Course à la chefferie du NPD Canada

Réponses de la candidate Peggy Nash au questionnaire de la commission LGBTT

La Commission LGBTT du NPD-Section Québec a fait parvenir un questionnaire afin de connaître les positions des candidates et candidats à la chefferie par rapport aux multiples enjeux touchant nos communautés, et ce, dans le but de permettre à toutes et tous les néo-démocrates de faire un choix éclairé. Voici les réponses de la candidate Peggy Nash au questionnaire formulé par la Commission LGBTT du NPD-Section Québec sur les enjeux touchant nos communautés. 1) Le projet de loi C-279 est un projet de loi majeur qui sera discuté au cours de cette session parlementaire. Quelles mesures devrez-vous entreprendre afin de s’assurer qu’il soit adopté malgré une majorité conservatrice? Comment prévoyez-vous travailler de concert non seulement avec les organismes pour les personnes trans mais également avec d’autres organisations de la communauté LGBTT et d’autres acteurs de la société civile, tels que les syndicats et groupes professionnels, en s’assurant qu’ils travaillent ensemble afin que ce projet de loi soit adopté? Quelles seront vos stratégies de communication afin de dissiper les mythes anti-trans haineux et trompeurs invoqués contre ce projet de loi?

Malgré la majorité conservatrice, il existe un espoir réel que le projet de loi C-279 soit adopté. Les conservateurs n’ont une majorité que de douze sièges, et sept de leurs députés ont voté avec nous dans le dernier parlement. Les nouveaux élus conservateurs, particulièrement ceux de la région de Toronto, sont susceptibles d’être plus modérés sur les questions sociales, et pourront être convaincus. Ce travail doit bien sûr être fait en collaboration avec nos alliés dans la société civile, qui sont mieux placés pour mobiliser différents segments de la population, et les députés conservateurs susceptibles à appuyer le projet devront être mis sous pression des côtés – la société civile s’assurant que leur voix est entendue par les bureaux des députés concernés, et montrant surtout que la revendication n’est pas supportée uniquement par la communauté LGBTT, et l’aile parlementaire du NPD coordonnant le travail de lobbying à l’intérieur même du parlement. Bien sûr, il sera impossible d’empêcher nos adversaires de diffuser de la propagande haineuse, mais Peggy et le NPD vont parler d’une voix en défense des personnes trans, et c’est un combat que l’on peut gagner.

2) La violence physique et psychologique envers les jeunes LGBTT est un problème majeur, ayant comme conséquence des effets psychologiques et physiques majeurs sur la santé, notamment le suicide. En tant que premier-ère ministre, de quelle manière travaillerez-vous, en respectant les juridictions fédérales et provinciales, afin de mettre un terme à la violence homophobe et transphobe ainsi qu’au harcèlement envers les jeunes?

Peggy travaillera avec les provinces, toutefois, en les encourageant à adopter des stratégies anti-harcèlement. De façon plus directe, le gouvernement fédéral peut appuyer des campagnes contre l’intimidation en assurant le financement d’organismes communautaires locaux qui travaillent dans et hors la salle de classe. Il peut également financer des campagnes de sensibilisation et la dissémination d’outils de publicité et d’information.

3) Récemment, une coalition pour la santé constituée d’activistes gais, lesbiennes, et bisexuels a initié une contestation judiciaire envers le gouvernement fédéral sur la base des droits humains, affirmant que le gouvernement a failli à son devoir de prendre les mesures nécessaires afin d’améliorer la santé de cette communauté, qui souffre pourtant, et de manière significative, d’une plus mauvaise santé. Quelles sortes de programmes votre gouvernement mettra-t-il en place afin d’améliorer la santé des personnes LGBTT, et comment travaillerez-vous de concert avec les provinces et territoires sur cette question?

Les soins de santé sont de compétence provinciale, mais le gouvernement fédéral peut quand même en faire plus. Les services de santé pour personnes trans ne sont toujours pas disponibles de façon accessible et universelle partout au pays; le budget de l’Agence de la santé publique du Canada, l’agence responsable de faire le suivi et l’analyse de données sur les épidémies et infections, notamment le VIH/sida, a été coupé. Cette agence a besoin de financement stable et prévisible pour accomplir son travail, pas de passer son temps à se demander quel programme couper.

4) Comment travaillerez-vous avec les gouvernements provinciaux et des territoires afin d’assurer que l’accès égalitaire, universel, et gratuit aux thérapies médicalement nécessaires de réassignation de sexe soit disponible partout au Canada, conformément aux politiques du NPD et à la Loi canadienne sur la santé?

