FLORENCE GAGNON

S’impliquer pour regrouper et soutenir la communauté

Julie Vaillancourt
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Que ceux et celles qui disent que les jeunes ne s’impliquent pas, qu’ils sont individualistes, regardent Florence Gagnon, qui représente l’antithèse de cette prémisse. Et pour cause : à 24 ans, Florence a déjà réussi à ressembler la communauté lesbienne derrière son projet Lez Spread the Word, tout en chapeautant avec le CSL la journée de la visibilité lesbienne, puis en devenant récemment une administratrice de la Chambre de commerce gaie du Québec. Rencontre avec une jeune femme branchée et impliquée. Fille de communications et de gestion de projets, Florence Gagnon a fait un bac en beaux-arts et grandi à Laval : « Je n’étais pas out à mon école secondaire catholique. De toute façon, lorsque j’y pense, je n’aurais pas pu amener ma blonde au bal de finissants. »

Après ses études, Florence pense à un projet Web afin de regrouper la communauté lesbienne du Québec : « J’ai lancé Lez Spread the Word car je n’ai pas eu de modèles en grandissant. C’est quelque chose d’important pour les jeunes. Et ce qui est à mettre de l’avant en 2013, c’est de parler des choses qui vont bien et LSTW, ça a toujours été ça! »

Bien sûr, avec le succès et la visibilité, vient le côté obscur de la force : « Nous avons eu beaucoup de commentaires homophobes et haineux sur le Web. On dit aujourd’hui que la société est tolérante, mais on ne veut pas être ‘‘tolérées’’… On veut être acceptées, c’est différent.» Ainsi, Florence ne se cache pas et n’hésite pas à s’afficher en couple dans La Presse : « Mais ma blonde [qui a récemment fait son coming out] ça ne lui tentait pas pantoute! Je l’ai convaincue en lui disant que ça serait un bel exemple pour les plus jeunes. Elle a compris l’angle et a accepté! » En parlant des belles choses avec des modèles positifs, comme l’explique Florence, on aidera les jeunes : « C’est vraiment une belle vie. Et ce n’est pas plus difficile. La vie est difficile anyway! La communauté est super fraternelle et on sent que l’on fait partie de quelque chose de spécial et d’unique. »

La plateforme Web Lez Spread the Word a beaucoup grandi au cours de la dernière année, devenant un phénomène viral lesbien : « C’est vraiment notre implication qui nous a permis de prendre notre place au sein de la communauté. Nous n’avons pas juste un créneau, on s’implique à plusieurs niveaux. » Que ce soit lors de la Fierté, à Montréal et à Toronto, lors de leurs partys annuels ou de la journée de la visibilité lesbienne, LSTW est visible à plusieurs endroits dans la communauté et non uniquement sur le Web. De retour sur son année faste, Florence fait son post-mortem : « Ce que j’ai appris le plus dans la première année, et ce que je veux répéter dans la deuxième, c’est vraiment le caractère intergénérationnel de la communauté. Aller chercher les lesbiennes de tous âges, pour consolider notre communauté. J’ai rencontré beaucoup de lesbiennes qui désirent passer le flambeau, mais elles ont l’impression que les jeunes ne s’intéressent pas à leur histoire. Je veux permettre la communication à l’intérieure de notre communauté. »

Un bel exemple de réussite est visible lors de la Journée de visibilité lesbienne, organisée par le Centre de Solidarité lesbienne (CSL) et LSTW, qui présentait des conférencières de tous âges : « Comme nous n’avons pas les mêmes intérêts, le même rythme de vie, il a fallu, au début, apprendre à se connaître, pour rejoindre autant les plus jeunes que les moins jeunes. Lorsqu’on a terminé la soirée, le 5 à 7 a été une belle réunion pour toutes. Nous sommes maintenant des amies, même s’il y a 30 ans qui nous séparent », explique Florence. Elle assure d’ailleurs de s’impliquer tout autant lors de la prochaine année, et à plusieurs niveaux. En tête de lice, la série Web Féminin/Féminin, réalisée par Chloé Robichaud, qui devrait voir le jour cet été : « On veut parler des réalités des lesbiennes de tous les âges. Des bribes de vies en représentant toutes les générations. Un genre de If These Walls Could Talk 2 », indique Florence.

Lorsque la jeune femme a commencé à s’impliquer il y a un an, elle connaissait peu de gens : « J’ai appris et découvert tellement de choses cette année! Martine Roy, présidente de la Fondation Émergence, une femme super impliquée dans Fierté au Travail, m’a approchée… », précise Florence, qui a remporté le Prix Espoir pour LSTW au dernier Gala Phénicia : « Je suis la seule femme qui est montée sur scène pour recevoir un prix. Je crois que Martine a vu en moi l’importance d’impliquer les femmes dans la communauté », précise celle qui annonce d’emblée qu’elle s’impliquera au sein du comité des femmes de Fierté Montréal. Récemment, Florence Gagnon a intégré la Chambre de commerce gaie du Québec, en tant que nouvelle administratrice : « J’ai eu mon premier CA! C’est une nouvelle expérience, assez intimidante vu mon âge. C’est certain que depuis un an, je m’implique beaucoup, mais ça reste du bénévolat. J’apprends énormément, c’est très motivant. J’ai lancé LSTW en voulant bâtir quelque chose de gros, mais je me suis rendu compte que l’aspect communautaire est quelque chose qui me plait beaucoup. Je pense même à réorienter ma carrière. Recevoir autant de courriels de gens disant que LSTW les aide, ça donne le goût de continuer. Et ça a aussi éveillé ma fibre activiste! La scène lesbienne se développe, se diversifie, est très active! C’est une belle communauté! » 6 Julie Vaillancourt

Site Web de Lez Spread the Word : http://lezspreadtheword.com

 
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Anciens commentaires

  • Quand on est un homophobe et qu'on a sa mere qui devient fiérement lesbienne et féministe,on ne peut qu'admirer son courage ! Publié le 17/08/2013
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