Le péril rose

Benoit Migneault
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Un virus qui chan-ge à 180o l’orientation sexuelle de la population hétéro fait son apparition en France. Le nom de ce «fléau»: l’invertite! Évidemment, la chose n’est pas sans créer certains remous, en particulier parmi les éléments les plus conservateurs de la société, qui y voient l’arrivée des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Mais d’où vient le virus? Qui est le bioterroriste qui l’a conçu, surnommé Super Pédé par le public? Et à quelles fins? Est-il possible d’en empêcher la propagation ou de concevoir un vaccin? Telles sont les questions qui angoissent le gouvernement français. On tente de mettre en place une commission d’enquête, mais personne ne veut investiguer de peur de virer lui aussi. L’enquête est donc confiée au séduisant Loup Ysangrin, qui n’a jamais caché son amour des hommes, auquel se joint la biologiste Eulalie Lilalian.

Leurs recherches seront cependant parsemées de nombreuses embûches, dont certaines en provenance des hautes sphères politiques où l’homophobie règne en maître. Plusieurs craignent de voir rimer homo et héros s’ils parviennent à résoudre cette affaire.

Lecture de plage par excellence : un roman qui ne se prend pas trop au sé-rieux tout en demeurant fort bien écrit. L’auteur, Raoul Tennet, lance de nombreux clins d’œil à la politique française et crée des noms de ministères plus loufoques les uns que les autres, de même pour ceux de ses personnages (Boisbandé, Judas Sainte-Nitouche, etc.).

Le récit se révèle complexe à souhait et ménage une bonne part de suspense tout en s’inscrivant résolument dans les sphères humoristiques. Un roman qui se dévore rapidement, une limonade à la main, et qui permet de satisfaire le petit plaisir coupable de voir des membres du Front national se contempler soudainement avec un désir irrépressible.


Le péril rose / Raoul Tennet.
Saint-Martin de Londres : H&O, 2013. 220p.