Une soixantaine d’athlètes d’ici prendront part au 3es Outgames Mondiaux

Objectif Anvers pour Équipe Montréal

Olivier Gagnon
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Du 31 juillet au 11 août prochain, une délégation d’une soixantaine de personnes d’Équipe Montréal se rendra à Anvers, en Belgique, pour la troisième édition des World OutGames. L’événement, qui se tiendra en plein cœur des célébrations de la fierté gaie de la ville, sera pour nos Montréalais une occasion de se dépasser, mais aussi de faire la fête et de participer à la vie culturelle et humanitaire gaie. L’équipe du Fugues a rencontré Patrick Blouin et Guy Marin, coprésidents d’Équipe Montréal. Tout d’abord, qu’est-ce qu’Équipe Montréal ? C’est un organisme de sport et socioculturel pour la communauté gaie et lesbienne de Montréal, créé en 1990, dans le cadre des GayGames de Vancouver. L’organisation regroupe aujourd’hui autour de 800 personnes, qui jouent dans des dizaines d’équipes sportives gaies à Montréal et aux alentours. De ce nombre, seulement une petite partie se rendra en Belgique cet été. «Cette année, nous serons une soixantaine. Lors des derniers jeux de Copenhague, l’engouement était encore fort, nous étions 120 à nous rendre sur place», mentionne Patrick Blouin, coprésident d’Équipe Montréal. Il faut dire que la tenue des premiers OutGames à Montréal avait moussé la participation des membres d’Équipe Montréal, alors que plus de 900 personnes s’étaient inscrites aux différentes épreuves. Et pour cause : les athlètes doivent financer eux-mêmes leur voyage pour participer à l’événement.

Qui participe à un événement d’envergure comme les OutGames ? «Au sein de notre délégation et en général lors des compétitions, il y a des athlètes de tous les niveaux. Certains de nos membres sont de calibres assez élevé, alors que la majorité sont plutôt des gens pratiquant leur sport au moins une fois par semaine», explique Patrick. Évidemment, ces compétitions ne sont pas du niveau des Jeux olympiques. Chaque sport regroupe plusieurs catégories, où les délégations peuvent s’inscrire selon leur âge (principalement dans les sports individuels) ou selon leur niveau de jeu en tant qu’équipe. Une fois sur place, ils peuvent donc se mesurer à des athlètes de niveau similaire. « Ça demeure compétitif, mais personne ne se fait battre à plate couture par des professionnels alors qu’ils n’en sont pas », ajoute Guy.

Un esprit d’équipe fort
Peu de disciplines sportives au sein de la délégation montréalaise peuvent se vanter d’être représentées par une grosse équipe. Ce sera le cas cette année des G-Bleus, qui enverront une dizaine de duo de badminton, et des Emales, l’équipe de volleyball d’Équipe Montréal. Au sein des équipes, des noyaux d’athlètes se sont formés avec le temps. Guy Marin, l’autre coprésident d’Équipe Montréal, fait partie de l’équipe des G-Bleus depuis ses tout débuts, en 1993. «Dès 1998, nous avons réussi à former des délégations solides, dont quelques membres sont encore actifs aujourd’hui.» De son côté, Patrick est le seul membre restant des premiers Emales, créée au début des années 2000.

Dans une ambiance décontractée et récréative, ces deux équipes pratiquent leur sport régulièrement, à raison de deux heures chaque semaine, au cégep du Vieux-Montréal ou au collège Maisonneuve. Les équipes sont composées de gens de tous les âges, de tous les niveaux et de tous horizons confondus. Qu’est-ce qui les tient ensemble ? Ce sont certainement les belles amitiés qui se sont tissées au fil des ans au sein de ces équipes. «Ces gars-là, ce sont réellement mes vrais amis pour la vie, avec qui j’ai le goût de jouer, de performer, de gagner ou de perdre. Ce n’est pas juste le sport, c’est aussi un contact humain», ajoute Patrick. De plus, en participant aux mêmes compétitions chaque année, les délégations internationales se retrouvent, les gens se connaissent et apprécient de passer ce temps ensemble. «Certains couples se sont même créés à travers le temps!», mentionne Guy.

Afin de profiter davantage du voyage, certaines équipes réalisent des activités de financement. C’est entre autres le cas de l’équipe de Guy, qui réalise depuis déjà quelques années de nombreuses acti-vités de financement qui permettront à l’ensemble des membres de la délégation de badminton de partir sans avoir à débourser de leur poche. Un dernier argument pour vous convaincre de faire le saut et de vous impliquer ? La délégation canadienne est la plupart du temps la première à rentrer dans le stade. «Comme c’est chez nous que les OutGames ont commencés, on a la chance de pouvoir mener la parade. Chaque fois, c’est grandiose, il faut vivre ça au moins une fois!», de conclure Patrick avec émotion. Bonne chance à vous !