignore lui-même qu’il est gai (alors qu’il en a tous les clichés)! Il est professeur de littérature dans une petite ville de l’Indiana et s’apprête à se marier. Mais, un de ses anciens élèves dévoile son homosexualité au grand jour en plein milieu de la cérémonie des Oscars… Le personnage doit alors faire face à la réprobation et l’incompréhension de ses concitoyens du fin fond de l’Amérique. Le réalisateur Frank Oz a choisi la légèreté, le comique et la fantaisie pour aborder le sujet de la sortie du placard. Le film est drôle et n’a d’un rien pamphlet social, tout en ayant le mérite d’explorer les stéréotypes et les idées toutes faites que les gens ont sur les gais et les lesbiennes. Avec ruse et humour, ce film explore ce que nous partageons ensemble comme lieux communs, et nous dit combien petites sont les différences. La scène de «re-masculanisation» de Kevin Kline mérite à elle seule le visionnement.


    MA VIE EN ROSE
    de Alain Berliner (1997)

    Les parents de Little Ludovic pensent que leur jeune enfant est un garçon avec une chose inquiétante pour les poupées de style Barbie. Mais Ludovic n’est pas inquiet. Elle sent juste qu’elle est une fille. L’identité trans de l’enfance reste un sujet controversé et le travail du réalisateur belge Alain Berliner en 1997 était une tentative audacieuse au début de la mettre au cœur d’un film. Il résiste bien aussi. Georges Du Fresne donne une belle performance centrale comme Ludovic, l’humour irrévérencieux est une joie et c’est une représentation solidement empathique d’un enfant poursuivant le bonheur dans un monde qui craint la différence. 

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