Mariage, droits de filiations et adoption pour le couple de même sexe :

Bien plus qu’une égalité de droits

Steve Foster
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En plein débat sur la question du mariage pour tous en France, deux organismes québécois de défense des droits pour les LGBT — le Conseil québécois GLBT et la Coalition des familles homoparentales — invitent le président François Hollande et les parlementaires français à tenir compte de l'exemple canadien et québécois et à autoriser le mariage civil et l'adoption pour les couples de même sexe. Le vote en faveur de ce projet sera aussi un vote pour les droits humains et notamment ceux des enfants, affirment le Conseil québécois LGBT et la Coalition des familles homoparentales dans cette ettre ouverte que nous reproduisons ici. ---------------------------------

Lettre ouverte aux élus français,

Mariage, droits de filiations et adoption pour le couple de même sexe :
Bien plus qu’une égalité de droits


Montréal, le mercredi 23 janvier 2013


Monsieur le Président,
Mesdames les députées et ministres de l’Assemblée nationale,
Messieurs les députés et ministres de l’Assemblée nationale,
Mesdames les sénatrices,
Messieurs les sénateurs,

Actuellement, vous avez l’occasion de vous prononcer sur un projet de Loi qui autoriserait l’union civile et l’adoption d’enfant pour les couples de même sexe et modifierait les droits de filiation. Ce faisant, vous avez l’opportunité de transformer ou non l’avenir de milliers de Françaises et de Français, mais aussi celui de milliers d’enfants.

Au Canada et au Québec, ce choix d’accorder l’égalité de droits aux personnes homosexuelles s’est fait en 2002 lorsque que le gouvernement québécois a adopté la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, et en 2005 avec l’adoption de la Loi légalisant le mariage pour les couples de même sexe par le gouvernement fédéral. Bien que les propos tenus par une partie de la population, incluant certains élus canadiens opposés aux droits des gais et lesbiennes, furent tout aussi enflammés que ceux tenus actuellement en France par les opposants, nous constatons que, dix ans plus tard, les gais n’ont toujours pas épousé d’animaux, les enfants de familles homoparentales se développent sainement et normalement et que la plupart d’entre eux sont hétérosexuels. Nous constatons aussi que les familles composées d’un homme et d’une femme continue à avoir et à élever des enfants gais, lesbiennes, bisexuels et transsexuels. Bref, aucune des catastrophes annoncées par les prophètes de malheur ne s’est concrétisée. Est-ce que le Québec et le Canada seraient si différents de la France ?

En fait, lorsque nos député(e)s et nos ministres du Québec ont voté unanimement en faveur de l’union civile et les droits de filiation pour les couple de même sexe, et ce, indépendamment de leur croyance personnelles, ils étaient aussi conscients que leur décision impliquait bien plus que le simple fait d’accorder ou non l’égalité de droits pour les personnes LGBT. Nos élu(e)s savaient qu’ils devaient aussi protéger les enfants de couple de même sexe. Ils devaient assurer le même encadrement légal pour tous les enfants peu importe qu’ils aient des parents de même sexe ou non. Ceci est d’autant plus important parce que les gais et lesbiennes vont continuer à former des familles et ce, que les lois leurs soient favorables ou non. En reconnaissant la diversité des familles, ils écartaient ainsi les dangers liés à la non reconnaissance d’un parent. Bref, Ils et elles savaient que leur vote était un vote en faveur des droits humains. Droits humains qui devaient aussi inclure ceux des enfants.



Sous peu, vous aussi aurez à voter solennellement à titre de député(e)s et de ministres ou à titre de sénatrices et sénateurs. Pour vous aussi, l’enjeu des droits humains se posera à travers celui des personnes lgbt et de leurs enfants. Si vous décidez que les personnes LGBT puissent se voir refuser l’égalité de droits, alors cela reviendra à cautionner que l’on puisse aussi retirer des droits à une personne ou à un groupe d’individus sur la base des croyances religieuses, idéologiques ou morales d’individus détenant le pouvoir parlementaire et le peuple français sera alors en droit de s’inquiéter et de se questionner sur l’avenir de leurs droits en tant que citoyens et citoyennes.

Nous espérons sincèrement que vous serez de ces parlementaires qui utiliseront leur vote avec discernement pour signifier clairement que toutes et tous sont égaux et que toute Loi favorisant la discrimination, la domination, le rejet, la violence et l’exclusion d’individus ou de groupe d’individus, ou engendrerait des conditions sociales ou économiques leurs étant défavorables, ne seraient pas le bienvenues au sein de la République française.

De fait, votre vote devrait indiquer clairement aux Françaises et aux Français votre engagement à défendre les valeurs de respect, d'intégrité, d'égalité, d'équité, de dignité, de justice, de solidarité et de démocratie. Vous réaffirmerez ainsi, et sans équivoque, que tous les citoyens et citoyennes qui forment la société française sont en droit de recevoir le même traitement et la même considération afin qu’ils puissent participer et s'intégrer pleinement à la vie sociale, culturelle, politique et économique de la France.

Nous souhaitons vraiment que votre vote sera à l’image de votre devise, Liberté, Égalité et Fraternité, une devise qui inspire encore et toujours de nombreuses sociétés à travers le monde.

En espérant que cette lettre trouve un écho favorable auprès de vous, veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les élu(e)s, nos sentiments les plus respectueux.

Signataires

Steve Foster
Président-directeur général
Conseil québécois LGBT
C.P. 182, succurcale C
Montréal (Québec) Canada
H2L 4K1
[email protected]
www.conseil-lgbt.ca

Mona Greenbaum
Directrice générale
Coalition des familles homoparentales
2401, rue Coursol,
Montréal (Québec) Canada
H3J 1C8
[email protected]
www.familleshomoparentales.org