DOCUMENTAIRE SUR LE MONTREAL ROLLER DERBY - ENTREVUE AVEC PLASTIK PATRIK

Le Roller Derby roule jusque dans votre salon!

Julie Vaillancourt
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Le 7 avril prochain sera télédiffusé sur Canal D un documentaire portant sur le Roller Derby à Montréal. Réalisé par Luc Harvey, le film offre un portrait fidèle des six équipes féminines qui évoluent dans la ligue nord-américaine. Nous avons discuté avec Plastik Patrik, l’animateur des tournois, qui suit les «roller girls» depuis leurs débuts. Si le roller derby est né aux États-Unis dans les années 50-60, en atteignant ses heures de gloire dans les années 70, on assiste à un fulgurant retour de popularité de ce sport depuis le début des années 2000 : « On nous a approchés pour le documentaire, car c’est un sujet intéressant, en vogue, non seulement à Montréal, mais partout à travers le monde. Il y a vraiment un boum et ceux impliqués dans la réalisation du film ont vraiment flairés la bonne affaire», appuie Plastik Patrik. Si en 2001, il n’y avait qu’une ligue au Texas, aujourd’hui il y a plus de 1200 ligues de par le monde, explique Patrik.

La ligue de Montréal a enfilé ses patins en 2006, et depuis, six équipes représentent la métropole, avec les équipes maison Les Contrabanditas, Les Filles du Roi, La Racaille, les équipes interligues New Skids on the Block, Montreal Sexpos et les recrues du Smash Squad : «Le documentaire représente bien le mouvement du roller derby en général, mais aussi les particularités et la couleur de nos équipes locales. C’est vraiment un portrait fidèle, avec des interventions de nos joueuses, un film très représentatif et divertissant», conclut celui qui assume la narration du documentaire.

Le mélange de sport et du spectacle est très caractéristique du roller derby et probablement ce qui en fait sa popularité, explique Patrik : « Dans les années 70, c’était présenté comme un sport-spectacle, un peu comme la lutte finalement. Aujourd’hui, c’est une réelle discipline sportive, on a délaissé les bagarres, même s’il y a toujours l’aspect spectacle. Certaines nouvelles joueuses veulent être des roller girls, avec les bas résilles, mais des costumes plus officiels sont portés. Plus une ligue ou une joueuse devient sérieuse, plus elle va délaisser les aspects artistiques et comiques, comme les petites cornes sur son casque, et y aller pour un équipement purement athlétique. On a gardé par contre les racines, comme les drôles de noms, par exemple.»

Le caractère plus marginal, underground et féministe de ce sport très physique attire un grand nombre de femmes (lesbiennes et hétéros), mais aussi un support constant de la communauté queer : « Le roller derby est vraiment un sport de filles. Il y a des équipes de gars, mais c’est une minorité. C’est un des seuls sports d’équipe où les filles ne sont pas au «deuxième rang», comme le hockey féminin, par exemple, où les équipes professionnelles sont des équipes de gars, et où on voit les équipes de filles aux Olympiques».

C’est un sport non traditionnel pour les femmes, car très physique : « C’est pour une nouvelle génération de femmes qui veulent un sport physique, tout en s’impliquant dans la promotion de leur sport, leur ligue et leur équipe». En ce sens, la femme autonome en pleine possession de ses moyens et de son image, cette «gladiatrice des temps modernes» fait écho au féminisme.

Si Plastik Patrik suit aujourd’hui la ligue dans ses tournois pour les animer, il avoue qu’il connaissait peu ce sport à la base: «J’en avais vu dans un épisode de Charlie’s Angels…mais étant avec l’équipe depuis leur création, j’ai découvert ce sport avec elle. Comme c’est américain, tout le langage est en anglais», précise celui qui a dû faire un travail de vulgarisation et de traduction pour présenter au public les règles et les termes durant les matchs, tout en étant contacté par des ligues françaises, belges et suisses pour obtenir les traductions. De l’Europe aux États-Unis, Plastik Patrik a voyagé avec les équipes montréalaises et admet volontiers que le public et les équipes sont très distincts: « C’est vraiment une belle communauté qui embrasse les différences. Mais il y a des particularités culturelles…Par exemple, lorsque nous sommes allés au Texas, qui n’est pas réputé pour être un endroit libéral, je me demandais comment j’allais être reçu avec mon image et l’équipe. Mais notre équipe est très appréciée et a une image très le fun : on transmet notre joie de vivre! À Londres, nous avons été accueillis comme les Beatles!»


Le documentaire sur le Montreal Roller Derby, réalisé par Luc Harvey, sera présenté le 7 avril prochain à 21h au Canal D.

Matchs à venir des équipes à Montréal :
-Samedi 6 avril @ Le Taz
-Tournoir Beast of the East les 26-27-28 avril @ L’Aréna St-Louis

Site web : http://