Le Conseil québécois LGBT

UNE DÉNOMINATION PLUS INCLUSIVE

Michel Joanny-Furtin
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Le CQGL, ou Conseil québécois des gais et lesbiennes, change de nom, et intègre ainsi deux communautés d'importance, les bisexuels et les trans, en devenant le Conseil Québécois LGBT, ou CQLGBT. Si le dénominatif est officiel depuis l'assemblée générale annuelle du 23 août dernier, le délai d'attente des lettres patentes officialisant ce changement de nom a rendu cette décision effective depuis le Gala Arc-en-Ciel du 20 octobre dernier. «Une chance, parce qu'on avait déjà finalisé les affiches sous l'ancien logo du CQGL», s'amuse Steve Foster, le président-directeur général du nouveau Conseil Québécois LGBT. «Lors de la création du CQGL en 2006, la dénomination de la structure avait été âprement discutée. Certains membres souhaitaient un sigle plus inclusif qui tiendrait compte de la pluralité de la communauté et de la mission de son organisme représentatif.»

«Après la précédente Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec, c'est dans une logique de continuité que nous avons pris le dénominatif de Conseil québécois des gais et lesbiennes ou CQGL», rappelle Steve. «Il était toutefois convenu dès le premier plan d'action quinquennal qu'on réévaluerait la pertinence de cette dénomination, toujours ancrée dans la vision et la mission de l'organisme. Il est donc devenu logique que le B (bisexuel) et le T (trans) apparaissent dans le nom du CQGL.»

«C'était même une évidence», poursuit Steve Foster, «car en matière de transsexualité, le Conseil s'est toujours montré très proactif pour défen-dre les droits de cette partie de notre communauté. En mai dernier, le comité trans du CQGL a déposé un plan de revendications sous la res-ponsabilité de Julie-Maude Beauchesne.»

Nous conseillons aux lecteurs de visiter, sur le site de Fugues (www.fugues.com), le texte de Julie-Maude intitulé «Un pas important pour les droits des trans», dans la rubrique Solidairement vôtre. «Ce changement de dénomination devenait nécessaire», reprend Steve, «et il fut accepté à l'unanimité des voix exprimées lors de notre assemblée générale fin août.»

Une consultation arc-en-ciel
«Avant l'assemblée générale annuelle, le CQGL avait commencé une consultation afin d'évaluer les actions de l'organisme et de permettre au Conseil Québécois LGBT de mettre en place son plan quinquennal 2013-2018», évoque le président-directeur général.

En l'état actuel, le CQGL/Conseil québécois LGBT se démène pour perdurer avec un seul employé, à savoir Steve Foster. «Nous avons été obligés de couper un poste aux communications en raison du manque de rehaussement des subventions et des délais pour leur obtention. Dans l'attente, le financement de base devenait impossible à assumer au vu du rapport annuel.»

«Il faut savoir que, depuis sa création, le CQGL/Conseil québécois LGBT siège sur une dizaine d'organismes, de comités, de collectifs et d'instances sociales et communautaires. Le Conseil québécois LGBT est vraiment devenu un interlocuteur incontournable pour notre communauté, comme en fait foi la crédibilité de l'organisme.»

«Le futur s'annonce positif et le travail des bénévoles permet de maintenir le fonctionnement du conseil en attendant les subventions. C'est plutôt incroyable de faire un tel travail avec si peu de moyens», commente Steve Foster.

Lors de la dernière assemblée générale, de nouveaux membres sont entrés au conseil d'administration :
- Dominique Dubuc (CSN), présidente du conseil d'administration;
- Jacques Pétrin (CSQ), vice-président du conseil d'administration et vice-président aux affaires;
- Diane Heffernan (RLQ, ou Réseau des lesbiennes du Québec);
- Benoît Boisvert, un bénévole impliqué au Conseil québécois LGBT depuis de nombreux mois;
- Daniel Paquette, dont c'est la première implication dans un organisme LGBT. «Daniel possède sa propre compagnie de théâtre; il est donc rompu au fonctionnement des OBNL», assure Steve Foster.

Un rapport annuel… agréable à lire
Réalisé par Linda Breault, une alliée de longue date de la communauté LGBT, le rapport annuel 2011-2012 du Conseil québécois des gais et lesbiennes mérite une mention. Jamais un rapport administratif n'aura été aussi agréable à feuilleter et lire.

Des paragraphes courts, des couleurs sobres, beaucoup de photos - et donc beaucoup de souvenirs - des encadrés, des listes claires, beaucoup d'infos, et un bilan chronologique des événements - dont le Gala - et des actions du CQGL ponctuent les pages de ce document de 28 pages.

Un document joliment bien fait qui a fait dire à Thierry Arnaud, un des officiers de la Chambre de commerce gaie du Québec, membre du CQ LGBT : «Ma réputation est faite : de toutes les photos, je suis le seul qu'on voit avec un verre de vin!» 6 Michel-Joanny FURTIN