Le NPD, tout comme Peggy, considère que les traitements de réassignation de sexe, incluant toute chirurgie, thérapie, ou traitement hormonal connexe, sont des traitements médicalement nécessaires au sens de la Loi canadienne sur la santé qui devraient donc être disponible partout au pays pour assurer le bien-être physique et mental des personnes trans qui désirent y avoir accès. Peggy va travailler avec les provinces afin de d’assurer que les services de réassignation soient disponible de façon universelle et accessible partout au pays.

5) Quelles stratégies votre gouvernement poursuivra-t-il afin de mettre en place des mesures efficaces et prouvées scientifiquement afin d’éliminer le VIH au Canada et à travers le monde? Votre gouvernement limitera-t-il la criminalisation de la transmission du VIH, qui met en péril les efforts de prévention et en fait conduit à une hausse des transmissions en décourageant les tests de dépistage et les traitements, tout en stigmatisant les personnes vivant avec le VIH et procurant un faux sentiment de sécurité?

Au Canada, nous pouvons prendre plusieurs actions pour combattre le VIH/sida. Peggy s’engage à rétablir le financement de l’Agence de santé publique, de réorienter la stratégie du gouvernement en matière de drogue vers la réduction des risques plutôt que la criminalisation des utilisateurs, et de prendre des actions urgentes pour aider les peuples autochtones, qui souffrent d’un taux d’infection du VIH/sida du double de celui de la population générale, à rehausser leur niveau de vie.

À l’international, le Canada doit redevenir un leader dans la lutte contre le VIH/sida et permettre aux agences gouvernementales, ONG, et entreprises canadiennes de faire leur part. Peggy s’engage à permettre aux compagnies pharmaceutiques canadiennes d’exporter des versions génériques et abordables de médicaments anti-VIH/sida vers les pays en voie de développement, à faire du Canada un allié fiable des organisations LGBTT à travers le monde, et de faire de la lutte à la violence sexuelle comme arme de guerre une des priorités urgentes du Canada.

6) Vous engagez-vous à supporter les initiatives locales visant à ouvrir des centres sécuritaires d’injections supervisés dans les villes canadiennes?

Oui. Peggy reconnaît que les centres d’injections supervisés sauvent des vies et s’engage à les supporter dans le cadre d’une politique en matière de drogue plus balancée qui s’appuiera sur la réalité, non l’idéologie, et qui rétablira la prévention, la réhabilitation, et la réduction des risques à leur juste place.

7) Comment réformerez-vous le système accueillant les réfugiés afin d’éliminer l’hétérosexisme et le cissexisme, pour le rendre plus apte à accueillir des réfugiés fuyant les persécutions homophobes et transphobes? En ce moment, les réfugiés doivent souvent « prouver » leur orientation sexuelle, fréquemment par le biais d’un questionnement hautement stéréotypé, hétérosexiste, et culturellement inepte. Quel est votre point de vue sur cette question?

Le Canada a eu un comportement honteux face aux réfugiés LGBTT ces dernières années, déportant des gens vers des régimes et des sociétés qui ont des attitudes et pratiques brutales envers les personnes LGBTT, où elles risquent la prison ou pire. Nous avons un devoir humanitaire de permettre aux réfugiés LGBTT de vivre dans la dignité, et un gouvernement mené par Peggy Nash travaillera de concert avec les groupes LGBTT pour établir des règles claires et raisonnables pour mettre fin à l’aléatoire dans les demandes d’asile de personnes LGBTT.

8) Quelle sera votre approche lorsque pratiques religieuses et droits humains des personnes LGBTT sembleront être en conflit dans la politique publique?

Il n’existe pas de droit à l’homophobie ou à la transphobie, conféré par la religion ou pour toute autre raison. Les personnes LGBTT sont des personnes à part entière et en aucun cas notre politique publique peut permettre que leurs droits soient floués.

9) Supporterez-vous la légalisation du travail du sexe? Travaillerez-vous à éliminer de manière permanente la censure concernant le matériel à thématique LGBTT à la frontière? Quelle sera votre approche face aux subventions pour les arts en regard aux œuvres à thématique LGBTT?

Sur le travail du sexe : aucun commentaire en ce moment.

