Considéré comme une figure incontournable de la bande dessinée homoérotique sadomasochiste, chaque nouvelle parution de Gengoroh Tagame est perçue comme un véritable événement.
Dans la continuité des thèmes chers à l’auteur, « Fleur d’argent » nous fait suivre le parcours de Ginjiro, dans le Tokyo de la fin du XIXe siècle. Son prestige s’effrite alors qu’il dissipe sa fortune auprès de prostituées qu’il méprise. Arrogant, il accepte de devenir le garde du corps d’une maison close, sans bien lire les clauses de son contrat, et se retrouve bientôt réduit au rang de « marchandise bon marché » pour la clientèle masculine.
Les sévices qu’il subit ont pour but de l’humilier et de le briser et de lui faire accepter sa nouvelle condition. Malgré la colère qui le ronge, il finit par éprouver du plaisir dans son abaissement, un sentiment qu’il se refuse d’admettre. Tagame crée une atmosphère où tension et sensualité s’entrelacent, alors même que l’arrogance de Ginjiro s’effrite peu à peu. Le premier tome se termine alors que, croyant s’être libéré de ses tourments, il se retrouve confronté à de nouveaux défis, promettant une suite tout aussi captivante pour le tome 2 qui paraîtra en décembre.
Fleur d’argent (vol. 1/3) / Gengoroh Tagame. Paris : Dynamite, 2025. 270 p.

