La face cachée de Monsieur Cuir

André Patry
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Chers lecteurs, étant donné que c’est mon premier article de l’année 2011, permettez-moi de vous souhaiter une belle année remplie de nombreux moments d’extase et de bonheur. Le sujet de ma présente chronique m’est venu à l’esprit en furetant sur internet. Depuis, mon célibat, je m’amuse à visiter les sites de rencontres. Sans vous dévoiler mon âge vénérable ( bon je n’ai rien à vous cacher j’ai 52 ans ), j’ai fait une comparaison avec ce qui se faisait dans les annonces classées de ma jeunesse. À l’époque, on cherchait un compagnon pour des relations entre hommes en donnant son âge sans plus. Aujourd’hui, tout un curriculum suit la description physique dans lequel toute une panoplie de spécifiations sexuelles sont énoncées. Alors, qu’il y a à peine dix ans on se limitait au sexe oral et anal, de nos jours les pratiques hard sont considérées comme un must pour plusieurs. Je me suis donc demandé si nous étions victimes d’hypersexualisation en regard de nos pratiques sexuelles.

Il est certain que la venue de l’internet dans nos maisons a grandement contribué à ce phénomène. Les sites pornos sont tellement nombreux et quotidiennement accessibles que cela nous a amené à banaliser la sexualité. Pour se démarquer les maisons de productions ont mis l’emphase sur des pratiques plus hard qui auparavant ne se retrouvaient que dans les sites spécialisés dans le fétichisme. Ainsi, les trips de pisse, de dildos, de fist fucking, de SM, de gang bang et de bareback ne sont plus l’exclusivité de maisons exclusivement hard core. Dans un même ordre d’idée, les sites de rencontres gais changent de plus en plus. Les gars affichant une certaine réserve sont de moins en moins nombreux. Les photos montrant de la nudité, des érections et même des gars en pleine action sont désormais monnaie courante.

Par ailleurs, nous savons tous que le milieu gai a toujours été au prise avec la toxicomanie. À l’époque, nous ne parlions que d’alcoolisme ou de drogues douces comme la marijuana. Certes, il y avait le LSD ou la coke mais cela n’était que l’échappatoire d’une petite minorité. De nos jours, pour s’amuser, de plus en plus d’hommes gais font appel à des drogues plus dures comme l’ecstasy, la kétamine, le GHB et plus dernièrement le crystal meth. Ces drogues influencent de façon notable les comportements sexuels. Ils enlèvent les inhibitions, facilitant ainsi les relations plus intenses et à multiples partenaires.

Loin de moi l’idée de porter un jugement péjoratif à ces conduites extrêmes. Ceux qui me connaissent savent que je suis une personne qui aime la diversité et l’originalité. Cependant, il est facile de mettre de côté la sexualité basée sur la sensualité et la communication. J’adore qu’une aventure soit sans artifice. J’aime que les seuls stimulants soient pris à même nos cinq sens. En ce qui me concerne, il n’y a rien de plus enivrant que d’utiliser la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher dans une aventure. Si cela se fait avec passion, je n’en demande pas plus.

En 2011 nous sommes de plus en plus sollicités par des images qui banalisent les pratiques excessives. J’avoue que dû à mon exaltation face au sexe, je n’y échappe pas. Je suis l’exemple parfait de ce phénomène. Par contre, je me rends compte que je suis passé souvent à côté de l’essentiel. Quoi de mieux que la chaleur et le bien-être que se donnent deux hommes lorsqu’ils se font l’amour... sans autre chose que le don de soi.

En ce mois de l’amour, je souhaite que chaque rencontre que vous ferez vous apporte ce réconfort qui fait tant de bien à l’âme. l