Sur la censure de matériel LGBTT aux douanes et le financement des œuvres à thématique LGBTT, la fonction publique fédérale doit cesser de discriminer, de façon active et passive, contre la communauté LGBTT, et un gouvernement NPD sous Peggy Nash prendra les mesures nécessaires pour s’assurer que la communauté LGBTT soit bien servie par son gouvernement. Ceci inclut mettre fin à la discrimination contre le matériel LGBT à la frontière, à la discrimination contre le financement d’activités culturelles liées à la communauté LGBT (comme Pride Week à Toronto), et s’assurer que les œuvres artistiques LGBT soient considérée sur un pied d’égalité avec les autres œuvres pour le financement.

10) De quelle manière votre travail pour la communauté LGBTT sera-t-il fait de concert et guidé par les organisations LGBTT ancrées dans les communautés locales, au Canada et autour du monde?

Les organisations LGBTT sont les experts sur les communautés LGBTT, et l’action d’un gouvernement mené par Peggy Nash sera bien sûr informée par le travail de ces organisations. Ces organisations sont les mieux placées pour connaître la situation sur le terrain, voir les problèmes venir avant qu’ils deviennent apparents pour les gouvernements, et communiquer les besoins de la communauté LGBTT au gouvernement.

À l’international, Peggy compte placer la promotion des droits de personnes LGBTT au cœur de la politique étrangère du Canada, qu’il soit question de promouvoir le marriage entre conjoints de même sexe ou de travailler pour corriger des atteintes au droits humains plus grossières, et pour le faire, il faut connaître où les interventions du Canada peuvent avoir un impact le plus important. Les organisations LGBTT internationales seront extrêmement importantes pour aider le Canada à faire ce travail.

11) Le NPD est présentement le seul parti ayant un porte-parole (et porte-parole associé) en matière des droits humains des personnes LGBTT. Continuerez-vous cette pratique? Au Québec, le ministre de la Justice est formellement désigné le ministre responsable de la lutte contre l’homophobie. Suivrez-vous cette pratique, en désignant formellement un membre de votre cabinet comme responsable des enjeux LGBTT?

Le poste de porte-parole LGBTT a montré sa pertinence à maintes reprises, et nos porte-paroles ont soulevé plusieurs questions en chambre d’intérêt particulier à la communauté, sur des questions de droits humains de personnes trans, de traitement des réfugiés, de régulations aériennes, de l’âge de consentement ou de lutte contre le VIH/sida. Le poste va continuer d’exister sous le leadership de Peggy.

Il y aura un membre du gouvernement de Peggy responsable d’enjeux LGBTT, et ce portefeuille inclura la lutte à l’homophobie.

12) Le Gouvernement du Québec a entrepris un processus à plusieurs étapes afin d’entamer la lutte à l’homophobie et la transphobie, qui a débuté en 2007 avec un rapport officiel, qui s’est poursuivi en 2009 avec une Politique sur la lutte à l’homophobie, et qui se poursuivra avec un plan d’action affectant tous les ministères concernés. Vous engagez-vous à entreprendre une initiative similaire au niveau fédéral?

Oui. Des évènements récents, que ce soit les nouvelles régulations sur les voyages aériens ou le cafouillis entourant la reconnaissance des mariages entre conjoints de même sexe étrangers, les règles nébuleuses entourant les demandes d’asile pour personnes LGBTT ou concernant la censure aux douanes, montrent clairement que l’appareil gouvernemental fédéral n’est pas sensibilisé aux besoins, aspirations, et situations de la communauté LGBTT. Peggy s’engage à travailler avec les groupes LGBTT et la fonction publique pour s’assurer que les services offerts par le gouvernement fédéral le soient sans discrimination, et de s’assurer que les décisions prises par le gouvernement fédéral, à tous les niveaux, soient prises en prenant compte des groupes et personnes marginalisées, et que les personnes prenant ces décisions soient sensibilisées en conséquence.

13) À votre avis, que le gouvernement fédéral peut-il faire de plus afin de mettre un terme à l’hétérosexisme et au cissexisme dans tous les services qu’il offre?

Les conservateurs ont mis fin au Programme de contestation judiciaire, programme qui aidait aux individus et groupes marginalisés d’avoir recours devant les tribunaux dans le cas ou ils voyaient leur droit à l’égalité floué par le gouvernement canadien. Ce programme est la meilleure arme que la communauté LGBTT aura pour s’assurer que le gouvernement fédéral leur offre des services sans égard à leur orientation sexuelle ou expression ou identité de genre, et Peggy s’engage à rétablir son financement.