le 14 février

25 ans de carrière fêtés au Métropolis

Denis-Daniel Boullé
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Icône, institution, Mado Lamotte a conquis le cœur des Québécois. Mado Lamotte ne ressemble à personne d’autre qu’à elle-même, et tous les titres seraient réducteurs pour qualifier le personnage : drag-queen, personnificateur, humoriste, chanteuse, comédienne, Mado est tout cela et plus encore. Peut-être qu’à la base, il y a une recette que peu d’autres peuvent concocter : du talent, un amour du public et de la scène, de la discipline et de la rigueur, et aussi, et un art singulier qui est la signature des grands. Des grandes dans son cas. Personne ne peut rester insensible à Mado, et elle fait l’unanimité bien entendu chez son premier public, les gais, et depuis des années pour tous les publics. Pour Luc Provost, jamais il n’aurait pensé que ce personnage, né avant tout pour simplement amuser le public des bars du Village, devienne un jour une icône, proposant de grandioses spectacles, avec la qualité et la perfection des grandes productions professionnelles.

«Cela m’a pris dix ans avant de me rendre compte que Mado pouvait être chose qu’une drag-queen. Au début, c’était pour m’amuser et me faire un peu d’argent alors que j’étais étudiant en théâtre à l’UQAM. Et puis, les années quatre-vingt étaient une période privilégiée pour les drag-queens», se souvient Luc Provost, «Nous joignons l’utile à l’agréable».

Il est difficile pour lui de répondre à la question du succès d’un tel personnage, décalé dans le monde artistique, mais il pense que c’est peut-être que le personnage de Mado c’est toujours renouvelé. Il n’ose aller plus loin par peur de manquer d’humilité.



«Peut-être que le côté burlesque mêlé à ma vivacité d’esprit qui me permet aussi d’improviser facilement. Mais surtout parce qu’il y a de ma part énormément de travail pour proposer au public un spectacle qui soit de qualité, que tout fonctionne bien. J’aime aussi l’aspect stand-up comic de Mado, aspect que j’explore de plus en plus. Je n’ai jamais eu envie de me répéter, c’est peut-être aussi une des raisons de mon succès, mais en fin de compte, c’est le public qui décide».

Un public qui grandit puisque Mado atteint aujourd’hui une dimension internationale puisqu’elle est appelée à se produire hors du Québec. Un calendrier serré pour celle qui ne peut s’absenter trop longtemps de son Cabaret, où son public le plus fidèle tient à la voir régulièrement.

Du casino de Montréal, au Spectrum, en passant par le grand rendez-vous Mascara accueillant plus de 20 000 personnes, Mado Lamotte triomphe, tant sur la scène que comme maître-d’œuvre de grands spectacles.

« Quand j’ai commencé, nous devions tout faire, nous occuper de la technique, de la musique, des costumes, des chorégraphies, et j’ai encore le besoin de tout vérifier même si je suis aujourd’hui entouré de techniciens professionnels. Mais il faut encore que j’aille moi-même vérifier que les micros fonctionnent avant que le spectacle commence. C’est mon côté perfectionniste qui peut parfois agacer ceux et celles avec qui je travaille », confie Luc Provost.

Pour les 25 ans de carrière Mado Lamotte, qui dit toujours avoir 29 ans, une grande fête sera organisée le 14 février au Métropolis. Cette fête retracera ses grands moments sur scène, avec des vidéos d’archives et une vingtaine de numéros dans lesquels Mado sera bien entendu. Pas question pour la reine de la répartie d’un party où elle ne serait que spectatrice dans la salle. «Même si je reprendrai des numéros que j’ai faits dans le passé, ils seront retravaillés pour être au goût du jour», explique Luc Provost.

Est-ce que Mado est prête à en reprendre pour 24 ans ? Oui, répond Luc sans aucune hésitation et à la plaisanterie, il dit qu’avec les futures découvertes, Mado ne vieillira pas. Le botox et le collagène viendront à son secours. Et pourquoi pas un clone ? «Cela me permettrait de me reposer dans la loge pendant que le clone de Mado ferait le travail», conclut Luc dans un grand éclat de rire.

14 février 2013, MÉTROPOLIS