Après moi, le déluge

Parler pour se trouver ou se perdre?

Denis-Daniel Boullé
Commentaires
Ils sont deux sur scène face à un fauteuil vide. Mais un fauteuil rempli d’une présence. Elle est interprète. Lui, on ne sait trop. Depuis des années, ils vivent à Kinshasa. Deux blancs en terre africaine. Et un homme d’affaires congolais offre son fils à ce blanc pour lui assurer un meilleur avenir. Pour pimenter le tout, le texte original d'Après moi, le déluge a été écrit par Lluïsa Cunillé, une dramaturge espagnole qui écrit en catalan. C’est la décentralisation totale qui a fasciné le metteur en scène Claude Poissant, qui avait ce texte sur son bureau depuis plusieurs mois. Un texte intrigant, deux comédiens, trois personnages, mais un qui est absent, et une relation que deux blancs peuvent entretenir avec un pays que l’on connaît peu, le Congo. « Ce que j’aime à la lecture d’un texte, c’est quand il m’irrite, quand il me déstabilise. C’est ce que j’ai ressenti à la lecture d’Après moi, le déluge. J’ai donc approché Éric Jean du Théâtre du Quat’Sous et trouvé deux comédiens avec qui je n’avais jamais travaillé, Germain Houde et Marie-France Lambert », explique Claude Poissant.

Pour le metteur en scène, on ne sait pas trop si on est dans un règlement de comptes, si l’homme et la femme ont eu une relation ou encore qui manipule l’autre. Toutes les interprétations sont donc possibles de cet homme et de cette femme qui se trouvent dans une chambre d’hôtel avec, en toile de fond, la présence de deux Occidentaux en terre africaine. Ni drame policier ou d’espionnage. Chacun jouera ses cartes, mais dans quel but? Et que vient faire ce troisième personnage, qui a besoin d’une interprète pour communiquer avec l’homme?

Après moi, le déluge, de Lluïsa Cunillé, dans une mise en scène de Claude Poissant.
Théâtre du Quat’Sous
Du 21 février au 18 mars 2012
www.admission.com
514-845-7277
www.quatsous.com